mouette

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lamouetterouge@gmail.com

mercredi 12 janvier 2022

Unité nationale.... de mes deux!

 Blanquer invoque la sacro-sainte "unité nationale", parangon du comportement civique apparemment, et accuse les profs de la briser. D'abord, c'est lui qui nous les brise. Et puis l'unité nationale, l'union sacrée disait-on en 1914, c'est bon pour les pigeons. 

S'il est des événements qui peuvent justifier d'un comportement unioniste, la crise actuelle n'en relève guère, c'est certain. Alors quoi? Nous ne devrions pas critiquer les injonctions contradictoires, les accusations à l'emporte-pièce, fussent-elles présidentielles? Nous devrions, le doigt sur la couture du pantalon, obéir au doigt (d'honneur) et à l'œil (de Moscou?) à des oukazes ministériels  pour la simple raison qu'ils sont ministériels? 

Nous devrions comme des pingouins marcher en rangs parce que le sinistre nous l'ordonne? 

Non. "Va fan enc...o",  comme disent nos cousins italiens (pourquoi les Italiens sont-ils nos cousins? ça, j'en sais rien). Je ne sais pas ce que ça donne en tunisien ou en kabyle mais ça doit sonner tout aussi bien. Ah la musique des langues du sud...

J'invoque notre droit à la raison! (Les Lumières que chérit notre sinistre, l'ennemi du wokisme, ce péril si important....). A la raison donc, aussi à la critique! Donc à la manif'! Et même, si, si... à la désobéissance. Même si Kant est pas d'accord. Zut alors! Oui mais pleins d'autres (Thoreau, Diderot, Constant...) sont pour...Ouf, rassuré!

Et dire que dans 3 mois on vote... Mort de rire. Dans Blanquer il y a le mot cœur. Mort de rire. Fin de la vanne. Elle a déjà bien assez fait de dégâts. ("Tu as l'détonateur juste à côté du cœur... C'est la fin... fin... fin... La fin.")

mardi 11 janvier 2022

On n'en peut plus

Non. On n'en peut plus. Comme tout le monde par rapport au virus, mais ça c'est normal et partagé. Pensons aux gens impactés par les décès (beaucoup d'entre nous), pensons aux soignants, pensons aux populations des pays pauvres qui n'ont pas accès au vaccin, aux soins d'une manière générale. Je ne parle donc pas du ras le bol par rapport à ce virus et à la pandémie. 

A tous ceux qui pensent que le monde actuel tel qu'il va est la source du truc je dirais : "OK, mais la peste du Moyen Âge, le choléra du 19ème?". STOP. Ni Macron, ni le gouvernement chinois, ni même Bill Gates (!) n'ont inventé ce virus. Il est là, il circule, très rapidement, et c'est comme ça. Vivre avec, désormais. 

Alors quoi? Et bien on n'en peut plus! 

Ras l'bol qu'on nous prenne pour des cons, pour des enfants incapables de comprendre, qu'on nous mène en bateau sur le sens des décisions, voire qu'on nous ne les explique guère car elles ne sont dictées que par le filtre des sondages et de l'humeur de la population remontée par je ne sais quel institut à la noix. 

De quoi on crève? Des annonces contradictoires, générées par le fil des réactions aux annonces antérieures. 

De quoi on crève? Du mensonge. "Inutiles les masques!" "Indispensables les masques"! "Sûr, archi sûr le vaccin"! 

Putain, on n'est pas cons, dites le nous que vous savez rien à rien et que vous faites ce que vous pouvez en l'état des moyens que vous avez! Mais non. "Rentrée scolaire sans problème, on est prêt"! Mais enfin il y a 835 000 profs qui savent qu'on n'est pas prêts et des millions de familles qui s'en rendent comptent au bout de 3 heures! Arrêtez de prendre les gens pour des jambons ou des crétins! 

On n'en peut plus. Pour certains, d'avoir peur. La peur de l'apprenant est mauvaise conseillère en matière éducative. 

Pour d'autres de ne pas connaître -reconnaître ses élèves. L'anonymat est mauvais conseiller en matière éducative. 

Pour d'autres encore de se méfier, de craindre le mensonge. L'absence de confiance est terrible en matière éducative. 

Et pour tous, du mensonge permanent orchestré par le chef d'une administration dépassée. 

Dépassée par son manque de moyens humains (mais si, mais si...). 

Dépassée par son obligation de résultat. 

Dépassée par son manque notoire d'investissements structurels et humains. 

Dépassée par sa politique de management qui rabaisse et humilie et fait qu'aujourd'hui tant de personnels ne croient plus en leur mission et tentent seulement de survivre. 

Le mensonge institutionnel, la pire des choses à mes yeux. Un exemple? Les PPRE : 4 lettres, 3 feuilles de papier et zéro (0) ZERO moyen,  hors des heures sup' sous payées. 

Un autre? L'inclusion... Le mirage pour les personnes atteintes de handicap, l'enfer dans les établissements, faute de moyens humains et de reconnaissance des métiers concernés. 

On n'en peut plus. Faut le dire comment?

On n'en peut plus et tu sais quoi? Dans le mot Blanquer il y a le mot cœur (ahahahah elle est bonne celle-là!)

Un truc à se tirer une balle! Boum! 

Quoi?! tu veux que j'te parle des réformes en plus? T'es pas bien?!


dimanche 9 janvier 2022

Pécresse : attention danger!

Terrible exercice que celui de lire le tract de Pécresse de ce week-end. Le dessin d'une France horrible qui se profile. J'ai bien fait de prendre ce torchon. Les idées que j'avais de ce parti étaient bien en deçà de la réalité. En fait, on dirait l'alliance de feue l'UMP et du FN, alliance prête à créer une majorité pour les Législatives. Ca fait peur. Une France  réactionnaire, xénophobe, policière, nucléaire et ultra libérale en même temps. 

Raillons : 

La prétention de cette candidate qui se présente en Marianne. Elle est vraiment timbrée! Mégalomanie néfaste propre à cette élection présidentielle...

Lisons : 

Le lien établi entre immigration et délinquance, immigration et terrorisme. L'idée selon laquelle l'immigration serait incontrôlée, ce qui est totalement faux : l'Europe contrôle ses frontières à tel point qu'elles sont devenues des mouroirs. Expulsion des mineurs isolés, quotas migratoires, accès restreint à la nationalité française...Repli sur soi nationaliste avec cette confusion sur la nation définie par l'ethnie, l'origine, à rebours de la tradition française. 

Une France policière, comme si elle ne l'était pas déjà assez. Création de "brigades coup de poing" (quel vocabulaire!), polices municipales armées dans toutes les villes de plus de 5000 habitants : rappelons que les communes ont le droit de choisir leur politique de sécurité! 

Non contente de surarmer la police (drônes, chiens) de faciliter les atteintes à la liberté dans le contrôle des citoyens, Pécresse réinvente ce qui existe déjà et qui constitue d'ailleurs une justice expéditive mal rendue, la comparution immédiate. 

La dérégulation et la privatisation de nombreux domaines. Suppression 200 000 fonctionnaires "administrants" (que signifie cette opposition entre le terrain et les bureaux de l'administration? Des tâches administratives non faites devront donc être prises en charge par d'autres! Qui? ) 

Le retour du certificat d'études, l'illusion de l'examen d'entrée en 6e. Retour à la situation pré1975! Folie pure à rebours de toutes les évolutions sociétales depuis un demi siècle. Des retraités pour faire les remplacements dans les classes. Bon courage les mecs!

L'option du tout nucléaire avec l'illusion et le fantasme de l'EPR. Construction de 6 EPR. Rappelons que ça marche pas : à Flamanville plus de 10 ans de retard et 20 milliards d'euros engloutis ! En Finlande le chantier  a pris 10 ans de retard  et a coûté trois fois son prix estimé (facture finale : 10 milliards)  et oblige l'état français à payer une amende de 600 à 800 millions!  A Taishan, en Chine, le réacteur est à l'arrêt. Il faut changer de disque, ce truc c'est de la merde!

Parallèlement, refus de financer le logement social dans les communes où il y en a 30%. On va donc réduire drastiquement l'offre de logement social alors que les besoins sont énormes. Retraite à 65 ans. Décentralisation c'est à dire atomisation des dépenses sur les territoires locaux. 

Donations défiscalisées augmentées: la France de propriétaires sera aussi une France d'héritiers. 

Concluons : 

La France de Pécresse donne la nausée. C'est le thatchérisme brutal mâtiné de nationalisme. Au secours, l'ultra droite revient. En attendant le tract qui révélera l'ultra catholicisme de la candidate? Voir ses propositions anti islam et ses projets de développement de l'école privée. La nausée.

  


mercredi 17 novembre 2021

samedi 16 octobre 2021

la nation... si tu vois c'que j'veux dire

A tous ceux qui ne font que regarder la nation dans le miroir, un vieux texte de Renan.

"Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire vivre l’héritage qu’on a reçu…

[…]

L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours…

[…]

L’homme n’est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de cœurs, crée une conscience morale qui s’appelle une nation."

Ernest Renan, Qu’est-ce qu’une nation ? conférence du 11/03/1882, Presses Pocket, 1992.

samedi 2 octobre 2021

Zemmour ment

Zemmour ment comme il respire. Il est navrant, mot bien faible, de devoir réfuter en 2021 des âneries proférées publiquement telles que "Vichy a protégé les Juifs français et livré des Juifs étrangers"... C'est grave donc il faut le dire et le redire : c'est faux. Cette histoire de Pétain et Laval boucliers des Juifs français est une fable que nous racontaient nos grands-parents mais que les historiens ont méthodiquement réfuté, documents à l'appui, depuis 50 ans maintenant. Asséner de telles contre-vérités relèvent en réalité d'un révisionnisme historique sournois.. Je suis en deçà de ce qu'il faudrait dire mais je souhaite rester poli. 

Je vais donc raconter l'histoire de David Blaszka. David est né à Paris (France) dans le 12e, en mai 1923. Il est français, fils de polonais émigré, mais français par la loi. La famille Blaszka est tellement bien intégrée en France que les parents et enfants nés en Pologne sont naturalisés en 1928. Ils se sentent tellement français que dans les recensements leurs prénoms sont francisés. David est clamartois. Son père tient une cordonnerie au bas de la rue Hébert, au numéro 15. 

Le 18 février 1943, David Blaszka est mort à Auschwitz dans le pays de ses parents, pays qu'il n'avait jamais connu auparavant. Sa mort n'est pas un accident, ni un suicide, ni un hasard. 

Il est arrivé là par le convoi n°48, parti de  Drancy (France) le 13 février. Il a été arrêté dans la rafle des 10 et 11 février 1943 menée par la police française, une semaine avant de mourir donc. Dans ce convoi, David n'était pas seul bien sûr. Il y a avait son frère Léon, français par naturalisation puis dénaturalisé par décret de Vichy. Voilà comment on fait des juifs étrangers... 

Auparavant, le cousin de David, Simon, né en France en 1935, français  donc,  a été déporté par le convoi n°23 et est assassiné le 29 août 1942 : il n'avait pas encore fêté son septième anniversaire... Ses soeurs Suzanne, Nadine, Rachel ont été déportées  et assassinées également. Un autre cousin, Léon, né en 1928 en France, français donc, est parti en 1944 par le convoi n°68 et n'est pas revenu. 

Les cas de David, Simon et Léon Blaszka ne sont pas des cas isolés. Il suffit de se renseigner : les sources sont multiples, les documents accessibles. Je joins ici la carte interactive des enfants Juifs déportés...(Les enfants y sont listés par lieu d'arrestation, non par lieu de domicile, d'où les écarts apparents avec mes informations; de même certains prénoms sont différents selon qu'ils tiennent compte de la francisation, qui est déclarative et non officielle). 

Voilà je vais me taire... Que Zemmour se déshonore ce n'est pas grave, c'est une ordure. Qu'il salisse la mémoire des déportés est dégueulasse. Les survivants de la famille Blaszka, car il y en a, savent eux et peuvent se sentir insultés... C'est aussi pour ces gens-là qu'il ne faut pas laisser se propager le mensonge. 

Vichy a sciemment déporté 75 721 juifs dont 25 000 juifs français de tous âge (11 000 enfants) par plus de 80 convois. Point. Barre. Et si 75% des juifs français ont échappé  la déportation c'est pas grâce à Vichy! De ces déportés, seuls 2566 sont revenus vivants.

samedi 22 mai 2021

Droits et devoirs

Macron assène à des sans papiers, comme une évidence : "Vous avez des devoirs avant d'avoir des droits". Propos idéologique, réponse facile et primaire à une question épineuse et complexe. Pour avoir des droits faut-il en être digne a priori? La réciprocité des devoirs et des droits est souvent pensée comme quelque chose de simple et à ce titre est pensée de manière simpliste. Or, il en va de cette réciprocité comme de l'œuf et de la poule; Qui était là en premier? Il est très pratique pour ne pas accorder de droits d'invoquer l'obligation des devoirs à remplir au préalable. Mais en réalité cela ne tient pas très longtemps si l'on admet l'existence de droits sacrés, naturels, inaliénables, ce dont la France se targue dans sa pompeuse et magnifique Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Or, parmi ces droits, est invoquée la dignité humaine. C'est cette dignité humaine condition consubstantielle à l'existence, qui peut faire écrouler la doxa macronienne. Il est assez facile de répondre à Macron qu'il est certains droits qui priment sur tout devoir et que c'est même ces droits qui pourront conditionner l'application de devoirs réciproques. Concrètement,  comment accéder à l'apprentissage, au travail quand je doit me cacher, quand mon existence légale, mon droit à vivre en un lieu et un temps n'est pas reconnue. Mais de ces questions complexe Macron (et pleins d'autres soyons justes) ne veulent pas traiter car ce n'est pas la question qui les intéresse, c'est leur unique réponse et l'effet qu'elle peut avoir sur l'opinion. Quand un préfet accorde finalement des papiers à un apprenti qu'un courageux patron soutient au risque de sa vie (lire ici), c'est bien la reconnaissance que le droit d'exister peut primer. Nul doute que cet apprenti saura être digne de cette chance. Et quand bien même il dérogerait  à certains devoirs...N'avait-il pas le droit à une existence digne? Je m'insurge donc contre cette phrase lâchée dans le plan média du pouvoir pour rendre vraie et évidente quelque chose qui ne l'est pas. Du tout. 

mercredi 19 mai 2021

Souchon 2021

 Un album incroyablement mélancolique de Souchon en acoustique qui recycle des titres récents et anciens en version mineur et déprimée. Incroyablement souchonien et direct au cœur. Alors en 1 "âme fifties" débarrassée de scories baloches. Puis suit une version de "j'ai perdu tout c'que j'aimais" une très vieille chanson qui trouve là sa meilleure version sans pathos ni chœurs déplacés. En suivant, la chansonnette coécrite avec Edouard Baer  "Presque" devient presque bien. "Rame" est juste poignante et "On avance" trouve sa version ultime. Portbail reste la magnifique chanson que l'on connaît, un ovni : "la jolie maison d'Portbail"...Caterpillar" prend une dimension inédite. Puis le choc : "Foule sentimentale" en mode déprimé déprimante.  "Un terrain en pente" clôt cet enregistrement classieux et économe. Merci Monsieur Souchon.

samedi 1 mai 2021

Premier mai...

 Le 1er mai, jour férié,... A quoi correspond ce jour nommé "fête du travail"? Il apparaît aux Etats-Unis dans les années 1880 : des milliers de travailleurs choisissent ce jour pour faire grève et réclamer la journée de huit heures. C'est le "labor day". Les répressions fréquentes vis à vis des travailleurs en grève ce jour-là n'ont fait que renforcer la mobilisation qui devient internationale en 1890.

En France, certains 1er mai sont restés célèbres : le 1 mai 1891 la troupe tire sur les grévistes à Fourmies. 
Le 1er mai 1936 tombe entre les deux tours de l'élection législative qui porte le Front Populaire au pouvoir, gouvernement de Blum qui permettra de nombreux acquis sociaux majeurs dont les 40 heures de travail hebdomadaire et les congés payés. Entre-temps, en 1919, la journée de 8 heures, sur 6 jours hebdomadaires, a été acquise.
Le 1er mai 2002 c'est une manifestation très politique puisqu'elle intervient entre les deux tours d'une élection Présidentielle où M. Le Pen est qualifié pour le second tour suite à une abstention record et un éparpillement des voix de gauche défavorable à M. Jospin (PS). 1,5 million de personnes manifestent dont 400 000 à Paris en signe de protestation. Le second tour porte M. Chirac au pouvoir avec plus de 82% des voix.
Le 1er mai est donc une journée particulière qui célèbre les luttes des travailleurs. En ces temps confinés  qui semblent infinis, comment participer intellectuellement au 1er mai, sinon en écoutant des chansons de lutte? Je vous en présente quelques-unes...

La Commune de Paris (1870/71)  est un moment intense de création musicale (notamment avec les chansons de Pottier).

Marc Ogeret et le groupe 17 ont enregistré ces chansons, certes datées, mais qui montrent bien comment la lutte des classes a pu imprégner la culture populaire....

Une chanson de Paul Brousse, le drapeau rouge, "rouge du sang de l'ouvrier...", 1877. Ici interprétée par Francesca Solleville, en 1972, avec la variante des paroles de 1885 par Achille Le Roy...
Une chanson très connue pour être communarde n'en est pas moins simplement qu'une magnifique chanson d'amour : le temps des cerises. ici interprétée par Yves Montand, Ivo Livi, fils d'Italien, devenu icône du cinéma français et de la chanson...
On peut préférer une version plus sobre par Mouloudji, ici...
Ou plus récente par Juliette Greco..... (1986)
La révolution est le thème de nombreuses chansons : je choisis une chanson d'un autre émigré, Georges Moustaki : Sans la nommer (création 1969, reprise 1979)
La chanson la plus emblématique est  bien entendu l'hymne composé par Pottier (paroles, 1877) et Degeyter (musique, 1888) et ici chantée par Marc Ogeret, l'Internationale. (1970)
Tous ces chants de lutte vivent à travers manifestations et versions réactualisés.
Il est intéressant de faire l'histoire des chansons et de ce qu'elles deviennent. Ainsi, certaines chansons détournées de leur sens initial comme le Chant des partisans, initialement chanson de résistance, donc de guerre, devenue avec Zebda une chanson de lutte sociale! Voici la version de la créatrice Ana Marly (1943) et celle de Zebda et du collectif Motivés! un demi siècle plus tard en 1997...

Saez, lui, réinvente le premier mai dans une magnifique chanson : Premier mai. (2017) Certes pas consensuelle du tout, la chanson est tout à la fois très violente et très tendre....

Il est aussi des chansons moins directement revendicatives mais qui, à leur manière, participent de luttes sociales... Ah le travail....
Travailler c'est trop dur.... (version Alpha Blondy and the Wailers, (le groupe de Bob Marley...) en 1986)

Sur la tradition du muguet, sachez qu'elle remonte au 16e siècle et qu'elle fête simplement, le printemps! Et vive le printemps et les fleurs. Pour les chansons sur les fleurs il faudra attendre un autre jour! ouf....

mercredi 28 avril 2021

Y a comme un lien...

  "Il y a un lien entre immigration et terrorisme"... La phrase de Pécresse qui veut sonner comme une vérité d'évidence à l'oreille de l'opinion, dans un contexte dramatique d'assassinat et d'appel séditieux de militaires d'extrême droite en retraite, est tout à la fois débile, grossière et vraie, mais pas "vraie" comme l'entend Valérie. D'ailleurs, appelons-là "Valoche", tant il est vrai qu'elle même, aime à réduire la femme dans un rôle traditionaliste de femme au foyer qui ne doit pas jouir de son corps à volonté (voir ici ses déclarations et soutiens aux mouvements proches de la manif' pour tous ou encore son fameux "les femmes y'a qu'ça de vrai pour le ménage"). Mais on s'éloigne. Quoique…

Dire "il y a un lien entre immigration et terrorisme" c'est aussi débile (simplet, pas intelligent, nul) que dire "l'eau bouillante est très chaude" : ça ne veut rien dire mais c'est rempli de sous entendus : faites gaffe, vous allez vous brûler. 

C'est grossier : ça résume le fait complexe en un élément simplifié, donc faux. 

Mais c'est vrai aussi... Aussi vrai que : "il y a un lien entre immigration et succès en coupe du monde (ZIZOOOOOUUUUUUUUU)". 

Vrai comme : "Il y a un lien entre immigration et création artistique (Ionesco, Chagall, Noureev, Ousmane Sow, Kader Belarbi, Djamel Debbouze, j'en passe)"; 

Egalement vrai comme "il y a un lien entre immigration et morts pour la France" (les tirailleurs Sénégalais et les bataillons d'Indochinois par exemple...)

Vrai comme : "il y a un lien entre colonisation et immigration"... ("ah oui, merde, j'y avais pas pensé..." et Valoche de se frapper le front... Ah, Valoche!) 

C'est vrai donc, car il y a un lien entre immigration et société et il y a un lien entre société et terrorisme. 

A ce stade donc, on n'a pas avancé d'un pouce. Valoche n'a rien dit d'autre qu'une banalité poussée en amalgame,  destinée à faire peur, c'est là son tort, et il est immense. Dans sa famille politique, Villiers, le fou du Puy, dit les mêmes âneries et les militaires séditieux de Valeurs Actuelles aussi, sur les "hordes de banlieue" qui envahissent la France... 

Ces crétins pensent que l'immigration est une invasion?. Que pensent-t-ils de l'immigration celtique, de l'immigration franque, de la venue des Percherons en Acadie? Nul ne sait et ne saura jamais, car là-dessus, étrangement, ils se taisent. Par contre, moi, j'ai entendu dire qu'il y avait un lien entre Villiers et Xavier Dupont de Ligonnès : l’ultra-catholicisme traditionaliste fascisant et la sodomie intra-familiale. 

La vérité Philippe, c'est que les migrations sont un fait historique, que cela fait longtemps qu'on ne dit plus "invasions barbares" pour en parler, à l'époque des IVe-Ve siècles de notre ère... et que tu tries les faits comme ils t'arrangent... Mais ils sont têtus les faits...

Ceux qui, comme Zemmour, font croire que le français existe par sa présence sur le sol dans un temps long se trompent : Ou alors, ils assument- vraiment- l'encéphalophagie des Gaulois. Un peu de cervelle humaine dans ta bouillie, Eric, pour te donner des idées?

Les pays européens comme la plupart de tous les autres continents d'ailleurs,  sont le résultat d'empilages, de croisements, d'arrivées, de départs qui créent de nouvelles arrivées : bref une tambouille que l'extrême droite ne peut pas aimer, car c'est un peu épicé. Faire le lien entre colonisation et immigration c'est dire juste que, oui, nos invasions des Caraïbes, de l'Afrique, de l'Asie du Sud Est ont donné lieu en retour à des arrivées sur nos sols.  Et que dire de l'immigration des 2 derniers siècles en France ? Une invasion, les Polonais qui reconstruisirent la France dans les années 1920? Certains naturalisés par la République furent déportés par Vichy et les potes à Zemmour. Clamart s'en souvient d'ailleurs (voir ici). Une invasion, les Italiens appelés en masse par l'OFI en 1946? Une invasion tous ces Maghrébins qui ont construit nos banlieues et nos bagnoles de leurs mains dans les années 1950/60? Une invasion, les Arméniens que la France doit se vanter d'avoir accueilli après 1915? Ceux qui tiennent de tels propos devraient rougir de honte. Ce serait la fierté du pays de poursuivre une telle politique...

Comprendre la complexité du monde, sa barbarie et ses valeurs c'est accepter, déjà, la multiplicité, les différences. Chose impossible à l'intégriste qu'il soit catho lefebvriste, islamiste radical, juif borné ou athée intolérant. Impossible aussi, au facho masqué de sa pseudo-respectabilité, qui en plein conseil municipal, en pleine crise pandémique, alors que des centaines de migrants se noient chaque semaine en méditerranée s'écrie : "Refugees not welcome".

Ces propos, Valoche, sont dangereux et irresponsables en réalité... comme ceux qui déforment la citation de Paul Ricoeur prononcée par un procureur mesuré lors du procès des voyous de Viry Châtillon.  Je sais bien que le contexte électoral est favorable à la bêtise mais tout de même. Il y a des impensés - ou pire, de vraies pensées,- inacceptables derrière ces mots. Que prouvent ces zélés alliés des fachos? Que les terroristes n'ont pas le monopole de la connerie. Et qu'il y a un lien entre terrorisme et nationalisme...

Oui, tout est lié en vérité : Pécresse et Le Pen, les militaires séditieux et Villiers, Zemmour et C8, le maire de Clamart et les précédents. Il y a un lien aussi entre Le Pen et les terroristes tant ces derniers font le jeu de la première. On sait trop bien qu'elle l'attend l'horrible attentat électoraliste. Il y a un lien aussi entre la sécheresse et les migrations, entre le réchauffement climatique et les  millions de réfugiés environnementaux présents et à venir, entre les inégalités folles du capitalisme mondialisé et les déplacements de population, entre les révoltes sociales et ce même capitalisme fou. Pécresse, Le Pen, Pfizer, même combat...  



dimanche 25 octobre 2020

C'est facile de s'moquer

"C'est facile de se moquer" chantaient les Wampas (écouter ici), groupe cultissime dont on n'a pas fini d'analyser l'œuvre. Mais on me demande souvent "mais pourquoi se moquer?" . Et, en ce moment, l'interrogation est fondamentale quand on mesure le degré de violence que peut générer la caricature, en particulier religieuse. Je ne suis pas un spécialiste de la question, mais, néanmoins, en tant qu'enseignant d'EMC, c'est un sujet sur lequel je me penche avec beaucoup d'attention et de sérieux. En tant qu'écrivaillon aussi, car il faut être, je crois, responsable de ce que l'on écrit. 

Sur la moquerie, il faut partir de la liberté d'expression et des formes d'expression. Rire est un combat (voir le livre Rire de Résistance de JM Ribes) et c'est une des manières de se battre pour des idées que de rire de celles des autres. La loi encadre la liberté d'expression, fort heureusement. Et elle l'encadre plutôt intelligemment en France, je crois : en cherchant à laisser la plus grande liberté possible mais en interdisant les formes de nuisances individuelles ou collectives : la diffamation, l'injure publique (et même privée), la discrimination, l'appel à la violence... Tout n'est donc pas autorisé. Néanmoins, le champ de la liberté reste très large et aucun domaine n'est sacralisé ou sanctuarisé, avec un panneau "interdit d'en rire". C'est heureux.

Sur la question religieuse, le sujet est, on le sait, ultra sensible. On peut se demander pourquoi cette sensibilité semble plus forte aujourd'hui qu'avant (mais cela reste à démontrer et je parle de l'époque récente : avant, rire du religieux te menait au bûcher, sans autre forme de procès... Rappelez vous des Monthy Python et de leur film Sacré Graal : "a witch! Burn!"). Là n'est pas le  problème le plus important. Le problème est de savoir si la question religieuse, parce qu'elle est religieuse, serait à épargner du rire, de la moquerie. Dans un pays laïc comme la France, la réponse est finalement simple : Sacraliser la question de conscience serait une atteinte au principe même de laïcité : celui-ci repose en effet sur 3 piliers : la liberté de conscience (croire comme ne pas croire); l'égalité des postures nées de cette liberté; la neutralité de l'Etat pour ne pas briser cette égalité et cette liberté. Dès lors, oui on peut se moquer de la chose religieuse. 

Mais à quoi ça sert me demande-t-on? Et bien, pour certains, à exister. A faire vivre la pensée; à militer; à réfléchir et faire réfléchir. Et, souvenez-vous des sorcières, finalement c'est un progrès...  Tout bien pesé, d'ailleurs,  il est peut-être moins dangereux pour la religion de se faire caricaturer, que de devoir faire face à une critique ou à une réfutation élaborée des textes et des principes théologiques. La puissance de la caricature, de la moquerie verbale ou dessinée, est certes importante, car grinçante, mais finalement limitée. Bien sûr, l'expression caricaturale est souvent tendancieuse. Mais que serait une liberté d'expression non tendancieuse? les opinions peuvent être défendues. C'est le principe même de la contradiction démocratique. 

Lorsque je dis une phrase (non verbale)  comme "Dieu, quelle drôle d'idée!", j'exprime mon opinion d'athée : je le fais de manière inacceptable pour les croyants: Dieu ne serait qu'une idée, non un fait, par conséquent j'affirme haut et fort qu'il n'existe pas (sauf à considérer que "l'idée crée l'essence même de la chose pensée" - et pourquoi pas?-,  mais là je suis au-delà de ce que je veux traiter). Je dis, qui plus est, que c'est vraiment bizarre de l'avoir inventé! Mais si l'on m'interdisait de le faire sous prétexte de ne pas choquer le croyant, quelle serait ma liberté de penser l'athéisme? Il faut donc se faire à l'idée que la moquerie est une forme d'expression, qui comme toute forme d'expression à des limites, bien définies d'ailleurs par la loi et par la jurisprudence. Que caricaturer tel ou tel prophète, ce n'est pas s'en prendre au croyant, mais c'est simplement faire vivre un droit. 

Alors, le confort des uns, les croyants, doit-il imposer la limite à tous? La Cour européenne des droits de l'homme semble pencher en ce sens et a conforté la notion de blasphème dans un arrêt récent "au nom de la paix religieuse". C'est un concept dangereux pour les libertés car on pourrait étendre cela à la paix sociale etc. Et comment définir la notion de "paix", religieuse ou autre. Le conflit des idées est nécessaire et doit juste être encadré par des règles qui assurent à la fois l'ordre social et la plus grande liberté possible. Qui crée le désordre social ? le caricaturiste ou l'assassin?  Vous connaissez ma réponse si vous avez suivi mon raisonnement.

Et le confort ainsi obtenu serait déjà la défaite de la laïcité, l'inégalité totale des postures de conscience. Nous avons donc comme responsabilité et devoir de nous  laisser ce pouvoir : nous moquer les uns et des autres ! Et cela commence par soi-même... 

En effet, relativiser sa posture, au regard de celle d'autres est parfois nécessaire. Se voir petit, pour éviter d'écraser les autres. Mais là on est dans une position morale. Et c'est évidemment une des clés. 

Quelle attitude morale responsable adopter ? Rappelons que Charlie Hebdo n'élude pas le problème, il y répond : il se sous-titre "journal irresponsable". Il assume donc une posture amorale. Lire Charlie, regarder une caricature de ce journal, c'est savoir ce que l'on fait. Le journal ne prend pas le lecteur en traître. Il s'est également sous-titré "journal bête et méchant". Beaucoup oublient de lire cela. Mais en se revendiquant "bête, méchant et irresponsable",  Charlie Hebdo montre bien le registre qu'il va employer. En ce sens d'ailleurs, en nous prévenant, il est très responsable, soit dit en passant. On n'en dira pas autant de toutes les publications de presse qui se montrent bien souvent sous un jour respectable, pour asséner des positions très clivantes et caricaturales, mais des caricatures qui ne disent pas leur nom... 

La caricature comme nature de dessin est déjà en soit une forme bien particulière d'expression : elle est par nature "exagération". Comme la blague est censée faire rire, la caricature ne prétend pas être vraie et assume sa fausseté. Le dessinateur n'est pas responsable de l'immaturité de ses lecteurs et de son public. Doit-il s'abstenir? 

On me répond que la bienveillance pourrait être une solution apaisante. Certes, mais qu'est-ce que la bienveillance? Une simple pratique, une attitude, très louable dans ses intentions, et certainement bénéfique à chacun dans les rapports sociaux immédiats. Cela reste une attitude morale et non une possibilité de droit. On ne peut mettre en loi "l'attitude bienveillante" sauf à restreindre drastiquement le champs de la liberté. Concrètement, nous en sommes là à l'école et à l'hôpital par exemple : comment faire face à une attitude dicté par un motif religieux alors même que ce sont des lieux de neutralité du personnel? Être bienveillant? Rappeler la loi? Et jusqu'à quel point? Remplir notre mission ou non? 

Sur le fond, la bienveillance peut aussi, selon vers qui elle se tourne, être une forme de complicité. C'est bien d'ailleurs sur ce point que la classe politique s'étripait alors même que le pauvre Samuel Paty n'était pas encore inhumé... 

Il n'y a aucune bienveillance à avoir avec le fondamentalisme religieux. J'ai dit avec les fondamentalistes, ce qui est différent d'avec "la communauté des croyants". Le fondamentalisme, quelle que soit la religion monothéiste du Livre considérée, est une recherche de pureté dans un texte originel fantasmé. Cette pureté est totalement absurde (Chocking!) quand on considère l'élaboration historique de ces textes. Il ne faut pas être spécialiste pour savoir que la Bible est une compilation phénoménale de textes sur des siècles, que le Nouveau Testament est lui aussi le résultat d'un long, très long, travail post mortem, et que le Coran itou. Que l'interprétation et l'exégèse sont des vraies sciences et que prétendre  que "le prophète a dit ça" ou "Jésus a dit ça", c'est idiot du point de vue textuel...Attitude dangereuse qui a des intentions politiques ou sociales et qu'il faut combattre. 

Ici je laisse mon ami, JLS, m'interpeller sur la bienveillance : "Tu mentionnes la bienveillance mise en avant dans notre période pour régler les tensions. Je crois que cette notion porte confusion. Elle ne règle rien, elle ne peut permettre qu'un chemin moins violent pour aller vers un règlement du conflit.

La bienveillance permet d'identifier et de tenter d'apaiser les réactions émotionnelles, limbiques, passionnelles qui émergent du fond de soi . Ensuite elle permet de comprendre que ces tempêtes envahissent "l'autre" également.

Alors seulement peut émerger la vraie question " et maintenant comment on fait avec ce bordel entre nous ?" Il faut alors mobiliser la compétence complémentaire à la bienveillance : la créativité.

Pour que cela puisse fonctionner il faut que les deux "belligérants" déterminent avant tout un cadre éthique qui va encadrer la décision. La non violence en est un. La violence un autre.

Parfois l'accord n'est pas possible : tempérance, patience, et dialogue seront les ferments d'une solution. Ou pas .....

La non bienveillance peut amener au même endroit mais en rajoutant la souffrance .

La bienveillance n'est ainsi pas une solution mais une méthode ."

Je souscris à ce qui est précisé ici!

Au point où nous en sommes, nous voyons bien que la question du droit (ce qui est autorisé ou non) est insuffisante (mais nécessaire) à régler nos problèmes. Il est question de morale (ce que je juge bon pour moi et la société) et donc d'éthique (principes sur lesquels je fonde ma morale). Quelle éthique pourrait nous mener à une morale de l'abstention de la liberté? Le respect de l'autre, mais au point de ne plus me respecter moi, de nier mes propres idées? Ce serait une contradiction fondamentale. Il n'y a pas d'accord sur une éthique fondamentale universelle. La diversité religieuse le montre, car, au fond, que sont les religions sinon des tentatives de trouver une éthique et une morale? Lorsque le droit se soumet à telle ou telle, il lui accorde une primauté insupportable aux autres. Voilà pourquoi seule une éthique laïque est propre à régler nos désaccords et à fonder du droit. Telle est ma conviction. 

Et pour rire un peu, relisons Manu Larcenet, Saint Manu.




vendredi 23 octobre 2020

Les aboyeurs

Ils parlent fort, vite et coupent la parole des autres. Ils clament des "vérités d'évidence" puisées dans les tréfonds des discussions d'ivrognes au bistrot du coin ou dans telle pseudo revue "scientifiques". Font valider ça avec trois chiffres, sortis par tel "expert" autoproclamé. Ils caricaturent les avis divergents et refusent les nuances. Ils adorent les micro-trottoir cette sous méthode de propagande de journalistes fainéants. Ils raffolent des formules toutes faites. Ils sont dangereux. Ce sont des aboyeurs. Praud, Zemmour, Brunet… 

Le débat chez eux n'est qu'une litanie de provocations, de condamnations publiques  : des "fatwas", finalement,  pour prendre un vocabulaire qu'ils détestent et qui leur chatouillera l'ego. Ils ont leurs idiots utiles, tel ou tel penseur néo réactionnaire qui, hors Saint Germain des Prés, aiment fréquenter Arcachon et le Cap Ferret, Deauville -mais pas trop longtemps- et surtout aiment se regarder à la télévision, dernier miroir qui les flatte. Cela fait longtemps que celui de leur salle de bains ne leur renvoient que leurs rides, leurs cheveux blancs et l'amertume de carrières ratées : les Bruckner et consorts. 

Derrière leurs discours, une haine de ce que la société est. Une détestation des minorités; une posture de victime, renversement ultime.

Ils prétendent être hors système : ils sont le système et font la courte échelle à Marine Le Pen dans son accession au pouvoir... 

Ils prétendent représenter le "peuple" silencieux. Ils sont les serviteurs du populisme le plus vil qui instrumentalise l'ignorant et le conforte dans son ignorance. Ils favorisent par leurs outrances  le développement des fanatiques de tout poil, les complotistes, les racistes décomplexés. 

Ils ont leurs chaînes de télé : ils sont les serviteurs d'un grand capitalisme qui rêve d'un peuple de moutons dociles asservis et consommateurs. L'info n'est qu'un business dont ils se gavent. Les aboyeurs sont des viandards aussi dans leur genre. 

Les réseaux sociaux les font tourner en boucle. La punch line est leur manière d'argumenter. Ils sont Trump, Bolsonaro etc : asséner, asséner et asséner encore pour faire ingurgiter la bouillie de leur "pensée" à une opinion spectatrice. 

Les aboyeurs ont la bave aux lèvres, ils réclament à grands cris des "mesures", des expulsions; ils font des amalgames et mélangent tout : l'écologie, l'islamisme, les libertés.  Prétendent être "Charlie" et ce journal est aujourd'hui contraint de s'en défendre! 

Les aboyeurs sont servis par la fainéantise des journalistes, ou surtout par l'exigence de productivité dans la production de l'info, qui fait qu'on publie en boucle des dépêches d'agence au lieu de bosser, vérifier, rédiger, enquêter. Ils sont servis aussi par la flemme intellectuelle du public à qui ils s'adressent, plus avide de sensations, de confort rassurant,  que de recherches de vérité, d'efforts donc, et de remises en cause.

Face à eux, que valent les discours raisonnés des enseignants que nous sommes et qu'était Samuel Paty? Pas grand chose. Le combat est perdu d'avance. Mais il faut le mener. Comme dit Macron à propos de tout. C'est la guerre. 

dimanche 12 janvier 2020

car c'est une guerre...

Pour ceux qui ne fréquentent plus les cortèges de manifs, il faudra lire ceci. D'autres plus assidus que moi à ces rassemblements le diraient mieux, l'ont déjà dit certainement. Tu te souviens du temps où tu pouvais descendre et remonter le cortège, flâner et revenir? Ce temps-là est terminé. Le cortège est scindé par les ruades policières en permanence. Tu te souviens du temps où le défilé République - Nation - Via la Bastille avait des airs de balade parisienne ; et si tu étais bloqué ici tu passais par là..? Ce temps-là est terminé. Les rues sont bloquées. Tu te souviens du temps où t'emmenais tes gosses sur tes épaules pour leur apprendre que l'on était un peuple solidaire? Ce temps-là est terminé. Tu veux pas des enfants éborgnés. Tu te souviens des merguez dégueulasses mais que tu mangeais quand même? Ce temps-là est terminé. Rester léger pour courir... Hier, samedi 11 janvier, la place de la Bastille était coupée par des barrières d'acier haute de 2.50 m pour empêcher tout passant de rallier le cortège, tout manifestant de partir ou de dévier. Hier, samedi 11 janvier comme jeudi dernier, les CRS surarmés faisaient peur à voir. Les années Valls sont passées par là et le droit de manifester est aussi un droit de se faire tabasser, éborgner par des tirs tendus à bout portant. La violence policière s'est imposée dans cet état qui se veut ultralibéral. Manifester est devenu dangereux. Pourquoi? Parce que c'est une guerre et que Sarko, Macron, Valls et consorts l'ont déclaré. Une guerre de civilisation. Une guerre de modèle de société. Et qu'ils veulent la gagner. Mais les "gens" résistent plus que prévus. Gilets jaunes ici, grévistes héroïques là, ils tombent sur un os. Faire peur, faire peur pour que "la rue" se range. Dissuader et exaspérer pour que l'opinion s'énerve. Ça marche pas, c'est eux qui s'énervent. Nous continuerons. Parce que c'est une guerre.

mercredi 25 décembre 2019

Conneries

Un livre à lire, absolument : Histoire universelle de la connerie (sd) JF Marmion, Editions sciences humaines.

lundi 9 décembre 2019

Equation insoluble... car fausse.

1=1... Voilà vendue comme une évidence l'équation censée nous faire accepter le régime de retraites par points. Or, cette équation dans ce cas précis, est fausse et chacun le sait intuitivement depuis toujours. Depuis que la question des caisses de retraites s'est posée, à la fin du XIXème siècle en France,la réflexion s'est faite sur la base de régimes particuliers. Car chacun savait bien alors que, non, décidément, travailler 12 heures par jour au fond d'une mine ce n'est pas la même chose que derrière un bureau. Et rien n'a changé en réalité depuis. Dire qu'un point universel c'est l'égalité, est un mensonge honteux que même Castaner désavoue puisqu'il dit que les policiers ont besoin d'un régime particulier de retraites. (ce à quoi je souscris et renchéris : les Flics à le retraite tout de suite, tous et pour toujours, amen!) Bien sûr que travailler en rotation d'horaires comme les infirmières héroïques de l'hôpital public, les cheminots et autres policiers changent la donne. Bien sûr que la pénibilité de certains métiers DOIT être prise en compte dans le secteur privé comme dans le secteur public. La réalité de cette réforme c'est que Macron - Delevoye ont des potes dans les assurances privées et leur envoie un appel très clair. Ils souhaitent un régime par capitalisation, pour les plus favorisés qui sont les grands gagnants de cette réforme.... Donc, en grève. Reconductible.