mardi 11 février 2014
La double imposture de M. Berger
Cet article est paru initialement sur lamouettedeclamart.blogspot.fr
Sur son site internet, M. Berger propose deux billets récents qui sont une réelle imposture et démontrent une absence de cohérence. Le 14 janvier il déplore la hausse des prix de l'immobilier en particulier à Clamart et dénonce l'absence de construction neuves. Le 15, il dénonce un bétonnage dont la gauche serait, avec les Verts, partisane... On pourrait laisser dire tant l'absurdité et la contradiction sont flagrantes...
Mais on ne va pas laisser dire!
Premier point, la hausse de l'immobilier : Vraiment, M. Berger a raison : la flambée immobilière est réelle et néfaste. La mettre sur le dos des politiques publiques municipales est par contre particulièrement malhonnête, intellectuellement, et dangereux pour M. Berger. Penchons nous sur les chiffres des transactions et l'évolution des prix sur quelques communes des Hauts de Seine (source : chambre des notaires) :
A Clamart, donc : Les prix ont augmenté de 3,2% en 2013 et de 20.6% en 5 ans ce qui est très important (pour les tenants d'une paupérisation de la ville, comme je l'ai entendu chez certains, il faudra repasser! soit dit en passant...).
Sur la ville voisine de Châtillon, gérée depuis longtemps par la droite : les prix ont certes baissé de 2.7% en 2013 mais sur 5 ans la hausse est de 22.7%...
Au Plessis-Robinson, ville que connaît particulièrement bien M. Berger, le prix moyen au m2 est supérieur de 310 euros par rapport à Clamart (5310 contre 5000) et la hausse sur un an a été de 11.8% en 2013 et de 24% sur 5 ans!!! Preuve que la politique publique du Plessis-Robinson ne permet pas de contrecarrer l'évolution du marché voire contribue à une hausse beaucoup plus marquée qu'à Clamart!!!
Première imposture.
Il faut également s'interroger, me semble-t-il sur la volonté réelle de l'UMP de s'opposer aux règles du marché alors même que l'idéologie néolibérale dont ce parti se prévaut et applique lorsqu'il ets aux commandes, tient en une toute dérégulation.... deuxième imposture.
La comparaison commune par commune montre que les villes où la hausse est la moins marquée sur 5 ans sont de deux types : les communes les plus éloignées de Paris, quelle que soit leur "couleur "politique : Vaucresson et Ville d'Avray (droite) ou Fontenay aux roses (PS)par exemple.
A distance équivalente comparons Fontenay à sa voisine du Plessis : +8.6 dans un cas, +24 dans l'autre....
Mais aussi Malakoff (PC) à Vanves (UMP) : +11% dans le premier cas, +16 dans le second....
La vérité c'est donc que :
- premièrement les politiques publiques municipales sont peu déterminantes pour lutter contre une tendance du marché qui relève, entre autres, de phénomènes durables de gentrification (dans certains cas d'anciennes villes ouvrières) et d'embourgeoisement (à Neuilly par exemple) et qui doit à de nombreux acteurs tant privés que publics à des échelles plus importantes dont celle de Paris Métropole.
- deuxièmement, à distance comparable la gauche parvient plutôt mieux à maîtriser les hausses...
Sur la carte ci-dessous on observe tout de même que les plus fortes hausses sont toutes dans les villes de droite.
{légende : en gris : données non disponibles; en bleu : décroissance des prix sur 5 ans; en rose pâle de 0 à 10% de hausse. Puis les classes sont de couleur de plus en plus foncées suivant l'échelle : 10/15 (rose soutenu);15/20 (rouge);20/25 (rouge foncé) et au delà de 25% de hausse (violet).
D : villes gérées par la droite; G : par la gauche)}
Carte : H.D d'après l'indice INSEE-chambre des notaires 2e trimestre 2013.
Sur le bétonnage on relèvera trois idées stupéfiantes d'immaturité politique :
1/ L'incapacité de M. Berger à penser la ville durable à une échelle qui dépasserait les limites de la commune. La fin du tout pavillon est une des options d'aujourd'hui pour lutter contre un étalement urbain dont chacun perçoit les dangers tant environnementaux (mangeur d'espace, créateur de distances toujours plus longues) que sociaux (quelle ville? quelle urbanité dans ces lotissements?). Cela ne signifie pas nécessairement destruction des zones pavillonnaires existantes. Passons...
2/ En matière de bétonnage le directeur de cabinet de M. Pemezec ne peut donner de leçons à personne et la droite en général est fort disqualifiée : voyez ce qu'Issy les Moulineaux devient, promenez vous à Châtillon et au Plessis. Où est le béton? A droite! Peut-on aussi dénoncer l'absence de programmes neufs dont Clamart serait victime et dans le même temps s'opposer haut et fort à tous les programmes entrepris? Peut-on dans le même temps dénoncer l'absence de programme neufs et le bétonnage dont la ville serait l'objet? Où est la cohérence?
3/ Enfin, dans les terrains disponibles M.Berger parle des zones boisées sous la ligne à haute tension : destruction de la forêt et dangers liées à cette ligne. Voilà où M. Berger souhaite loger les futurs Clamartois... Qui a dit que la gentrification s'accompagnait aussi de territoires de la relégation?
Conclusion : les arguments de M. Berger ne sont que des arguments de campagne, absolument dénués de fondement, et déconnectés d'une réalité autrement plus complexe. Il rêve d'un Clamart qui soit un entre-soi de petits et grands propriétaires, reléguant à la périphérie les indésirables de la société UMP.
mercredi 5 février 2014
jour de colère
Cet article n'est pas lié aux municipales, à première vue. Sauf que...
Colère face à ces projets de lois liberticides qui éclosent en Espagne et témoignent d'une Union Européenne à l'agonie tant sur le plan économique que politique désormais.
Colère face aux menteurs bruyants et fascisants qui manifestent sous des calicots mensongers et délirants sur le thème "fin de la famille" et théorie du genre. C'est leur droit de manifester en démocratie et on leur accordera au moins la cohérence idéologique, quant à eux...
Mais
la colère la plus importante vient du renoncement d'un gouvernement qui
ne tient plus que par l'impuissance et l'inaction, de revirements en
trahisons. Alors, le virage libéral n'a pas suffi au plan économique? Il
faut maintenant renoncer sur les valeurs mêmes de la gauche au plan
sociétal? Se coucher face aux fachos? Mais que sert-il à Valls d'ameuter
la gauche et de l'haranguer à se reprendre, si c'est, pour le lundi,
renoncer et faire volte face? Colère!
La vérité c'est que la gauche de gouvernement les yeux rivés sur les sondages, songe aux Municipales et croit pouvoir sauver les meubles. C'est l'inverse qui se passera! Le peuple de gauche n'accorde plus aucun crédit à Hollande, Ayrault et au PS pour satisfaire ses espoirs et ses vœux de justice sociale et de liberté. Aucun courage politique, aucune cohérence idéologique. la gauche est morte ce week-end.
Ces termes nous les employons depuis plus de 10 ans maintenant et c'est 2002 qui recommence! A force d'agoniser, à force de mourir, le blessé sent le cadavre et ça sent mauvais!
Parce que nous croyons aux valeurs de la gauche nous combattrons d'abord Berger et les tenants de l'idéologie nauséabonde qui nous inonde. Mais les responsabilités d'une certaine gauche, d'une "droite" qui ne dit pas son nom sont clairement engagées.
Colère face à ces projets de lois liberticides qui éclosent en Espagne et témoignent d'une Union Européenne à l'agonie tant sur le plan économique que politique désormais.
Colère face aux menteurs bruyants et fascisants qui manifestent sous des calicots mensongers et délirants sur le thème "fin de la famille" et théorie du genre. C'est leur droit de manifester en démocratie et on leur accordera au moins la cohérence idéologique, quant à eux...
Mais
la colère la plus importante vient du renoncement d'un gouvernement qui
ne tient plus que par l'impuissance et l'inaction, de revirements en
trahisons. Alors, le virage libéral n'a pas suffi au plan économique? Il
faut maintenant renoncer sur les valeurs mêmes de la gauche au plan
sociétal? Se coucher face aux fachos? Mais que sert-il à Valls d'ameuter
la gauche et de l'haranguer à se reprendre, si c'est, pour le lundi,
renoncer et faire volte face? Colère!La vérité c'est que la gauche de gouvernement les yeux rivés sur les sondages, songe aux Municipales et croit pouvoir sauver les meubles. C'est l'inverse qui se passera! Le peuple de gauche n'accorde plus aucun crédit à Hollande, Ayrault et au PS pour satisfaire ses espoirs et ses vœux de justice sociale et de liberté. Aucun courage politique, aucune cohérence idéologique. la gauche est morte ce week-end.
Ces termes nous les employons depuis plus de 10 ans maintenant et c'est 2002 qui recommence! A force d'agoniser, à force de mourir, le blessé sent le cadavre et ça sent mauvais!
Parce que nous croyons aux valeurs de la gauche nous combattrons d'abord Berger et les tenants de l'idéologie nauséabonde qui nous inonde. Mais les responsabilités d'une certaine gauche, d'une "droite" qui ne dit pas son nom sont clairement engagées.
vendredi 24 janvier 2014
MUNICIPALES 2014
La campagne des municipales c'est sur www.lamouettedeclamart.blogspot.fr
mardi 2 juillet 2013
Or donc, la correction...
Il fallait bien finir la démonstration... Or donc, la correction du brevet en HG. "Trop Lol" diraient nos élèves....
Soupe à la grimace pour les correcteurs.
Je rappelle les attendus du problème : Sur des sujets de m... faire en sorte que tout le monde s'en tire avec la moyenne. Équation facile si on a une variable qui s'appelle "l'indulgence du correcteur". Lequel correcteur est donc enjoint de mettre un point pour tout élève qui aurait tiré deux traits rouges dans son tableau statistiques où que ces traits soient placés... Et un autre point pour toute justification quelle qu'elle soit, aussi fausse soit elle donc. Pour la fameuse question sur l'objectivité de Bérégovoy, le correcteur doit accepter, je cite :"le texte de Bérégovoy est objectif car le secrétaire général de l'Elysée est en situation de communication officielle" (ce qui d'une part est faux, et d'autre part l'officialité d'un propos n'a jamais fait l'objectivité dudit propos...) ou accepter également : " le texte de Bérégovoy n’est pas objectif car il est secrétaire général de l'Elysée donc représentant du Président de la République". On pourrait rire, mais tout de même, le rire est jaune car pour l'élève de Troisième tout cela est du Chinois, si j'ose dire... enfin je l'avais annoncé, z'aviez qu'à m'écouter!
Et tout le truc à l'avenant, en fonction des erreurs et aberrations du sujet. On peut raconter la crise de Cuba sans connaître autre chose que 1962, sans prononcer l'expression "guerre froide" etc.
On peut dire que le fond d'écran du doc d'Ed. Civ.est n'importe quel bâtiment officiel de la République (dans le cadre de l'élection présidentielle) : donc une mairie (Sarkozy à Neuilly!) ou l'assemblée Nationale (Cahuzac au poteau!!) ou la cour des Comptes (Mauvais esprit là non??). On peut aussi écrire Mitterrand, "Mythe errant", pas grave no problème.Alors, oui, j'avoue, j'ai craqué et, devant la beauté du truc, j'ai accepté, à la question de la loi votée sous Mitterrand, la réponse succulente suivante : "Mitterrand a aboli la mort". ( et un point, un!)
Par contre, "le premier être vivant" en tant que réponse associée à la date de 52 av. JC, m'a choqué, mais, en même temps, je suis connu pour être peau de vache. J'assume.
Bien sûr, si l'élève associe n'importe quel président de la République à la date de 1982 il faut accepter la loi qui correspond si elle est bonne : ainsi j'ai lu : "A l'époque c'est Jules Ferry le Président (à 100 ans près c'est pas de pot, et puis président du conseil c'est bien aussi) et il a fait voter la décentralisation". J'imagine la tête de Defferre et celle du bon vieux Jules.
Mais aussi : "le président était Charlemagne et il a voté l'abolition de la peine de mort" (demande aux Saxons eh Duc'...) ça vaut 1 point sur 1.5... Tout de même, c'est mérité.
Il était également normal d'admettre qu'un élève pouvait définir l'espace productif comme bon lui semblait : ben forcément!!!! Donc consigne : aucune définition académique n’est exigée. Il faut que l'élève montre qu'il a compris (en trois lignes je le rappelle) Ben dans mon paquet aucun n'avait compris... Pas de pot. Des fois une bonne vieille définition académique, ça peut le faire, hein....
J'en rajoute pas, le but n'étant pas de faire la fête aux élèves sommés d'ingurgiter en un an tant de faits, notions et lieux que n'importe quelle tête ne saurait en avaler, mais bel et bien de rappeler que cette farce illustre l'état de délabrement d'un système qui a convoqué à corriger des têtes de mules absentéistes : les pauvres sont en retraite depuis maintenant deux ans (!) et vont vite changer leur numéro de téléphone (authentique). Comme disait l'élève de base, blasé et philosophe : trop lol.
PS : moi qui ne suis pas très corpo voici quand même ce qu'en pense l'Association des profs d'histoire géo. http://www.aphg.fr/
Soupe à la grimace pour les correcteurs.
Je rappelle les attendus du problème : Sur des sujets de m... faire en sorte que tout le monde s'en tire avec la moyenne. Équation facile si on a une variable qui s'appelle "l'indulgence du correcteur". Lequel correcteur est donc enjoint de mettre un point pour tout élève qui aurait tiré deux traits rouges dans son tableau statistiques où que ces traits soient placés... Et un autre point pour toute justification quelle qu'elle soit, aussi fausse soit elle donc. Pour la fameuse question sur l'objectivité de Bérégovoy, le correcteur doit accepter, je cite :"le texte de Bérégovoy est objectif car le secrétaire général de l'Elysée est en situation de communication officielle" (ce qui d'une part est faux, et d'autre part l'officialité d'un propos n'a jamais fait l'objectivité dudit propos...) ou accepter également : " le texte de Bérégovoy n’est pas objectif car il est secrétaire général de l'Elysée donc représentant du Président de la République". On pourrait rire, mais tout de même, le rire est jaune car pour l'élève de Troisième tout cela est du Chinois, si j'ose dire... enfin je l'avais annoncé, z'aviez qu'à m'écouter!
Et tout le truc à l'avenant, en fonction des erreurs et aberrations du sujet. On peut raconter la crise de Cuba sans connaître autre chose que 1962, sans prononcer l'expression "guerre froide" etc.
On peut dire que le fond d'écran du doc d'Ed. Civ.est n'importe quel bâtiment officiel de la République (dans le cadre de l'élection présidentielle) : donc une mairie (Sarkozy à Neuilly!) ou l'assemblée Nationale (Cahuzac au poteau!!) ou la cour des Comptes (Mauvais esprit là non??). On peut aussi écrire Mitterrand, "Mythe errant", pas grave no problème.Alors, oui, j'avoue, j'ai craqué et, devant la beauté du truc, j'ai accepté, à la question de la loi votée sous Mitterrand, la réponse succulente suivante : "Mitterrand a aboli la mort". ( et un point, un!)
Par contre, "le premier être vivant" en tant que réponse associée à la date de 52 av. JC, m'a choqué, mais, en même temps, je suis connu pour être peau de vache. J'assume.
Bien sûr, si l'élève associe n'importe quel président de la République à la date de 1982 il faut accepter la loi qui correspond si elle est bonne : ainsi j'ai lu : "A l'époque c'est Jules Ferry le Président (à 100 ans près c'est pas de pot, et puis président du conseil c'est bien aussi) et il a fait voter la décentralisation". J'imagine la tête de Defferre et celle du bon vieux Jules.
Mais aussi : "le président était Charlemagne et il a voté l'abolition de la peine de mort" (demande aux Saxons eh Duc'...) ça vaut 1 point sur 1.5... Tout de même, c'est mérité.
Il était également normal d'admettre qu'un élève pouvait définir l'espace productif comme bon lui semblait : ben forcément!!!! Donc consigne : aucune définition académique n’est exigée. Il faut que l'élève montre qu'il a compris (en trois lignes je le rappelle) Ben dans mon paquet aucun n'avait compris... Pas de pot. Des fois une bonne vieille définition académique, ça peut le faire, hein....
J'en rajoute pas, le but n'étant pas de faire la fête aux élèves sommés d'ingurgiter en un an tant de faits, notions et lieux que n'importe quelle tête ne saurait en avaler, mais bel et bien de rappeler que cette farce illustre l'état de délabrement d'un système qui a convoqué à corriger des têtes de mules absentéistes : les pauvres sont en retraite depuis maintenant deux ans (!) et vont vite changer leur numéro de téléphone (authentique). Comme disait l'élève de base, blasé et philosophe : trop lol.
PS : moi qui ne suis pas très corpo voici quand même ce qu'en pense l'Association des profs d'histoire géo. http://www.aphg.fr/
samedi 29 juin 2013
Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage.
Ceci exprime une opinion personnelle que je vais essayer d'étayer convenablement : les sujets du brevet en HG ont été scandaleux et lamentables dans leur conception.
La première remarque concerne la forme de ces sujets, forme connue depuis longtemps, et sur laquelle les enseignants n'ont évidemment pas eu leur mot à dire. Cette forme vient consacrer la destruction pour les élèves de Troisième, de 3 années d'enseignement au collège, fondées sur l'analyse documentaire et la confrontation des documents entre eux pour faire émerger une réflexion sur l'histoire et la géo. La définition du nouveau brevet ramène l'épreuve à une restitution des connaissances pour l'immense majorité de l'épreuve. C'est faire de l'histoire ce que l'on n'aime pas qu'elle soit... Peu importerait si les objectifs programmatiques et méthodologiques étaient en cohérence avec cet objectif. Mais non! Nous sommes censés enseigner le sens critique, l'analyse de notions et de concepts toujours plus fins et difficiles. L'enquête sur le niveau des élèves de collège en HG qui a fait grand bruit a répandu l'inquiétude : le niveau baisse! Mon dieu, ô combien cette enquête, qui consiste à solliciter les élèves sur les repères factuels, est déconnectée de ce qu'on fait en classe! Montrez une image de propagande, une œuvre d'art et vous verrez si le niveau baisse. En gros, en évaluant ce qu'on n'enseigne pas ou plus, ou à la marge, nécessairement les élèves se trompent! C'est comme passer son permis de conduire sur une route verglacée avec des pneus lisses alors qu'on a appris à conduire avec un vélo à roulettes ... Ça ne viendrait à l'idée de personne. Si! A nos élites bien pensantes du ministère. Passons et revenons aux sujets du brevet...
Première aberration : Alors qu'en début d'année, en réunion de formation, devant une vingtaine de collègues, une IA-IPR, affirmait que le bon sens l'emporterait et que les sujets seraient probablement construits autour de chapitres que chacun aurait eu le temps de bien traiter et sur des documents importants, les trois disciplines ont construit leurs études de documents sur des chapitres de fin de programme, parfois marginaux, sur la base de documents anecdotiques et contestables. Comme si on avait voulu sciemment montrer que les professeurs ne parvenaient pas tous à terminer les programmes (c’est bien le cas!) ou comme si l'on avait voulu mettre en difficulté les élèves qui auraient eu des profs en difficultés. On sait bien lorsque l'on met en œuvre un nouveau programme, comme c'était le cas en Troisième cette année, qu'il va y avoir des problèmes de programmation, de progression et de mise en œuvre de manière générale... En gros, on a construit un mur et on a foncé dedans, tête baissée... C'est naturellement intentionnel et il faudrait se demander pourquoi. Mon opinion? Lorsque l'on veut tuer son chien on dit qu'il a la rage....
Que les programmes doivent être finis, bien sûr c'est une évidence. Qu'ils puissent l'être et l'être bien , c’est à dire en respectant à la fois le rythme des élèves, la progression des apprentissages et les difficultés théoriques de ces mêmes programmes c'est une autre affaire. Cette inadéquation entre ce que l'on demande de faire, les sujets et les programmes, on, la retrouve aisément au bac cette année. Il ne saurait donc s'agir d'une simple erreur. C'est d'autant plus aberrant que, des erreurs, il y en a! Il est scandaleux que les pontes qui nous donnent des leçons à longueur d'année, laissent passer coquilles et erreurs théoriques dans les sujets, j'y reviendrai plus loin.
Sur ces sujets de brevet 2013 que dire?
En histoire, la première question est en contradiction formelle avec ce qui nous avait été annoncé : on prétendait ne plus vouloir de "repères réflexes" (du style : 1515? Marignan! Au fait, M'sieur, c'est qui Marignan?) mais vouloir donner du sens à ces repères historiques.
Résultat : Consigne : "associez un lieu et un personnage à la date suivante : 52 av JC" : réponse possible : Vercingétorix (ou César) - Alésia. C'est donner du sens cela?
Autre exemple : 1492 : Christophe Colomb - Amérique...
Formidable! Mais ça fait longtemps qu'on essaie d'enseigner autre chose et autrement, fort heureusement.... Mais pour tous les profs qui s'évertuent à vouloir faire une histoire qui ait un sens dans leur cours, tout cela est trahison.
Question 2 : Racontez au choix la guerre de Corée ou la crise de Cuba. Vous rédigerez un développement construit. Bien sûr cette question est en concordance absolue avec le programme. A tel point qu'on voit bien que le sujet du cours ce n’est plus la guerre froide mais être capable de comprendre un exemple isolé de guerre froide, déconnecté de son ensemble, donc de son sens. D'une manière générale l'illustration ou l'étude de cas a pris le pouvoir dans les cours et dans les examens. Ce n’est plus un exemple, ce n'est plus une grille de lecture, c'est une fin en soi. J'attends avec impatience les copies des élèves les plus en difficultés sur cette question.
Le document choisi est un texte de Bérégovoy. Non pas un texte mais la transcription d'un enregistrement d'une interview télévisée avec cette oralité propre aux plateaux de télés... Nous sommes en 1982 et Béré n'est alors que secrétaire général de l'Elysée. Détail? Non, car si un élève de troisième ne sait pas ce qu’est un secrétaire général de l'Elysée, -et c'est le plus souvent le cas : comment le saurait-il, ce n’est pas à enseigner...- alors, il ne pourra pas répondre à la question : "ce texte est-il objectif? Justifiez votre réponse." On prend ici les élèves en otage dans le but de décrédibiliser leurs enseignants qui se débattent avec des programmes énormes.
Lorsqu'on a tué les élèves avec des questions bien précises on peut les achever avec des questions tellement vagues qu'elles en sont déconcertantes ... "Qui est le président de la République à cette date?" C'est facile, tout le monde le saura peut-être. "Citez une autre loi votée sous sa présidence". Mais toute réponse citant une loi votée entre 1981 et 1995 est donc possible!!!!! Autant dire que les élèves ne sauront que dire.
On retrouve cette approximation dans les questions de géo :
"Qu'est-ce qu'un espace productif?" Et bien un espace qui est marqué par une production quelle qu'elle soit. Ça n'a pas de sens... A quelle échelle se trouve-t-on? De quoi parler? Un champs du bocage normand est un espace productif comme une zone commerciale en périphérie urbaine, comme une ZAC, un technopôle ou une région agricole majeure. Bref ... Tout et rien.
Le document de géo, qui n’est pas un document de géo (science des territoires et de l'espace) mais un tableau statistiques, pose lui aussi problème. "On peut classer les pays européens en trois groupes : tracez deux traits rouges dans le tableau et justifiez votre choix". Toute réponse devient possible tant qu'elle est justifiée.. Youpi!
"Que dire du revenu moyen de l'UE par rapport au reste du monde (représenté par deux extrêmes : les EUA et l'Afrique...)"? "Répondre sans recopier les chiffres du doc, mais en justifiant". Mais c'est un tableau de chiffres : ne pas en citer c’est s'obliger à justifier par le blabla. L'UE est au milieu sera sans doute une réponse acceptée, nous verrons cela demain... Voilà qui va donner du sens !
Les concepteurs du sujet sont donc écartelés eux-mêmes entre la volonté de respecter des programmes intenables et à forcer les profs à les finir, l'impossibilité de mettre en échec des élèves sur ordre des hiérarchies (il faut que l'élève réussisse! c'est un ordre, car c'est une obligation bientôt opposable en justice...), et la complexité de notions toujours plus à la pointe des recherches....
Nous aurons donc droit lundi matin à des injonctions de notes positives sur des questions infaisables.
De la même manière au bac de 1ère S, où une notion-clé, l'économie-monde, est maltraitée par le sujet, son concepteur n'en maîtrisant visiblement pas le sens.... Cela fait beaucoup et devient pour le moins embarrassant pour tout le monde, les élèves en premier lieu, et usant pour le prof qui essaie de faire du mieux possible son boulot.
Mais n'oubliez pas : ce n’est pas un hasard : quand on veut tuer son chien...
La première remarque concerne la forme de ces sujets, forme connue depuis longtemps, et sur laquelle les enseignants n'ont évidemment pas eu leur mot à dire. Cette forme vient consacrer la destruction pour les élèves de Troisième, de 3 années d'enseignement au collège, fondées sur l'analyse documentaire et la confrontation des documents entre eux pour faire émerger une réflexion sur l'histoire et la géo. La définition du nouveau brevet ramène l'épreuve à une restitution des connaissances pour l'immense majorité de l'épreuve. C'est faire de l'histoire ce que l'on n'aime pas qu'elle soit... Peu importerait si les objectifs programmatiques et méthodologiques étaient en cohérence avec cet objectif. Mais non! Nous sommes censés enseigner le sens critique, l'analyse de notions et de concepts toujours plus fins et difficiles. L'enquête sur le niveau des élèves de collège en HG qui a fait grand bruit a répandu l'inquiétude : le niveau baisse! Mon dieu, ô combien cette enquête, qui consiste à solliciter les élèves sur les repères factuels, est déconnectée de ce qu'on fait en classe! Montrez une image de propagande, une œuvre d'art et vous verrez si le niveau baisse. En gros, en évaluant ce qu'on n'enseigne pas ou plus, ou à la marge, nécessairement les élèves se trompent! C'est comme passer son permis de conduire sur une route verglacée avec des pneus lisses alors qu'on a appris à conduire avec un vélo à roulettes ... Ça ne viendrait à l'idée de personne. Si! A nos élites bien pensantes du ministère. Passons et revenons aux sujets du brevet...
Première aberration : Alors qu'en début d'année, en réunion de formation, devant une vingtaine de collègues, une IA-IPR, affirmait que le bon sens l'emporterait et que les sujets seraient probablement construits autour de chapitres que chacun aurait eu le temps de bien traiter et sur des documents importants, les trois disciplines ont construit leurs études de documents sur des chapitres de fin de programme, parfois marginaux, sur la base de documents anecdotiques et contestables. Comme si on avait voulu sciemment montrer que les professeurs ne parvenaient pas tous à terminer les programmes (c’est bien le cas!) ou comme si l'on avait voulu mettre en difficulté les élèves qui auraient eu des profs en difficultés. On sait bien lorsque l'on met en œuvre un nouveau programme, comme c'était le cas en Troisième cette année, qu'il va y avoir des problèmes de programmation, de progression et de mise en œuvre de manière générale... En gros, on a construit un mur et on a foncé dedans, tête baissée... C'est naturellement intentionnel et il faudrait se demander pourquoi. Mon opinion? Lorsque l'on veut tuer son chien on dit qu'il a la rage....
Que les programmes doivent être finis, bien sûr c'est une évidence. Qu'ils puissent l'être et l'être bien , c’est à dire en respectant à la fois le rythme des élèves, la progression des apprentissages et les difficultés théoriques de ces mêmes programmes c'est une autre affaire. Cette inadéquation entre ce que l'on demande de faire, les sujets et les programmes, on, la retrouve aisément au bac cette année. Il ne saurait donc s'agir d'une simple erreur. C'est d'autant plus aberrant que, des erreurs, il y en a! Il est scandaleux que les pontes qui nous donnent des leçons à longueur d'année, laissent passer coquilles et erreurs théoriques dans les sujets, j'y reviendrai plus loin.
Sur ces sujets de brevet 2013 que dire?
En histoire, la première question est en contradiction formelle avec ce qui nous avait été annoncé : on prétendait ne plus vouloir de "repères réflexes" (du style : 1515? Marignan! Au fait, M'sieur, c'est qui Marignan?) mais vouloir donner du sens à ces repères historiques.
Résultat : Consigne : "associez un lieu et un personnage à la date suivante : 52 av JC" : réponse possible : Vercingétorix (ou César) - Alésia. C'est donner du sens cela?
Autre exemple : 1492 : Christophe Colomb - Amérique...
Formidable! Mais ça fait longtemps qu'on essaie d'enseigner autre chose et autrement, fort heureusement.... Mais pour tous les profs qui s'évertuent à vouloir faire une histoire qui ait un sens dans leur cours, tout cela est trahison.
Question 2 : Racontez au choix la guerre de Corée ou la crise de Cuba. Vous rédigerez un développement construit. Bien sûr cette question est en concordance absolue avec le programme. A tel point qu'on voit bien que le sujet du cours ce n’est plus la guerre froide mais être capable de comprendre un exemple isolé de guerre froide, déconnecté de son ensemble, donc de son sens. D'une manière générale l'illustration ou l'étude de cas a pris le pouvoir dans les cours et dans les examens. Ce n’est plus un exemple, ce n'est plus une grille de lecture, c'est une fin en soi. J'attends avec impatience les copies des élèves les plus en difficultés sur cette question.
Le document choisi est un texte de Bérégovoy. Non pas un texte mais la transcription d'un enregistrement d'une interview télévisée avec cette oralité propre aux plateaux de télés... Nous sommes en 1982 et Béré n'est alors que secrétaire général de l'Elysée. Détail? Non, car si un élève de troisième ne sait pas ce qu’est un secrétaire général de l'Elysée, -et c'est le plus souvent le cas : comment le saurait-il, ce n’est pas à enseigner...- alors, il ne pourra pas répondre à la question : "ce texte est-il objectif? Justifiez votre réponse." On prend ici les élèves en otage dans le but de décrédibiliser leurs enseignants qui se débattent avec des programmes énormes.
Lorsqu'on a tué les élèves avec des questions bien précises on peut les achever avec des questions tellement vagues qu'elles en sont déconcertantes ... "Qui est le président de la République à cette date?" C'est facile, tout le monde le saura peut-être. "Citez une autre loi votée sous sa présidence". Mais toute réponse citant une loi votée entre 1981 et 1995 est donc possible!!!!! Autant dire que les élèves ne sauront que dire.
On retrouve cette approximation dans les questions de géo :
"Qu'est-ce qu'un espace productif?" Et bien un espace qui est marqué par une production quelle qu'elle soit. Ça n'a pas de sens... A quelle échelle se trouve-t-on? De quoi parler? Un champs du bocage normand est un espace productif comme une zone commerciale en périphérie urbaine, comme une ZAC, un technopôle ou une région agricole majeure. Bref ... Tout et rien.
Le document de géo, qui n’est pas un document de géo (science des territoires et de l'espace) mais un tableau statistiques, pose lui aussi problème. "On peut classer les pays européens en trois groupes : tracez deux traits rouges dans le tableau et justifiez votre choix". Toute réponse devient possible tant qu'elle est justifiée.. Youpi!
"Que dire du revenu moyen de l'UE par rapport au reste du monde (représenté par deux extrêmes : les EUA et l'Afrique...)"? "Répondre sans recopier les chiffres du doc, mais en justifiant". Mais c'est un tableau de chiffres : ne pas en citer c’est s'obliger à justifier par le blabla. L'UE est au milieu sera sans doute une réponse acceptée, nous verrons cela demain... Voilà qui va donner du sens !
Les concepteurs du sujet sont donc écartelés eux-mêmes entre la volonté de respecter des programmes intenables et à forcer les profs à les finir, l'impossibilité de mettre en échec des élèves sur ordre des hiérarchies (il faut que l'élève réussisse! c'est un ordre, car c'est une obligation bientôt opposable en justice...), et la complexité de notions toujours plus à la pointe des recherches....
Nous aurons donc droit lundi matin à des injonctions de notes positives sur des questions infaisables.
De la même manière au bac de 1ère S, où une notion-clé, l'économie-monde, est maltraitée par le sujet, son concepteur n'en maîtrisant visiblement pas le sens.... Cela fait beaucoup et devient pour le moins embarrassant pour tout le monde, les élèves en premier lieu, et usant pour le prof qui essaie de faire du mieux possible son boulot.
Mais n'oubliez pas : ce n’est pas un hasard : quand on veut tuer son chien...
dimanche 9 juin 2013
So Young... Don't say it's over!
Si jeune le vieux Neil... Neil Young, 68 automnes, a donné jeudi soir un concert mémorable à Paris.
The Loner n'a rien, avec le Crazy Horse, d'un solitaire. Si le concert fut réussi c'est d'abord parce Neil Young joue avec son groupe. Serrés sur la scène, complices, unis, Neil Young et Crazy Horse ressemblent à ces groupe de jeunes qui répètent au fond d'une cave en rêvant de lendemains meilleurs. Au fond, ils cherchent un état, l'état de transe que procure le rock 'n' roll joué à fond avec une conviction intacte. Le mur sonore établi par le groupe, signature inimitable, fonctionne et provoque l'adhésion. Il faut se laisser porter par le son, qui vous pénètre le corps et le cerveau, vous galvanise et vous inspire.
Si ce concert fut une expérience magique c'est également que Neil Young est un artiste unique, habité, hanté, par des démons, des images et des rêves que transmettent ses chansons. Jouer la musique n'est donc pas une posture mais une nécessité vitale et cela se ressent. La constance qu'il témoigne dans se verve créative en est d'ailleurs un témoignage. Voir les nouvelles chansons que sont Psychedelic Pills, Walk like a giant, Ramada inn s'insérer naturellement aux côtés des classiques Hey Hey My My (into the black), Heart of gold ou Rockin' i n a free world est sidérant.
Le court moment acoustique sur fond de logo Woodstock n'altère pas la tension du concert. Pause sonore, ce n'est pas une facilité gratuite : la citation de Woodstock dans ce contexte n'a rien d'une nostalgie éculée et déplacée. Elle est une mise en abimes, un clin d’œil et une forme de rêve. Aucune faute de goût pour un show très construit à l'évidence mais aucunement formaté, où la joie de jouer et l'improvisation du moment ont leur place. Quant à la mise en scène (techniciens et roadies déguisés, mimant désaccords et altercations), elle rappelle que tout cela est seulement du rock'n'roll et constitue une salutaire mise à distance : Neil Young ne se laisse à aucun moment aller au culte de la personnalité, à la trop facile autocélébration à laquelle cèdent tant de groupes sur le retour ou non. La distance ainsi créée par rapport au show, rappelle que les chansons, la musique, le son encore une fois, constituent l'essentiel, et la quintessence de sa présence, et de la notre. Hormis un "Merci Paris" final de circonstances, nulle adresse démagogique à la foule.
Ses seuls mots à la foule furent insérés au final de Hey, Hey, dernière chanson : "Don't say it's over". Et le rappel significatif, Rockin' in a free world, de se mettre au diapason : la première chose qu'on fit le lendemain matin : remettre encore et encore du Neil Young sur la platine. Keep on rockin', it's not over!
The Loner n'a rien, avec le Crazy Horse, d'un solitaire. Si le concert fut réussi c'est d'abord parce Neil Young joue avec son groupe. Serrés sur la scène, complices, unis, Neil Young et Crazy Horse ressemblent à ces groupe de jeunes qui répètent au fond d'une cave en rêvant de lendemains meilleurs. Au fond, ils cherchent un état, l'état de transe que procure le rock 'n' roll joué à fond avec une conviction intacte. Le mur sonore établi par le groupe, signature inimitable, fonctionne et provoque l'adhésion. Il faut se laisser porter par le son, qui vous pénètre le corps et le cerveau, vous galvanise et vous inspire.
Si ce concert fut une expérience magique c'est également que Neil Young est un artiste unique, habité, hanté, par des démons, des images et des rêves que transmettent ses chansons. Jouer la musique n'est donc pas une posture mais une nécessité vitale et cela se ressent. La constance qu'il témoigne dans se verve créative en est d'ailleurs un témoignage. Voir les nouvelles chansons que sont Psychedelic Pills, Walk like a giant, Ramada inn s'insérer naturellement aux côtés des classiques Hey Hey My My (into the black), Heart of gold ou Rockin' i n a free world est sidérant.
Le court moment acoustique sur fond de logo Woodstock n'altère pas la tension du concert. Pause sonore, ce n'est pas une facilité gratuite : la citation de Woodstock dans ce contexte n'a rien d'une nostalgie éculée et déplacée. Elle est une mise en abimes, un clin d’œil et une forme de rêve. Aucune faute de goût pour un show très construit à l'évidence mais aucunement formaté, où la joie de jouer et l'improvisation du moment ont leur place. Quant à la mise en scène (techniciens et roadies déguisés, mimant désaccords et altercations), elle rappelle que tout cela est seulement du rock'n'roll et constitue une salutaire mise à distance : Neil Young ne se laisse à aucun moment aller au culte de la personnalité, à la trop facile autocélébration à laquelle cèdent tant de groupes sur le retour ou non. La distance ainsi créée par rapport au show, rappelle que les chansons, la musique, le son encore une fois, constituent l'essentiel, et la quintessence de sa présence, et de la notre. Hormis un "Merci Paris" final de circonstances, nulle adresse démagogique à la foule.
Ses seuls mots à la foule furent insérés au final de Hey, Hey, dernière chanson : "Don't say it's over". Et le rappel significatif, Rockin' in a free world, de se mettre au diapason : la première chose qu'on fit le lendemain matin : remettre encore et encore du Neil Young sur la platine. Keep on rockin', it's not over!
dimanche 6 janvier 2013
samedi 5 janvier 2013
Dersou ouzala
Merveilleuse Russie, grande démocratie pleine de ressources et de richesses inexploitées! Ô taïga superbe, ô magique toundra, ô toi, canal de la mer Blanche, temple de l'expression démocratique! Accueille tous nos héros, parias d'un monde libéral décadent, soumis à l'impôt et à sa dictature, à l'immonde redistribution et à la dictature de la règle commune. Ah, merveilleuse Russie, pays qui depuis la nuit des temps vit la liberté régner en Maîtresse, havre des esprits libres comme Diderot en témoignerait encore s'il le pouvait. Catherine, Pierre et Joseph, tes saint patrons sauront trouver les mots pour recueillir les prières de frère Gérard et sœur Brigitte et les réconforter en terre d'exil. Ah, l'exil... Victor Hugo de son lointain îlot (quelques milles marins tout de même), en a parlé mieux que moi. Mais Saint Gégé, qui part avec son Bordeaux élaboré par B. Magrez (de canard) - patron d'une boîte qui estampille 36 vins de toutes régions - tant que ça se vend c'est du bon!-,Saint Gégé (et Sainte Gigitte ) sauront disais-je, en parler mieux que tous! Ah, recueillir le bébé phoque avec les éleveurs de Rennes Nénets de la péninsule du Iamal! Joie toujours renouvelée (à -30° tout de même...lol : BB va comprendre les joies de la fourrure animale)!!! Ah, marcher les pieds dans la neige pendant 5000 km sans rencontrer une loi et toucher la main de Dersou Ouzala! Et dire que le gros Gégé a failli partir en Belgique...
Mais qu'ils s'y cassent tous en Russie, aux îles Caïman, en Bordurie, en Syldavie, peu nous importe : un seul mot : "Casse toi pauvre con!"
Mais tout de même, une chose, une seule : devant tant de conneries, on reste pantois, non?
Mais qu'ils s'y cassent tous en Russie, aux îles Caïman, en Bordurie, en Syldavie, peu nous importe : un seul mot : "Casse toi pauvre con!"
Mais tout de même, une chose, une seule : devant tant de conneries, on reste pantois, non?
jeudi 3 janvier 2013
ben c'est normal....
Спасибо Жерар, спасибо гарей! Он избежал будет кто-нибудь, что случае Депардье, что я говорю дело, скандал, buzzzzzzzzz, когда Депардье, имеет основных заслуг: возвращение каждого его истины и фантастики за то, что они являются: фантастика. Перед этот памятник Депардье, сначала на забастовку, с премьер-министром: и политики быть обнаженной с его бессилие реформы, чтобы осветить ночью и убедить. «Потрепанный», слово это небольшой, но правда там: печальная истина, но за долгое время актер дал путь актера собственной жизни и долгое время Великий Депардье играет Тартюф: актер? Возможно. Бизнесмен и combinard, конечно... Те, кто не хотят видеть он лжет. Это хорошо что homie всем известно что вопросы в небольшой капитализма от французского колониального neo бизнес, давно отказался от искусства дать свиньи.Входит в картину, Великий Гарсия через JDD. Памятник лицемерия, ultimate пытаются пройти для жертвы. № том хочу сказать и забыть все это.Это было то, что довольно семье французского кино стежка нам его кризис и сделать «нервный срыв», сказал Одиар. Семья, которая вспыхивает и он в моем сердце, что вылетает (как ястреб). Кто не хочет взорвать да ТВ перед этот вечер цезарей или поддельные осла конкурировать off прогнозы с помощью водянистые скетчей, все глубже вырезы, зажатого улыбка, фигурные скобки, где угадать желания убить его «партнер соперник лучший друг - моя задница» и унизить его внезапно хороших слов выполняется поднять номер? Кто не хочет вставать и иметь дело с этой «великой семье французского кино» группой жопы полны себя, так уверены в их талант?Torreton славу, нажав где болит, подняли крышку плита где готовят суп в прогорклым маслом и отжига из старых упрямые обиды... Как Торретон статьи звучит как rage доступа, где многие невысказанный взорваться перед лицом своего рода командир слишком любил и поносили. Что такое Torreton? В уроке гражданственности («вы думали что? Есть медаль»), что он совершил военные действия на актера Депардье, бывший и нынешний. И это больно и это больно, и он просто затрагивает. Депардье лечение Montfleury, это маска, которая падает. Сирано стал Laguiche, унижения. И Гарсия остается коитус. Я не буду анализировать молчание, но я немного идея... Тихая Гарсия, его сторонники unleashed: первый soldier, Фабрис Луккини... Держите ' Luchinienne аргумент смешон: «Критиковать Депардье на твердых фильмография». Слышать: «кто это Торретон, который имеет так мало фильмов в бокс-офисе, это даже не "приемлемых", актер, критикуя наш почти pantheonise памятник? И по какому праву?» «Право выражения, большой глупо!»означает, что мы ответить самостоятельно. Луккини лучше говорить на языке других, что например, Селин как свою собственную. Хотя это молчание, потому что этот тип аргумента является настолько прочной, она делает это трогать ее автора. Что такое «твердых» г-н Луккини Фильмография? Играет в P.R.O.F.S.? Сколько фильмов следует удалить, чтобы ваш, так, что она остается нужным, это Фильмография? Ваши фильмы, включая мало в конечном итоге останется в памяти фильма, что-либо, помимо средства к существованию, как еще один? Или более достойными ни меньше, чем у меня...После пытается дать фильм и актеры таким образом это так хорошо служил самостоятельно, было это суп противно, Луккини говорит - и там он остается потрясен: «Я не судить мои друзья.» Этот выход может, она, остаются как revealer личности в то же время демагогических, согласованного и необразованные, который играет с словами с Боулинг, Великий фокусник словесные, если полые внизу. Чтобы не судить его друзей, вы можете иметь много. Мисс решение на данный момент тревожно. Позвольте мне, г-на Джаджа мои друзья с сопереживанием необходимо знать рассказать им мои разногласия, мои опасения или моего разочарования. Но это не вопрос. Торретон не не Депардье как друг. Он не претендует принадлежат к той же семье. Наоборот! Он возвращается к лицу все неуважение, что другие доказательства на съемках, в том числе.Без сомнения немного успокоил этот хромой аргументом, другой поддержки из древесины. Королева-мать, Катрин Денев, имеет сказать свое слово. Relol. «Он не нападает кто-то на его телосложения. Это плохой г-н Torreton». Но друг Торретон не напали Депардье на его телосложения. Он просто использовали г-н Ростан червей в то, что уже не вернуться Депардье: актёр. Второй аргумент: «Если вы жили во время французской революции, я бы имели страх вас». Большой крышкой аргументов от права сегодня все смешать и возвращение к политической вещь. Это как предал и ошибаться. Показать, какой стороне он принадлежит себя: что привилегированными и контрреволюционеров, в то время как сделать аватар революции 2012 и налога измерить Аль-Шехри переехал прекрасно. Но Бернар Арно Тапи и Ле Пен справиться большая игра в данный момент...Богатые привилегированных сегодня emberlificotent верить жертв революционеров 1789, говорит много о их интеллектуальных и политических плачевном состоянии... Но мы всегда будем революционеров 1789! Мы – дети и слава для них и их память!Затем вышли из престижных поддержки: Гад Elmaleh, сам, Чаухан n ° 1 канал плюс кино, находится в его чирикать: 141 признаки это вероятно уже слишком, но он пытается думать: как это короткий... Это не то что в больших лигах сказал Torreton. Он также сделал ничего заявителя. Именно это что он упрекает вы и что вы так плохо, Torreton. Хотите играть с великими мира сего. Торретон спрашивает вам оставаться в вашем месте; Будьте актер делает не права, не привилегия, но вы знаете лучше...Действительно следует прокомментировать слова Артура, этот кукольный телевидения, который считает быть актером, потому что он может себе позволить «один человек шоу» и он держит Председателя Пьер Tchernia 20 лет?Что такое действительно приятным в этот истерический принимая bec идет жить этой семьи прозвище и он показывает, что Торретон получил это право. Осуждая поведение Депардье, там вероятно показали, что многие в нижней части шкалы думать любого нижнего на дворян французского кино. Неуважение, абсолютная власть звезды, денег, Teloché. Во-вторых, он выявил ряд привилегий солидарности, можно сказать и о классе?, или касты?, работа в французского кино. Его окончательное слово «Прощай», звучит как отказ: он знает, что он будет выглядеть для говорили. Неудобство другим власть ужасна и что многих Productions, оно будет отвергнуто: кликов, Даян фильмов Деде и т.д... В семье как в каждой семье есть секреты, чтобы не раскрывать.Oh, около..., который попросил Жерар сумма помощи ЧПУ чьи фильмы, он получил их бюджета при условии вознаграждения звезды? Кто попросил опубликовать счета своих компаний? Все это, мы не говорили. Но он не было сомнений...
mardi 20 novembre 2012
dimanche 21 octobre 2012
mercredi 12 septembre 2012
Copinage
C'est très rare ici, le copinage... : CONCERT "la complainte de Mimi" le 7/10/2012, conservatoire de Clamart, 12 €. Voir par vous-même sur le site www.lacomplaintedemimi.fr
Un spectacle de qualité!
Un spectacle de qualité!
samedi 8 septembre 2012
le cas MK
C'est l'heure! A la veille de la sortie d'un nouvel album de Bob Dylan (le 45è? pour les comptes consultez les encyclopédistes spécialisés),- à la veille disais-je de la nouvelle contribution musicale(?) d'une légende vivante, part entière du patrimoine américain, mais également au lendemain de la sortie d'un double album solo de Mark Knopfler, le moment est venu d'ouvrir le (lourd) dossier Knopfler.
Dylan - Knopfler, loin de moi l'idée de comparer ce qui ne saurait l'être. Le concert commun donné à Bercy l'an passé a montré à quel point les deux artistes n’œuvrent pas dans la même catégorie. Au rocker tout de noir vêtu,évoquant tout à la fois Presley, Johnny Cash et Wooddy Guthrie, à Bob Dylan, donc, avait précédé un musicien appliqué et son groupe folky de techniciens parfaits (hormis une réticence sur la batterie) dont la musique semblait perdue dans Bercy tant sa place était au pub du coin. Ceci dit avec une réelle affection pour cette musique et ce musicien nous le verrons. Trop de choses les séparaient à cet instant pour qu'on puisse oser les comparer (quel sens que la comparaison de toutes façons?). Tout de même, leurs trajectoires se sont plus que croisées : elles se sont parfois (em)mêlées, voire empêtrées- et je saisis l'occasion pour examiner le cas Chou-fleur.
Depuis ses débuts l'ombre de Dylan pèse sur MK. Le fantastique premier opus de Dire Straits a pour beaucoup révélé un guitariste d'exception. Pour ma part je retiens une voix et un songwriter. En jouant (trop?) bien de la guitare, en se positionnant virtuose, MK a lancé Dire Straits sur la voie d'un succès jamais démenti mais pesant et parfois il faut bien le dire embarrassant : devenu machine à tubes et à shows calibrés, le groupe de Folk-pub-rock cool et laid-back des débuts devenait un groupe standardisé avec guest starring obligés (Sting, Clapton, Omar Hakim, Manu Katché etc).
C’est dès les débuts du groupe que Dylan vit peut-être en Knopfler un type capable de relancer sa musique dans une période de double crise (une de plus dans ce parcours non linéaire) musico-commerciale (un creux) et mystique (conversion au christianisme). Il ne le choisit pas par hasard... Leur musique était issue de la même matrice. Au passage, signalons que c’est le moment choisi par David Mc Neil pour écrire Bye Bye Bob Dylan...
Dès lors, les trajectoires de Knopfler et Dylan se croiseraient pour le meilleur (Man gave name to all the animals) et le pire à mon avis (neighborhood Bully) : mais là c’est une question de goût.
Aujourd'hui ils terminent une tournée commune de plus d'un an, dans une ambiance de relative indifférence mutuelle : ils ont néanmoins partagé la scène une fois pour un morceau lors d'un rappel, sur les dizaine de dates de la tournée... Brouillés depuis longtemps, depuis les années Infidels, ils avaient eu l'occasion déjà de repartager la scène et d'aplanir ces différents. Lorsqu'on lui proposa cette tournée, MK bien qu'il était en plein enregistrement, répondit : on ne refuse pas une tournée avec le maître.
Car c'est bien de cela dont il s'agit. Depuis longtemps MK a décidé de rechausser ses vieilles galoches d'artisans chansonnier, sur la route du patrimoine d'une musique anglo-saxonne, débarrassée de ses scories pop : back to the roots en quelque sorte. Et question patrimoine le père Dylan en connaît un rayon puisque, non content de le revisiter parfois, il le recrée en permanence! Mais MK est britannique, et du nord en plus. Le patrimoine pour lui inclut aussi la musique des Dubliners et des Chieftains. Chacun son histoire! Depuis qu'il a mis Dire Straits au rencart, Chou-fleur a entrepris de désosser sa musique. Son retour aux racines reste dans ses premiers albums marqués par un tropisme du solo de guitare qu'on ne saurait lui reprocher tant son jeu est spécifique et marqué par le goût du silence. On lui sait gré de faire son chemin à l'écart des modes, des systèmes commerciaux. J'enregistre, je joue ce que j'ai envie. Il est en position de le faire et ne s'en prive guère. Certaines de ses galettes étaient déjà très marquées par un retour au blues : je pense à The Ragpicker's dream notamment. Avec son double album Privateering, MK réalise un authentique disque de blues et de musique traditionnelle. La scansion blues est omniprésente, et domine l'ensemble. Knopfler joue comme les maîtres des années Trente et d'après guerre. L'apport de l'harmoniciste Kim Wilson, et la présence du pianiste Jim Cox, sont décisives ici. Quand à Knopfler il n'a besoin que de son talent pour dire le blues à la guitare. C'est d'ailleurs du point de vue instrumental le grand retour du bottleneck et de la slide guitare qu'il avait quelque peu délaissée.
Autour de nombreux purs et durs blues rocailleux quelques morceaux Irish et de très grandes chansons où la voix domine. Une voix qui à l'inverse de celle de Dylan est d'une constance et d'une profondeur ahurissante.
Les pépites de cet album? De très grandes chansons : Redbud Tree dont le court solo montre l'incroyable talent de musicien de Knopfler; Privateering, sorte de Folk- Blues celtique; Go, Love une magnifique chanson d'amour; Yon two crows et Dream of the Drowned Submariner sont des morceaux où Knopfler semble laisser courir son inspiration de conteur très particulier; et ils sont superbes.
Les blues, disais-je dominent l'ensemble, tantôt urbains, tantôt delta, certains jazzy : Don't forget your hat, Miss you blues, Hot or What, Gator Blood, Bluebird, Blood or Water, Today is Okay, After the Beanstalk : tous ces morceaux s'inscrivent dans une tradition de la musique américaine, et la plus belle.
Sans prétendre à la position iconique de la légende Dylan, Knopfler parvient à tracer sa route sur le chemin d'une musique qui à bien des égards leur est commune, et qui in fine, par delà leurs caractères, les réunit. Voilà j'ai réussi à dire ce qui me vient en définitive : c'est que ces deux-là sont sur la même route. Sur la Route...
Dylan - Knopfler, loin de moi l'idée de comparer ce qui ne saurait l'être. Le concert commun donné à Bercy l'an passé a montré à quel point les deux artistes n’œuvrent pas dans la même catégorie. Au rocker tout de noir vêtu,évoquant tout à la fois Presley, Johnny Cash et Wooddy Guthrie, à Bob Dylan, donc, avait précédé un musicien appliqué et son groupe folky de techniciens parfaits (hormis une réticence sur la batterie) dont la musique semblait perdue dans Bercy tant sa place était au pub du coin. Ceci dit avec une réelle affection pour cette musique et ce musicien nous le verrons. Trop de choses les séparaient à cet instant pour qu'on puisse oser les comparer (quel sens que la comparaison de toutes façons?). Tout de même, leurs trajectoires se sont plus que croisées : elles se sont parfois (em)mêlées, voire empêtrées- et je saisis l'occasion pour examiner le cas Chou-fleur.
Depuis ses débuts l'ombre de Dylan pèse sur MK. Le fantastique premier opus de Dire Straits a pour beaucoup révélé un guitariste d'exception. Pour ma part je retiens une voix et un songwriter. En jouant (trop?) bien de la guitare, en se positionnant virtuose, MK a lancé Dire Straits sur la voie d'un succès jamais démenti mais pesant et parfois il faut bien le dire embarrassant : devenu machine à tubes et à shows calibrés, le groupe de Folk-pub-rock cool et laid-back des débuts devenait un groupe standardisé avec guest starring obligés (Sting, Clapton, Omar Hakim, Manu Katché etc).
C’est dès les débuts du groupe que Dylan vit peut-être en Knopfler un type capable de relancer sa musique dans une période de double crise (une de plus dans ce parcours non linéaire) musico-commerciale (un creux) et mystique (conversion au christianisme). Il ne le choisit pas par hasard... Leur musique était issue de la même matrice. Au passage, signalons que c’est le moment choisi par David Mc Neil pour écrire Bye Bye Bob Dylan...
Dès lors, les trajectoires de Knopfler et Dylan se croiseraient pour le meilleur (Man gave name to all the animals) et le pire à mon avis (neighborhood Bully) : mais là c’est une question de goût.
Aujourd'hui ils terminent une tournée commune de plus d'un an, dans une ambiance de relative indifférence mutuelle : ils ont néanmoins partagé la scène une fois pour un morceau lors d'un rappel, sur les dizaine de dates de la tournée... Brouillés depuis longtemps, depuis les années Infidels, ils avaient eu l'occasion déjà de repartager la scène et d'aplanir ces différents. Lorsqu'on lui proposa cette tournée, MK bien qu'il était en plein enregistrement, répondit : on ne refuse pas une tournée avec le maître.
Car c'est bien de cela dont il s'agit. Depuis longtemps MK a décidé de rechausser ses vieilles galoches d'artisans chansonnier, sur la route du patrimoine d'une musique anglo-saxonne, débarrassée de ses scories pop : back to the roots en quelque sorte. Et question patrimoine le père Dylan en connaît un rayon puisque, non content de le revisiter parfois, il le recrée en permanence! Mais MK est britannique, et du nord en plus. Le patrimoine pour lui inclut aussi la musique des Dubliners et des Chieftains. Chacun son histoire! Depuis qu'il a mis Dire Straits au rencart, Chou-fleur a entrepris de désosser sa musique. Son retour aux racines reste dans ses premiers albums marqués par un tropisme du solo de guitare qu'on ne saurait lui reprocher tant son jeu est spécifique et marqué par le goût du silence. On lui sait gré de faire son chemin à l'écart des modes, des systèmes commerciaux. J'enregistre, je joue ce que j'ai envie. Il est en position de le faire et ne s'en prive guère. Certaines de ses galettes étaient déjà très marquées par un retour au blues : je pense à The Ragpicker's dream notamment. Avec son double album Privateering, MK réalise un authentique disque de blues et de musique traditionnelle. La scansion blues est omniprésente, et domine l'ensemble. Knopfler joue comme les maîtres des années Trente et d'après guerre. L'apport de l'harmoniciste Kim Wilson, et la présence du pianiste Jim Cox, sont décisives ici. Quand à Knopfler il n'a besoin que de son talent pour dire le blues à la guitare. C'est d'ailleurs du point de vue instrumental le grand retour du bottleneck et de la slide guitare qu'il avait quelque peu délaissée.
Autour de nombreux purs et durs blues rocailleux quelques morceaux Irish et de très grandes chansons où la voix domine. Une voix qui à l'inverse de celle de Dylan est d'une constance et d'une profondeur ahurissante.
Les pépites de cet album? De très grandes chansons : Redbud Tree dont le court solo montre l'incroyable talent de musicien de Knopfler; Privateering, sorte de Folk- Blues celtique; Go, Love une magnifique chanson d'amour; Yon two crows et Dream of the Drowned Submariner sont des morceaux où Knopfler semble laisser courir son inspiration de conteur très particulier; et ils sont superbes.
Les blues, disais-je dominent l'ensemble, tantôt urbains, tantôt delta, certains jazzy : Don't forget your hat, Miss you blues, Hot or What, Gator Blood, Bluebird, Blood or Water, Today is Okay, After the Beanstalk : tous ces morceaux s'inscrivent dans une tradition de la musique américaine, et la plus belle.
Sans prétendre à la position iconique de la légende Dylan, Knopfler parvient à tracer sa route sur le chemin d'une musique qui à bien des égards leur est commune, et qui in fine, par delà leurs caractères, les réunit. Voilà j'ai réussi à dire ce qui me vient en définitive : c'est que ces deux-là sont sur la même route. Sur la Route...
samedi 1 septembre 2012
Et le changement c'est quand?
Nous ne sommes pas naïfs. Nous savons bien qu'un président n'a pas le pouvoir de créer trois millions d'emploi stables pour résorber une crise internationale tout en réduisant les déficits....
Nous savons aussi que le changement demande du temps.
Mais tout de même : trois mois après l'élection présidentielle on se demande ce qui a changé, à part le pantin sur le trône. Le vocabulaire? un petit peu. C'est pas rien mais c'est pas grand chose. Sur le fond c'est rigoureusement la même chose. Les Roms se font virer plus sous Valls que sous Guéant-Hortefeux. Les policiers continuent leurs bavures. La rentré foire dans les bahuts. Les licenciements tombent à la pelle. Alors le changement c'est quoi et c'est quand?
La réalité, c'est que Valls n'est pas plus ministre de l'Intérieur que Guéant ne l'était. Depuis 10 ans le ministre déguisé c'est tantôt le gros Alain Bauer et ses combines (dernière en date se faire nommer sur une chaire de criminologie fraichement créée en catimini entre les deux tours de la Présidentielle), tantôt le patron fabricant de radars routiers et d'éthylotests...
La réalité c'est que le ministre de la culture c'est pas le ou la titulaire en titre mais plutôt tel ou tel mécène, tel ou tel publicitaire, M. Niel ou M. Bouygues.
La réalité c'est que le ministre de l'économie c'est pas Sapin ou Lagarde mais tel ou tel PDG des grands groupes consanguins du capitalisme français, qui se partagent les sièges aux CA de leurs boîtes respectives pour faire sonner les jetons de présence.
La réalité c’est qu'il n'y a pas de ministre de l'environnement en France.
La réalité c'est que le Ministre de l'Education, quelle que soit sa couleur politique, est aux ordres de l'OMC et des organisations internationales pour faire triompher les standards utilitaristes anglo-saxons.
La réalité c'est que personne ne veut réellement que l'économie solidaire ne s'impose comme alternative : circuits courts de distribution, filières écolos, rien n'est fait.
La réalité c'est que l'audiovisuel public est aux mains du privé, via les annonceurs et les producteurs.
La réalité c'est que la politique de santé, fleuron du modèle français, N°1 selon l'OMS, est en train d'être détruite par les objectifs dits de rentabilité : malades soyez rentables!
La réalité c'est que les professionnels du secteur ne veulent pas résoudre la crise du logement. Des prix hauts, des loyers impossibles à payer, des standards aberrants (le p'tit pav' bouffe terrain "loin de la ville mais pas trop près de la campagne", anti-écologique au possible)...
La réalité c'est que le non-cumul des mandats ne passera pas parce que le sénat est passé à gauche : un comble!
La réalité c'est que le Premier Minsitre Ayrault va faire construire un nouvel aéroport à Nantes pour faire plaisir à M. Ayrault, ex maire de Nantes, comme Valls a fait virer les Roms d'Evry pour faire plaisir à M. le Maire d'Evry, ex premier adjoint du maire d'Evry, un certain M. Valls...
La réalité c'est que dire ne suffit pas en politique, Monsieur Hollande, Monsieur Ayrault... Si le changement n'est qu'un mot, si changer de vocabulaire vous suffit, cela ne saurait satisfaire la grande majorité de ceux qui vous ont porté à la tête de l'Etat et du gouvernement... gare au retour de bâton.
La crise n'est pas un mot qui doit masquer toutes nos incapacités, toutes les mauvaises volontés ou pire la non-volonté de changement.
Nous savons aussi que le changement demande du temps.
Mais tout de même : trois mois après l'élection présidentielle on se demande ce qui a changé, à part le pantin sur le trône. Le vocabulaire? un petit peu. C'est pas rien mais c'est pas grand chose. Sur le fond c'est rigoureusement la même chose. Les Roms se font virer plus sous Valls que sous Guéant-Hortefeux. Les policiers continuent leurs bavures. La rentré foire dans les bahuts. Les licenciements tombent à la pelle. Alors le changement c'est quoi et c'est quand?
La réalité, c'est que Valls n'est pas plus ministre de l'Intérieur que Guéant ne l'était. Depuis 10 ans le ministre déguisé c'est tantôt le gros Alain Bauer et ses combines (dernière en date se faire nommer sur une chaire de criminologie fraichement créée en catimini entre les deux tours de la Présidentielle), tantôt le patron fabricant de radars routiers et d'éthylotests...
La réalité c'est que le ministre de la culture c'est pas le ou la titulaire en titre mais plutôt tel ou tel mécène, tel ou tel publicitaire, M. Niel ou M. Bouygues.
La réalité c'est que le ministre de l'économie c'est pas Sapin ou Lagarde mais tel ou tel PDG des grands groupes consanguins du capitalisme français, qui se partagent les sièges aux CA de leurs boîtes respectives pour faire sonner les jetons de présence.
La réalité c’est qu'il n'y a pas de ministre de l'environnement en France.
La réalité c'est que le Ministre de l'Education, quelle que soit sa couleur politique, est aux ordres de l'OMC et des organisations internationales pour faire triompher les standards utilitaristes anglo-saxons.
La réalité c'est que personne ne veut réellement que l'économie solidaire ne s'impose comme alternative : circuits courts de distribution, filières écolos, rien n'est fait.
La réalité c'est que l'audiovisuel public est aux mains du privé, via les annonceurs et les producteurs.
La réalité c'est que la politique de santé, fleuron du modèle français, N°1 selon l'OMS, est en train d'être détruite par les objectifs dits de rentabilité : malades soyez rentables!
La réalité c'est que les professionnels du secteur ne veulent pas résoudre la crise du logement. Des prix hauts, des loyers impossibles à payer, des standards aberrants (le p'tit pav' bouffe terrain "loin de la ville mais pas trop près de la campagne", anti-écologique au possible)...
La réalité c'est que le non-cumul des mandats ne passera pas parce que le sénat est passé à gauche : un comble!
La réalité c'est que le Premier Minsitre Ayrault va faire construire un nouvel aéroport à Nantes pour faire plaisir à M. Ayrault, ex maire de Nantes, comme Valls a fait virer les Roms d'Evry pour faire plaisir à M. le Maire d'Evry, ex premier adjoint du maire d'Evry, un certain M. Valls...
La réalité c'est que dire ne suffit pas en politique, Monsieur Hollande, Monsieur Ayrault... Si le changement n'est qu'un mot, si changer de vocabulaire vous suffit, cela ne saurait satisfaire la grande majorité de ceux qui vous ont porté à la tête de l'Etat et du gouvernement... gare au retour de bâton.
La crise n'est pas un mot qui doit masquer toutes nos incapacités, toutes les mauvaises volontés ou pire la non-volonté de changement.
à sang
"Marseille n'est pas à feu et à sang" dit le préfet. Il a raison. Marseille est juste "à sang".
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