mouette

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samedi 1 mai 2021

Premier mai...

 Le 1er mai, jour férié,... A quoi correspond ce jour nommé "fête du travail"? Il apparaît aux Etats-Unis dans les années 1880 : des milliers de travailleurs choisissent ce jour pour faire grève et réclamer la journée de huit heures. C'est le "labor day". Les répressions fréquentes vis à vis des travailleurs en grève ce jour-là n'ont fait que renforcer la mobilisation qui devient internationale en 1890.

En France, certains 1er mai sont restés célèbres : le 1 mai 1891 la troupe tire sur les grévistes à Fourmies. 
Le 1er mai 1936 tombe entre les deux tours de l'élection législative qui porte le Front Populaire au pouvoir, gouvernement de Blum qui permettra de nombreux acquis sociaux majeurs dont les 40 heures de travail hebdomadaire et les congés payés. Entre-temps, en 1919, la journée de 8 heures, sur 6 jours hebdomadaires, a été acquise.
Le 1er mai 2002 c'est une manifestation très politique puisqu'elle intervient entre les deux tours d'une élection Présidentielle où M. Le Pen est qualifié pour le second tour suite à une abstention record et un éparpillement des voix de gauche défavorable à M. Jospin (PS). 1,5 million de personnes manifestent dont 400 000 à Paris en signe de protestation. Le second tour porte M. Chirac au pouvoir avec plus de 82% des voix.
Le 1er mai est donc une journée particulière qui célèbre les luttes des travailleurs. En ces temps confinés  qui semblent infinis, comment participer intellectuellement au 1er mai, sinon en écoutant des chansons de lutte? Je vous en présente quelques-unes...

La Commune de Paris (1870/71)  est un moment intense de création musicale (notamment avec les chansons de Pottier).

Marc Ogeret et le groupe 17 ont enregistré ces chansons, certes datées, mais qui montrent bien comment la lutte des classes a pu imprégner la culture populaire....

Une chanson de Paul Brousse, le drapeau rouge, "rouge du sang de l'ouvrier...", 1877. Ici interprétée par Francesca Solleville, en 1972, avec la variante des paroles de 1885 par Achille Le Roy...
Une chanson très connue pour être communarde n'en est pas moins simplement qu'une magnifique chanson d'amour : le temps des cerises. ici interprétée par Yves Montand, Ivo Livi, fils d'Italien, devenu icône du cinéma français et de la chanson...
On peut préférer une version plus sobre par Mouloudji, ici...
Ou plus récente par Juliette Greco..... (1986)
La révolution est le thème de nombreuses chansons : je choisis une chanson d'un autre émigré, Georges Moustaki : Sans la nommer (création 1969, reprise 1979)
La chanson la plus emblématique est  bien entendu l'hymne composé par Pottier (paroles, 1877) et Degeyter (musique, 1888) et ici chantée par Marc Ogeret, l'Internationale. (1970)
Tous ces chants de lutte vivent à travers manifestations et versions réactualisés.
Il est intéressant de faire l'histoire des chansons et de ce qu'elles deviennent. Ainsi, certaines chansons détournées de leur sens initial comme le Chant des partisans, initialement chanson de résistance, donc de guerre, devenue avec Zebda une chanson de lutte sociale! Voici la version de la créatrice Ana Marly (1943) et celle de Zebda et du collectif Motivés! un demi siècle plus tard en 1997...

Saez, lui, réinvente le premier mai dans une magnifique chanson : Premier mai. (2017) Certes pas consensuelle du tout, la chanson est tout à la fois très violente et très tendre....

Il est aussi des chansons moins directement revendicatives mais qui, à leur manière, participent de luttes sociales... Ah le travail....
Travailler c'est trop dur.... (version Alpha Blondy and the Wailers, (le groupe de Bob Marley...) en 1986)

Sur la tradition du muguet, sachez qu'elle remonte au 16e siècle et qu'elle fête simplement, le printemps! Et vive le printemps et les fleurs. Pour les chansons sur les fleurs il faudra attendre un autre jour! ouf....

mercredi 28 avril 2021

Y a comme un lien...

  "Il y a un lien entre immigration et terrorisme"... La phrase de Pécresse qui veut sonner comme une vérité d'évidence à l'oreille de l'opinion, dans un contexte dramatique d'assassinat et d'appel séditieux de militaires d'extrême droite en retraite, est tout à la fois débile, grossière et vraie, mais pas "vraie" comme l'entend Valérie. D'ailleurs, appelons-là "Valoche", tant il est vrai qu'elle même, aime à réduire la femme dans un rôle traditionaliste de femme au foyer qui ne doit pas jouir de son corps à volonté (voir ici ses déclarations et soutiens aux mouvements proches de la manif' pour tous ou encore son fameux "les femmes y'a qu'ça de vrai pour le ménage"). Mais on s'éloigne. Quoique…

Dire "il y a un lien entre immigration et terrorisme" c'est aussi débile (simplet, pas intelligent, nul) que dire "l'eau bouillante est très chaude" : ça ne veut rien dire mais c'est rempli de sous entendus : faites gaffe, vous allez vous brûler. 

C'est grossier : ça résume le fait complexe en un élément simplifié, donc faux. 

Mais c'est vrai aussi... Aussi vrai que : "il y a un lien entre immigration et succès en coupe du monde (ZIZOOOOOUUUUUUUUU)". 

Vrai comme : "Il y a un lien entre immigration et création artistique (Ionesco, Chagall, Noureev, Ousmane Sow, Kader Belarbi, Djamel Debbouze, j'en passe)"; 

Egalement vrai comme "il y a un lien entre immigration et morts pour la France" (les tirailleurs Sénégalais et les bataillons d'Indochinois par exemple...)

Vrai comme : "il y a un lien entre colonisation et immigration"... ("ah oui, merde, j'y avais pas pensé..." et Valoche de se frapper le front... Ah, Valoche!) 

C'est vrai donc, car il y a un lien entre immigration et société et il y a un lien entre société et terrorisme. 

A ce stade donc, on n'a pas avancé d'un pouce. Valoche n'a rien dit d'autre qu'une banalité poussée en amalgame,  destinée à faire peur, c'est là son tort, et il est immense. Dans sa famille politique, Villiers, le fou du Puy, dit les mêmes âneries et les militaires séditieux de Valeurs Actuelles aussi, sur les "hordes de banlieue" qui envahissent la France... 

Ces crétins pensent que l'immigration est une invasion?. Que pensent-t-ils de l'immigration celtique, de l'immigration franque, de la venue des Percherons en Acadie? Nul ne sait et ne saura jamais, car là-dessus, étrangement, ils se taisent. Par contre, moi, j'ai entendu dire qu'il y avait un lien entre Villiers et Xavier Dupont de Ligonnès : l’ultra-catholicisme traditionaliste fascisant et la sodomie intra-familiale. 

La vérité Philippe, c'est que les migrations sont un fait historique, que cela fait longtemps qu'on ne dit plus "invasions barbares" pour en parler, à l'époque des IVe-Ve siècles de notre ère... et que tu tries les faits comme ils t'arrangent... Mais ils sont têtus les faits...

Ceux qui, comme Zemmour, font croire que le français existe par sa présence sur le sol dans un temps long se trompent : Ou alors, ils assument- vraiment- l'encéphalophagie des Gaulois. Un peu de cervelle humaine dans ta bouillie, Eric, pour te donner des idées?

Les pays européens comme la plupart de tous les autres continents d'ailleurs,  sont le résultat d'empilages, de croisements, d'arrivées, de départs qui créent de nouvelles arrivées : bref une tambouille que l'extrême droite ne peut pas aimer, car c'est un peu épicé. Faire le lien entre colonisation et immigration c'est dire juste que, oui, nos invasions des Caraïbes, de l'Afrique, de l'Asie du Sud Est ont donné lieu en retour à des arrivées sur nos sols.  Et que dire de l'immigration des 2 derniers siècles en France ? Une invasion, les Polonais qui reconstruisirent la France dans les années 1920? Certains naturalisés par la République furent déportés par Vichy et les potes à Zemmour. Clamart s'en souvient d'ailleurs (voir ici). Une invasion, les Italiens appelés en masse par l'OFI en 1946? Une invasion tous ces Maghrébins qui ont construit nos banlieues et nos bagnoles de leurs mains dans les années 1950/60? Une invasion, les Arméniens que la France doit se vanter d'avoir accueilli après 1915? Ceux qui tiennent de tels propos devraient rougir de honte. Ce serait la fierté du pays de poursuivre une telle politique...

Comprendre la complexité du monde, sa barbarie et ses valeurs c'est accepter, déjà, la multiplicité, les différences. Chose impossible à l'intégriste qu'il soit catho lefebvriste, islamiste radical, juif borné ou athée intolérant. Impossible aussi, au facho masqué de sa pseudo-respectabilité, qui en plein conseil municipal, en pleine crise pandémique, alors que des centaines de migrants se noient chaque semaine en méditerranée s'écrie : "Refugees not welcome".

Ces propos, Valoche, sont dangereux et irresponsables en réalité... comme ceux qui déforment la citation de Paul Ricoeur prononcée par un procureur mesuré lors du procès des voyous de Viry Châtillon.  Je sais bien que le contexte électoral est favorable à la bêtise mais tout de même. Il y a des impensés - ou pire, de vraies pensées,- inacceptables derrière ces mots. Que prouvent ces zélés alliés des fachos? Que les terroristes n'ont pas le monopole de la connerie. Et qu'il y a un lien entre terrorisme et nationalisme...

Oui, tout est lié en vérité : Pécresse et Le Pen, les militaires séditieux et Villiers, Zemmour et C8, le maire de Clamart et les précédents. Il y a un lien aussi entre Le Pen et les terroristes tant ces derniers font le jeu de la première. On sait trop bien qu'elle l'attend l'horrible attentat électoraliste. Il y a un lien aussi entre la sécheresse et les migrations, entre le réchauffement climatique et les  millions de réfugiés environnementaux présents et à venir, entre les inégalités folles du capitalisme mondialisé et les déplacements de population, entre les révoltes sociales et ce même capitalisme fou. Pécresse, Le Pen, Pfizer, même combat...  



dimanche 25 octobre 2020

C'est facile de s'moquer

"C'est facile de se moquer" chantaient les Wampas (écouter ici), groupe cultissime dont on n'a pas fini d'analyser l'œuvre. Mais on me demande souvent "mais pourquoi se moquer?" . Et, en ce moment, l'interrogation est fondamentale quand on mesure le degré de violence que peut générer la caricature, en particulier religieuse. Je ne suis pas un spécialiste de la question, mais, néanmoins, en tant qu'enseignant d'EMC, c'est un sujet sur lequel je me penche avec beaucoup d'attention et de sérieux. En tant qu'écrivaillon aussi, car il faut être, je crois, responsable de ce que l'on écrit. 

Sur la moquerie, il faut partir de la liberté d'expression et des formes d'expression. Rire est un combat (voir le livre Rire de Résistance de JM Ribes) et c'est une des manières de se battre pour des idées que de rire de celles des autres. La loi encadre la liberté d'expression, fort heureusement. Et elle l'encadre plutôt intelligemment en France, je crois : en cherchant à laisser la plus grande liberté possible mais en interdisant les formes de nuisances individuelles ou collectives : la diffamation, l'injure publique (et même privée), la discrimination, l'appel à la violence... Tout n'est donc pas autorisé. Néanmoins, le champ de la liberté reste très large et aucun domaine n'est sacralisé ou sanctuarisé, avec un panneau "interdit d'en rire". C'est heureux.

Sur la question religieuse, le sujet est, on le sait, ultra sensible. On peut se demander pourquoi cette sensibilité semble plus forte aujourd'hui qu'avant (mais cela reste à démontrer et je parle de l'époque récente : avant, rire du religieux te menait au bûcher, sans autre forme de procès... Rappelez vous des Monthy Python et de leur film Sacré Graal : "a witch! Burn!"). Là n'est pas le  problème le plus important. Le problème est de savoir si la question religieuse, parce qu'elle est religieuse, serait à épargner du rire, de la moquerie. Dans un pays laïc comme la France, la réponse est finalement simple : Sacraliser la question de conscience serait une atteinte au principe même de laïcité : celui-ci repose en effet sur 3 piliers : la liberté de conscience (croire comme ne pas croire); l'égalité des postures nées de cette liberté; la neutralité de l'Etat pour ne pas briser cette égalité et cette liberté. Dès lors, oui on peut se moquer de la chose religieuse. 

Mais à quoi ça sert me demande-t-on? Et bien, pour certains, à exister. A faire vivre la pensée; à militer; à réfléchir et faire réfléchir. Et, souvenez-vous des sorcières, finalement c'est un progrès...  Tout bien pesé, d'ailleurs,  il est peut-être moins dangereux pour la religion de se faire caricaturer, que de devoir faire face à une critique ou à une réfutation élaborée des textes et des principes théologiques. La puissance de la caricature, de la moquerie verbale ou dessinée, est certes importante, car grinçante, mais finalement limitée. Bien sûr, l'expression caricaturale est souvent tendancieuse. Mais que serait une liberté d'expression non tendancieuse? les opinions peuvent être défendues. C'est le principe même de la contradiction démocratique. 

Lorsque je dis une phrase (non verbale)  comme "Dieu, quelle drôle d'idée!", j'exprime mon opinion d'athée : je le fais de manière inacceptable pour les croyants: Dieu ne serait qu'une idée, non un fait, par conséquent j'affirme haut et fort qu'il n'existe pas (sauf à considérer que "l'idée crée l'essence même de la chose pensée" - et pourquoi pas?-,  mais là je suis au-delà de ce que je veux traiter). Je dis, qui plus est, que c'est vraiment bizarre de l'avoir inventé! Mais si l'on m'interdisait de le faire sous prétexte de ne pas choquer le croyant, quelle serait ma liberté de penser l'athéisme? Il faut donc se faire à l'idée que la moquerie est une forme d'expression, qui comme toute forme d'expression à des limites, bien définies d'ailleurs par la loi et par la jurisprudence. Que caricaturer tel ou tel prophète, ce n'est pas s'en prendre au croyant, mais c'est simplement faire vivre un droit. 

Alors, le confort des uns, les croyants, doit-il imposer la limite à tous? La Cour européenne des droits de l'homme semble pencher en ce sens et a conforté la notion de blasphème dans un arrêt récent "au nom de la paix religieuse". C'est un concept dangereux pour les libertés car on pourrait étendre cela à la paix sociale etc. Et comment définir la notion de "paix", religieuse ou autre. Le conflit des idées est nécessaire et doit juste être encadré par des règles qui assurent à la fois l'ordre social et la plus grande liberté possible. Qui crée le désordre social ? le caricaturiste ou l'assassin?  Vous connaissez ma réponse si vous avez suivi mon raisonnement.

Et le confort ainsi obtenu serait déjà la défaite de la laïcité, l'inégalité totale des postures de conscience. Nous avons donc comme responsabilité et devoir de nous  laisser ce pouvoir : nous moquer les uns et des autres ! Et cela commence par soi-même... 

En effet, relativiser sa posture, au regard de celle d'autres est parfois nécessaire. Se voir petit, pour éviter d'écraser les autres. Mais là on est dans une position morale. Et c'est évidemment une des clés. 

Quelle attitude morale responsable adopter ? Rappelons que Charlie Hebdo n'élude pas le problème, il y répond : il se sous-titre "journal irresponsable". Il assume donc une posture amorale. Lire Charlie, regarder une caricature de ce journal, c'est savoir ce que l'on fait. Le journal ne prend pas le lecteur en traître. Il s'est également sous-titré "journal bête et méchant". Beaucoup oublient de lire cela. Mais en se revendiquant "bête, méchant et irresponsable",  Charlie Hebdo montre bien le registre qu'il va employer. En ce sens d'ailleurs, en nous prévenant, il est très responsable, soit dit en passant. On n'en dira pas autant de toutes les publications de presse qui se montrent bien souvent sous un jour respectable, pour asséner des positions très clivantes et caricaturales, mais des caricatures qui ne disent pas leur nom... 

La caricature comme nature de dessin est déjà en soit une forme bien particulière d'expression : elle est par nature "exagération". Comme la blague est censée faire rire, la caricature ne prétend pas être vraie et assume sa fausseté. Le dessinateur n'est pas responsable de l'immaturité de ses lecteurs et de son public. Doit-il s'abstenir? 

On me répond que la bienveillance pourrait être une solution apaisante. Certes, mais qu'est-ce que la bienveillance? Une simple pratique, une attitude, très louable dans ses intentions, et certainement bénéfique à chacun dans les rapports sociaux immédiats. Cela reste une attitude morale et non une possibilité de droit. On ne peut mettre en loi "l'attitude bienveillante" sauf à restreindre drastiquement le champs de la liberté. Concrètement, nous en sommes là à l'école et à l'hôpital par exemple : comment faire face à une attitude dicté par un motif religieux alors même que ce sont des lieux de neutralité du personnel? Être bienveillant? Rappeler la loi? Et jusqu'à quel point? Remplir notre mission ou non? 

Sur le fond, la bienveillance peut aussi, selon vers qui elle se tourne, être une forme de complicité. C'est bien d'ailleurs sur ce point que la classe politique s'étripait alors même que le pauvre Samuel Paty n'était pas encore inhumé... 

Il n'y a aucune bienveillance à avoir avec le fondamentalisme religieux. J'ai dit avec les fondamentalistes, ce qui est différent d'avec "la communauté des croyants". Le fondamentalisme, quelle que soit la religion monothéiste du Livre considérée, est une recherche de pureté dans un texte originel fantasmé. Cette pureté est totalement absurde (Chocking!) quand on considère l'élaboration historique de ces textes. Il ne faut pas être spécialiste pour savoir que la Bible est une compilation phénoménale de textes sur des siècles, que le Nouveau Testament est lui aussi le résultat d'un long, très long, travail post mortem, et que le Coran itou. Que l'interprétation et l'exégèse sont des vraies sciences et que prétendre  que "le prophète a dit ça" ou "Jésus a dit ça", c'est idiot du point de vue textuel...Attitude dangereuse qui a des intentions politiques ou sociales et qu'il faut combattre. 

Ici je laisse mon ami, JLS, m'interpeller sur la bienveillance : "Tu mentionnes la bienveillance mise en avant dans notre période pour régler les tensions. Je crois que cette notion porte confusion. Elle ne règle rien, elle ne peut permettre qu'un chemin moins violent pour aller vers un règlement du conflit.

La bienveillance permet d'identifier et de tenter d'apaiser les réactions émotionnelles, limbiques, passionnelles qui émergent du fond de soi . Ensuite elle permet de comprendre que ces tempêtes envahissent "l'autre" également.

Alors seulement peut émerger la vraie question " et maintenant comment on fait avec ce bordel entre nous ?" Il faut alors mobiliser la compétence complémentaire à la bienveillance : la créativité.

Pour que cela puisse fonctionner il faut que les deux "belligérants" déterminent avant tout un cadre éthique qui va encadrer la décision. La non violence en est un. La violence un autre.

Parfois l'accord n'est pas possible : tempérance, patience, et dialogue seront les ferments d'une solution. Ou pas .....

La non bienveillance peut amener au même endroit mais en rajoutant la souffrance .

La bienveillance n'est ainsi pas une solution mais une méthode ."

Je souscris à ce qui est précisé ici!

Au point où nous en sommes, nous voyons bien que la question du droit (ce qui est autorisé ou non) est insuffisante (mais nécessaire) à régler nos problèmes. Il est question de morale (ce que je juge bon pour moi et la société) et donc d'éthique (principes sur lesquels je fonde ma morale). Quelle éthique pourrait nous mener à une morale de l'abstention de la liberté? Le respect de l'autre, mais au point de ne plus me respecter moi, de nier mes propres idées? Ce serait une contradiction fondamentale. Il n'y a pas d'accord sur une éthique fondamentale universelle. La diversité religieuse le montre, car, au fond, que sont les religions sinon des tentatives de trouver une éthique et une morale? Lorsque le droit se soumet à telle ou telle, il lui accorde une primauté insupportable aux autres. Voilà pourquoi seule une éthique laïque est propre à régler nos désaccords et à fonder du droit. Telle est ma conviction. 

Et pour rire un peu, relisons Manu Larcenet, Saint Manu.




vendredi 23 octobre 2020

Les aboyeurs

Ils parlent fort, vite et coupent la parole des autres. Ils clament des "vérités d'évidence" puisées dans les tréfonds des discussions d'ivrognes au bistrot du coin ou dans telle pseudo revue "scientifiques". Font valider ça avec trois chiffres, sortis par tel "expert" autoproclamé. Ils caricaturent les avis divergents et refusent les nuances. Ils adorent les micro-trottoir cette sous méthode de propagande de journalistes fainéants. Ils raffolent des formules toutes faites. Ils sont dangereux. Ce sont des aboyeurs. Praud, Zemmour, Brunet… 

Le débat chez eux n'est qu'une litanie de provocations, de condamnations publiques  : des "fatwas", finalement,  pour prendre un vocabulaire qu'ils détestent et qui leur chatouillera l'ego. Ils ont leurs idiots utiles, tel ou tel penseur néo réactionnaire qui, hors Saint Germain des Prés, aiment fréquenter Arcachon et le Cap Ferret, Deauville -mais pas trop longtemps- et surtout aiment se regarder à la télévision, dernier miroir qui les flatte. Cela fait longtemps que celui de leur salle de bains ne leur renvoient que leurs rides, leurs cheveux blancs et l'amertume de carrières ratées : les Bruckner et consorts. 

Derrière leurs discours, une haine de ce que la société est. Une détestation des minorités; une posture de victime, renversement ultime.

Ils prétendent être hors système : ils sont le système et font la courte échelle à Marine Le Pen dans son accession au pouvoir... 

Ils prétendent représenter le "peuple" silencieux. Ils sont les serviteurs du populisme le plus vil qui instrumentalise l'ignorant et le conforte dans son ignorance. Ils favorisent par leurs outrances  le développement des fanatiques de tout poil, les complotistes, les racistes décomplexés. 

Ils ont leurs chaînes de télé : ils sont les serviteurs d'un grand capitalisme qui rêve d'un peuple de moutons dociles asservis et consommateurs. L'info n'est qu'un business dont ils se gavent. Les aboyeurs sont des viandards aussi dans leur genre. 

Les réseaux sociaux les font tourner en boucle. La punch line est leur manière d'argumenter. Ils sont Trump, Bolsonaro etc : asséner, asséner et asséner encore pour faire ingurgiter la bouillie de leur "pensée" à une opinion spectatrice. 

Les aboyeurs ont la bave aux lèvres, ils réclament à grands cris des "mesures", des expulsions; ils font des amalgames et mélangent tout : l'écologie, l'islamisme, les libertés.  Prétendent être "Charlie" et ce journal est aujourd'hui contraint de s'en défendre! 

Les aboyeurs sont servis par la fainéantise des journalistes, ou surtout par l'exigence de productivité dans la production de l'info, qui fait qu'on publie en boucle des dépêches d'agence au lieu de bosser, vérifier, rédiger, enquêter. Ils sont servis aussi par la flemme intellectuelle du public à qui ils s'adressent, plus avide de sensations, de confort rassurant,  que de recherches de vérité, d'efforts donc, et de remises en cause.

Face à eux, que valent les discours raisonnés des enseignants que nous sommes et qu'était Samuel Paty? Pas grand chose. Le combat est perdu d'avance. Mais il faut le mener. Comme dit Macron à propos de tout. C'est la guerre. 

dimanche 12 janvier 2020

car c'est une guerre...

Pour ceux qui ne fréquentent plus les cortèges de manifs, il faudra lire ceci. D'autres plus assidus que moi à ces rassemblements le diraient mieux, l'ont déjà dit certainement. Tu te souviens du temps où tu pouvais descendre et remonter le cortège, flâner et revenir? Ce temps-là est terminé. Le cortège est scindé par les ruades policières en permanence. Tu te souviens du temps où le défilé République - Nation - Via la Bastille avait des airs de balade parisienne ; et si tu étais bloqué ici tu passais par là..? Ce temps-là est terminé. Les rues sont bloquées. Tu te souviens du temps où t'emmenais tes gosses sur tes épaules pour leur apprendre que l'on était un peuple solidaire? Ce temps-là est terminé. Tu veux pas des enfants éborgnés. Tu te souviens des merguez dégueulasses mais que tu mangeais quand même? Ce temps-là est terminé. Rester léger pour courir... Hier, samedi 11 janvier, la place de la Bastille était coupée par des barrières d'acier haute de 2.50 m pour empêcher tout passant de rallier le cortège, tout manifestant de partir ou de dévier. Hier, samedi 11 janvier comme jeudi dernier, les CRS surarmés faisaient peur à voir. Les années Valls sont passées par là et le droit de manifester est aussi un droit de se faire tabasser, éborgner par des tirs tendus à bout portant. La violence policière s'est imposée dans cet état qui se veut ultralibéral. Manifester est devenu dangereux. Pourquoi? Parce que c'est une guerre et que Sarko, Macron, Valls et consorts l'ont déclaré. Une guerre de civilisation. Une guerre de modèle de société. Et qu'ils veulent la gagner. Mais les "gens" résistent plus que prévus. Gilets jaunes ici, grévistes héroïques là, ils tombent sur un os. Faire peur, faire peur pour que "la rue" se range. Dissuader et exaspérer pour que l'opinion s'énerve. Ça marche pas, c'est eux qui s'énervent. Nous continuerons. Parce que c'est une guerre.

mercredi 25 décembre 2019

Conneries

Un livre à lire, absolument : Histoire universelle de la connerie (sd) JF Marmion, Editions sciences humaines.

lundi 9 décembre 2019

Equation insoluble... car fausse.

1=1... Voilà vendue comme une évidence l'équation censée nous faire accepter le régime de retraites par points. Or, cette équation dans ce cas précis, est fausse et chacun le sait intuitivement depuis toujours. Depuis que la question des caisses de retraites s'est posée, à la fin du XIXème siècle en France,la réflexion s'est faite sur la base de régimes particuliers. Car chacun savait bien alors que, non, décidément, travailler 12 heures par jour au fond d'une mine ce n'est pas la même chose que derrière un bureau. Et rien n'a changé en réalité depuis. Dire qu'un point universel c'est l'égalité, est un mensonge honteux que même Castaner désavoue puisqu'il dit que les policiers ont besoin d'un régime particulier de retraites. (ce à quoi je souscris et renchéris : les Flics à le retraite tout de suite, tous et pour toujours, amen!) Bien sûr que travailler en rotation d'horaires comme les infirmières héroïques de l'hôpital public, les cheminots et autres policiers changent la donne. Bien sûr que la pénibilité de certains métiers DOIT être prise en compte dans le secteur privé comme dans le secteur public. La réalité de cette réforme c'est que Macron - Delevoye ont des potes dans les assurances privées et leur envoie un appel très clair. Ils souhaitent un régime par capitalisation, pour les plus favorisés qui sont les grands gagnants de cette réforme.... Donc, en grève. Reconductible.

dimanche 3 novembre 2019

Ken Loach 2019 : révoltez-vous!

Après l'extraordinaire I Daniel Blake, palme d'or à Cannes, Ken Loach allait-il abandonner la partie et se reposer sur des lauriers mérités? C'était mal le connaître que de simplement le supposer... On parle ici d'un cinéma parfois qualifié de "social" mais que je préfèrerai qualifier de "politique". Éminemment.Dans Sorry we missed you, le cinéaste nous plonge presqu'en huis-clos dans une famille en pleine crise. L'obstination du père à vouloir s'insérer dans le système des franchises de livraison tourne au désastre intime et professionnel. Dans ce combat qu'il croit être pour sa dignité, il perd sa lucidité et ses moyens, et ce n'est pas la révolte du fils rebelle qui lui ouvre les yeux. Le message de Ken Loach est encore plus fort que la dénonciation du film I Daniel Blake, homme broyé par un système qui lui refuse assistance. Dans ce film, le héros se révoltait et si l'issue était fatale, ce n'était pas sans combattre. Ici rien de tel. Dans le personnage du chauffeur aveuglé par ses dettes et ses "responsabilités professionnelles" l'aveuglement est total. Loach pousse à la révolte, exhorte les travailleurs à ne pas accepter le système, à ne pas volontairement se résoudre à la soumission du nouvel esclavagisme. Le système vous broiera et ne témoignera aucune humanité, n'attendez rien de lui, semble-t-il nous dire. La famille, l'humain, sont en ruines à l'issue du film. Aucune once d'espoir hors la révolte; un film très noir. Un appel à l'insurrection?

samedi 6 avril 2019

Le retour du "retour à la terre"...

Il y a donc un tome 6 au "Retour à la terre" du tandem Larcenet- Ferri. Occasion bénie pour rappeler que cette série est formidable. Il y a dans ce mot une admiration avouée pour tout ce qui en fait une réussite mythique de la BD. La puissance du trait et du cadrage de Larcenet, l'imagination du scénariste et cette mises en abimes permanente et délirante. C'est génial. Larcenet est un cas. Je n'ai échangé que deux mails avec lui, brefs, et j'ai pu lire entre deux mots toute la modestie et le recul d'un réel artiste. Ce que certaines cases ou pages de ses œuvres diverses dans des genres différents révèlent bien mieux que les éloges compassés comme le mien. Le Combat ordinaire constitue une série devenue légendaire et offre certains coups de crayon parfaitement renversants et bouleversants. Le héros au milieu de ses photos étalées sur le sol, ou découvrant l'atelier capharnaüm de son père sont des images magiques qui vous serrent la gorge et vous embuent les yeux. Dans Soyons fous Manu Larcenet ose l'humour le plus grinçant. Blast, série noire et dérangeante s'il en est, propose une finesse et une puissance de dessin rarement vue en BD. Manu Larcenet a ce don de susciter en un coup de crayon, trois fois rien, de minuscules traits qui font d'un regard perdu dans le vide, un monde entier d 'interrogations et de réflexion. L'histoire du Retour...conçue avec Ferri, qu'il faut associer ici, est un témoignage parfaitement réussi sur une époque et ses contradictions ainsi que la captation de l'intimité et de l'humanité universelle de personnages attachants. La première planche du Tome 6 du Retour... restera dans l'histoire de la BD comme une réussite parfaite. Je la livre ici :

dimanche 7 octobre 2018

Il Francese

Il Francese... Le Français qui voulût être roi d'Italie. Non ... roi de Naples et de Sicile, nuance! Murat. Jean Louis Joachim Murat, homme du siècle, homme des siècles, passés et présent. L'album est donc sorti depuis 8 jours. 8 jours d'écoutes quotidiennes, pour comprendre, chercher, se laisser bercer de sonorités, de mélodies, d'ambiances... Grand disque d'aujourd'hui, d'hier et de demain. Classique et moderne. Identités multiples, cheminements sinueux : les méandres des fleuves et des rivières, les lacets du sentier de montagne sont aussi ceux de la versification, de la mélodie et des arrangements. Rien de rectiligne. Mélange des langues, des styles, des écritures : "Hold-up, trafiquant de cerises, hold-up, experte en rutabagas". Cheminements trans séculaires et transfrontaliers, ceci n'est pas qu'un album de chanson française, terme refusé par l'auteur... Même si le français est la langue principale et son écriture parfaitement maîtrisée : "Sous un ciel de traîne, un amour s'en va..." : des phrases qui tombent si bien... Ou encore : "Good bye / En souvenir de vous / je guette du Ventoux / le moindre feu de paille / Kids i've got a message for you." Les personnages, de JLM à ceux qui l'inspirent, se mêlent en une identité multiple, pas d'image nette : regarde la pochette! Musicalement, synthèse de ce qui fait Murat depuis longtemps : machines, mélodies, piano, rythmes électro, (tr)hip hop, blues... Refus de s'enfermer. Il y a du Gainsbourg (pas du Gainsbarre) dans cet album-là, servi par une culture aux aguets, qui ne sent ni la naphtaline bon teint, ni la putasserie "air du temps" bon marché. Vrai disque cohérent, mais non monocorde, à tous points de vue. Quelques lignes de basse parfaites (Hold-Up); quelques intros piano parfaites itou, mâtinées de sons synthétiques et de phrases qui tombent à pic, (superbe Silvana; envoûtante Treizième porte); quelques images fortement évocatrices (Cinévox); quelques imparables mélodies d'un classicisme élégantissime et brillant (rendre l'âme , Je me souviens). Il Francese puise loin au fond des racines de l'écriture de notre langue. La Renaissance, Rimbaud, le monde contemporain sont convoqués pour créer la poésie d'aujourd'hui. Murat, écrivain de -ou en- chanson. Mais l'arbre n'est pas que racines. Français de culture, clairement à l'écoute du monde autour, notes orientalistes parsemées de-ci de-là, sons et choeurs anglo-saxons revendiqués, Il Francese ne s'enferme pas dans une identité terroir, marque de fabrique trop facilement étiquetée sur son dos. L'oeil et les oreilles sont aux aguets de ce qui se crée de par le monde, du vent qui souffle. Cela depuis toujours et je réécoute la pharmacienne à Yvetôt... D'Achtung à Je me souviens le voyage est parsemé de paysages grandioses et de cailloux, d'horizons lointains et de douleurs articulaires, de pensées embrumées et de désirs fugaces. Une montagne à gravir pour se recentrer : se chercher dans d'autres vies pour parvenir à exister. Et in fine ne serait-ce pas une recherche de géographie poétique de soi que d'écouter Murat? "Je voudrais me perdre de vue ... dans une absence congénitale ... dans un simple chant de berger" (Grand lièvre). Pour ceux qui sont adeptes le lien ultime sur murat c'est ici http://www.surjeanlouismurat.com/

lundi 24 septembre 2018

Eric..

Eric est un prénom Scandinave qui ne se répand en France qu'à partir des années Trente (1930) . C'est à dire des années faf'. Deux conclusions s'imposent : 1/c'est un prénom venu de l'étranger (pôv' Zemmour de mes burnes); 2/ Il se répand à la suite des mythes wagnériens et scandinaves en même temps que Hitler impose son idéologie de merde à l'Allemagne. Hey Hapsatou, sois fière!

samedi 22 septembre 2018

Murat, nouvel opus.

Le nouveau Murat n'est pas sorti mais on en connaît les contours. Attention, avis de chef d'oeuvre? Trois extraits sont disponibles. Hold up le premier est une parfaite réussite à tendance électro pop mitonnée aux petits oignons. Si Ciné vox m'a laissé de marbre, le troisième extrait Je me souviens est une pépite lumineuse, une perle, un joyau, témoin du talent scandaleusement ignoré de la masse de Jean Louis Murat. Chaque mot pesé, l'imparable musique des mots, la parfaite diction, le rythme du phrasé, la voix chaude et étonnamment agile, tout concourt à faire de ce morceau un manifeste au talent. Ne serait ce que pour ce titre sublime, l'achat en double de l'album est obligatoire et sa mélancolie subtile devra faire l'objet d'un traitement particulier par la Sécurité Sociale. Par ces titres, JLM nous rappelle qu'il est non seulement l'auteur français le plus prolifique de son temps, mais surtout le plus audacieux. Audace du classicisme et du modernisme mêlés. Attention, Murat ne bouffe pas à tous les rateliers : il explore les champs de ses sensations et décide de créer, de remettre toujours l'art en chantier. Je me souviens est d'une écriture si fluide, d'une mélodie si évidente, qu'il faudrait que les critiques fainéants délaissent un peu leurs rengaines convenues : "barde auvergnat", "paysan chanteur ermite de la Bourboule", "rock folk boisé à la Neil Young" et j'en passe... Qu'on le dise enfin : il y a plus de poésie chez Murat que chez bien des écrivaillons de la rentrée littéraire! "De la musique avant toute chose" disait Verlaine... Je me souviens est de ces textes dont la musicalité est patente, et dont le sens importe peu, l'intimité du sujet n'ayant non plus aucune importance, même si malgré l'étrange thématique de Murat en Italie choisie, bien des vers sont des authentiques rengaines muratiennes intérieures : "en demi conscience j'allais au fond des ténèbres, sous ta robe blanche la nuit est surnaturelle...". Voilà un rappel simple de ce qu'est JLM : un écrivain de chansons. Sur JLM lire aussi... Travaux... En quête Homme seul

mercredi 19 septembre 2018

No comment

2600 suppressions de postes dans le secondaire... Plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, ont justifié les suppressions de postes dans le secondaire par le besoin de s'adapter à la "démographie scolaire". Mais selon une récente étude de la Depp, l'agence de statistiques du ministère, les effectifs du second degré vont augmenter à chaque rentrée scolaire jusqu'en 2022. Entre 2019 et 2021, l'augmentation des effectifs sera la plus marquée "avec environ 40.000 élèves supplémentaires attendus chaque rentrée".. No comment... Ah si : Soit l'agence de stats du ministère est nulle et il faut virer les statisticiens du ministère, soit le ministère ment et il faut le virer.

samedi 1 septembre 2018

Cohn Bendit, con bandit?

Si Cohn Bendit accepte de devenir ministre de Macron, il sera donc solidaire et complice des matraquages d'étudiants, des gardes à vues arbitraires, de la politique anti migrants systématique, de l'accélération de la dérégulation sociale, de l'anti écologisme primaire de ce président glyphosate. Ce sera l'ultime pied de nez à sa propre histoire. Ça le concerne, nous on s'en fout, mais quand même.

mercredi 29 août 2018

Flor del fango 2018.

Il n'est pas trop tard pour faire écho au retour de la flor! Flor del fango groupe de la scène alternative de la fin des 1990's est revenue en pleine forme en 2018. Annoncée par Daniel lui-même au creux de nos oreilles lors d'un concert des Patron$ à Montreuil, nous avions bondi de joie. (Nous, car on était deux dans la confidence ce soir-là. Mais d'autres bien mieux informés devaient le savoir...) Pourquoi? D'abord parce que le disque était devenu introuvable Et puis tout de même, des bouts de Mano Negra, de Chihuahua, Parabellum, Frères Misère et autres, on fait pire comme casting... cela s'écoute non? Le concert parisien de l'Alhambra avec Majid de la Radio Bemba et de La Ventura (les groupes de Manu Chao pour ceux qui sauraient pas , pff...) fut une révélation, non pas de la qualité, mais de l'éternelle joie de jouer de ces désormais vieux briscards... Qu'en était-il de l'album Hekatombeando, enregistré entre 2002 et 2004 et sorti seulement pour le retour cette année? Un album absolument magnifique et qui ne sonne pas daté! Si la parenté avec la Mano apparaît ça et là (sur Hekatombeando et le final d'Indio Hermano notamment) une vraie identité se dégage pour le reste. On se souvient alors et on remesure l'importance de Daniel dans le son de Mano Negra : ce disque est un maelstrom de guitares en tous genres. Daniel s'éclate à l'électrique, à l'acoustique et les rythmiques étant implacables, c'est un bonheur musical. Le format chanson est bien plus net que dans la Mano et cela rappelle davantage alors les Chihuahua sur ce point. Avec des tubes potentiels nombreux qui feraient un tabac si les fainéants de la bande FM se donnaient la peine d'écouter! "Mujer", "Je laisse venir", "Caballero de nada" (mon titre préféré) "Dans tes Bras" et "La Punta del Iceberg" sont des réussites totales. Au chant, Maru Castillo se donne sans compter avec une sincérité qui emporte le morceau, haut la main. Le groupe sonne compact (bravo le mix) et le concert sur ce point est révélateur : les 15 ans de pause n'ont en rien altéré la complémentarité des lascards et de la fleur. Un grand disque qui devrait tourner en boucle partout. Pour l'heure c'est la flor qui tourne. Des dates jusqu'en janvier. Yeah!