mercredi 24 mai 2023
Si je m'attendais
Baby Love.
Murat 2019
mardi 16 mai 2023
Petits mots entre amis
Entre en scène, le grand Gégé via le JDD. Monument d'hypocrisie, ultime tentative de passer pour une victime. No comment, a-t-on envie de dire et oubliez tout ça.
C'est alors que la jolie petite famille du cinéma français va nous piquer sa crise et faire un "nervous breakdown", aurait dit Audiard. La famille qui éclate et c'est mon cœur qui s'envole (comme un faucon). Qui n'a pas envie d'exploser da télé devant cette soirée des Césars ou les faux-culs rivalisent de saillies foireuses à coup de sketchs larmoyants, de décolletés toujours plus profonds, de sourires pincés, d'accolades où se devinent l'envie d'égorger son "partenaire-rival-meilleur ami-mon cul" et de l'humilier à coup de bon mots se faisant lever la salle? Qui n'a pas eu envie de se lever et de traiter cette "grande famille du cinéma français" de bandes d'abrutis imbus d'eux-mêmes, si sûrs de leur talent?
Gloire à Torreton d'avoir, en appuyant où ça fait mal, soulevé le couvercle de cette marmite où cuit une soupe au beurre rance et se recuisent de vielles rancunes tenaces... Car l'article de Torreton sonne comme un accès de rage où beaucoup de non-dits explosent à la face d'une sorte de commandeur honni et autrefois trop aimé. Que fait Torreton? Sous la leçon d'éducation civique ("Tu croyais quoi? Avoir une médaille"), il engage les hostilités sur l'acteur Depardieu, sur l'ancien et l'actuel. Et cela fait mal, et cela blesse, et cela touche juste. Depardieu traité de Montfleury, c'est le masque qui tombe. Cyrano devenu Laguiche, c'est l'humiliation. Et Gégé reste coit. Je ne vais pas analyser le silence mais j'ai bien une petite idée... Gégé silencieux, ses soutiens se déchaînent : Premier soldat, Fabrice Lucchini... Lol.
L'argumentation Luchinienne est ridicule : "Pour critiquer Depardieu il faut une filmographie solide". Entendez : "qui c'est ce Torreton, qui a si peu de films au box office, cet acteur même pas "bankable", qui critique notre monument presque panthéonisé? Et de quel droit?" "Du droit d'expression, ducon!"s'entend-on répondre par soi-même. Lucchini parle mieux la langue des autres, celle de Céline par exemple, que la sienne propre. Alors qu'il se taise, car ce type d'argumentation est si peu solide, elle, qu'elle ne touche que son auteur. Qu'est-ce qu'une filmographie "solide" M. Lucchini? Avoir joué dans P.R.O.F.S.? Combien de films doit-on retirer à la votre, pour qu'elle reste convenable, cette filmographie? Vos films, dont si peu finalement ne resteront dans les mémoires du cinéma, sont-ils autre chose qu'un gagne-pain, comme un autre? Ni plus digne, ni moins, que le mien...Après avoir tenté de donner un rang au cinéma et aux acteurs par là-même, - on est si bien servi par soi-même, fut-ce d'une soupe dégueulasse-, Lucchini affirme -et là on reste consterné : "je ne juge pas mes amis." Cette sortie pourra, elle, rester comme le révélateur de la personnalité tout à la fois démagogique, consensuelle et inculte de celui qui joue avec les mots comme avec des quilles, génial jongleur verbal, si creux au fond. A ne pas juger ses amis, on peut en avoir beaucoup. Manquer de discernement à ce point est inquiétant. Permettez-moi Monsieur de juger mes amis avec l'empathie nécessaire pour savoir leur dire mes désaccords, mes inquiétudes ou mes déceptions. Mais là n'est pas la question. Torreton ne traite pas Depardieu comme un ami. Il ne fait pas semblant d'appartenir à une même famille. Au contraire! Il lui renvoie à la face tout l'irrespect dont l'autre fait preuve, sur les tournages notamment.
Sans doute peu rassuré par cette boiteuse plaidoirie, d'autres soutiens sortent du bois. La Reine-Mère, Catherine Deneuve, fait entendre sa voix. Relol. "On n'attaque pas quelqu'un sur son physique. C'est mal M. Torreton". Mais l'ami Torreton n'a pas attaqué Depardieu sur son physique. Il a juste utilisé les vers de M. Rostand pour renvoyer Depardieu à ce qu'il n'est plus : un acteur.
Deuxième argument : "Si vous aviez vécu sous la Révolution Française, j'aurais eu peur de vous". Formidable reprise d'arguments de la droite d'aujourd'hui pour tout mélanger et revenir à la chose politique. C'est à la fois se trahir et se tromper. Montrer à quel camp on appartient soi-même : celui des privilégiés et des anti-révolutionnaires, alors même que faire de 2012 et de la mesure fiscale Ayrault un avatar de la Révolution est parfaitement déplacé. Mais de Bernard Arnault à Tapie et de Le Pen à Copé c'est le grand jeu du moment...Que des riches privilégiés d'aujourd'hui s'emberlificotent à se croire victimes de révolutionnaires de 1789, en dit long sur leur état de délabrement intellectuel et politique... Mais nous serons toujours des révolutionnaires de 1789! Nous en sommes les enfants et gloire à eux et à leur mémoire!
Alors sortent de prestigieux soutiens : Gad Elmaleh lui-même, chouchou n°1 du cinéma Canal Plus, y va de son tweet : 141 signes c'est sans doute déjà trop, mais il tente de penser : autant qu'il fasse bref... On n'entre pas comme ça dans la cour des grands dit-il à Torreton. Lui non plus n'a rien pigé. C'est cela qu'il vous reproche et que vous prenez si mal, le Torreton. De vouloir jouer avec les Grands de ce monde. Torreton vous demande de rester à votre place; être acteur ne donne aucun droit, aucun privilège, mais vous ne le savez plus....
Faut-il vraiment commenter les mots d'Arthur, ce pantin télévisuel qui croit être acteur parce qu'il peut s'offrir un "one man show" et qu'il tient la chaise de Pierre Tchernia depuis 20 ans??
Ce qui est vraiment jouissif dans cette hystérique prise de bec c'est de voir partir en live cette pseudo famille et cela montre que Torreton a vu juste. En dénonçant le comportement de Depardieu, il a sans doute révélé ce que beaucoup en bas de l'échelle pensent tout bas sur les nobles du cinéma Français. Irrespect, pouvoir absolu de la star, du fric, de la Téloche. Deuxio, il a révélé un certain nombre de solidarités de privilèges, pourrait-on dire de classe?, voire de caste?, à l’œuvre dans le cinéma français. Son mot final "Adieu", sonne comme un renoncement : il sait qu'il va morfler d'avoir parlé. Que le pouvoir de nuisance de l'autre est terrible et que de beaucoup de productions, il va être écarté : la clique Dayan, les films à Dédé etc.... Dans la grande famille comme dans toutes les familles, il y a des secrets à ne pas révéler.
Tiens, à propos... , qui a demandé à Gérard le montant des aides du CNC dont les films auxquels il participe ont bénéficié pour boucler leur budget grevé par les émoluments de la star? Qui lui demandera de publier les comptes de ses sociétés? De tout cela, nous n'avons pas parlé. Mais il aurait fallu sans doute...
vendredi 14 avril 2023
Révolutionnaires?
Ils se rêvaient révolutionnaires. A fond. Les uns trotskystes (la classe ça, "Trotskyste"). Certains même "maoïstes" (ça pète maoïste). D'autres, plus flous sur leurs ambitions, mais putain c'est sûr ils allaient changer le monde et on allait voir ce qu'on allait voir.
La plupart n'ont jamais bossé mais ont réussi à collectionner les montres de prix, les maîtresses à bas prix, les responsabilités syndicales bidons, et la gloire à bon marché, mais pas longtemps. Ils appartiennent au même parti et pensent qu'il faut en changer le nom maintenant qu'ils ont perdu...
Jaurès n'a même pas honte d'eux : ils ne sont pas du même monde que lui. Ils ont trahi tous les jours, toutes les causes qu'ils prétendaient défendre. Pour le fric, pour certains, pour l'honneur pour d'autres, pour être tranquilles, pour l'ambition. Jospin, Béré, Dray, DSK, Valls, Hollande, Royal, Collomb, Delanoé, .... pfff la liste est trop longue. On vous chie dessus.
mardi 21 mars 2023
à mort la Veme!
Macron est mal élu. Je ne sais pas s’il est mal baisé, ça me regarde pas, mais il est mal élu.
Avec 38 % des inscrits au second tour il est le plus mal élu des présidents de la monarchie républicaine depuis 1958. Faut-il lui rappeler que son adversaire du second tour a servi de repoussoir pour qu’il engrange, lui, Jupiter, des voix ? (Ouah la honte, Jupiter trop nul le dieu des dieux)
Sa légitimité politique en pâtit même s’il ne veut pas l’avouer (on le comprend, Jupiter ne saurait être désavoué…)
Sa pratique du pouvoir le disqualifie aussi, ce qui n’est pas rien. Après les gilets jaunes et la mascarade du grand débat, v’la t’y pas que le président Jupiter récidive : or, errare humanum est, certes, mais récidivare diabolicum est, ou un truc comme ça non ?
Bref, ce gros naze après avoir baladé les français organise le bal des cocus pour les retraites. Qu’on en juge : une réforme majeure, sociétale, fondamentale pour la vie de millions de personnes, insérée dans une loi de financement rectificative de la Sécu, loi de financement adoptée un mois avant. Calcul et insincérité évidente ! Puis, usage du 47/1 qui limite le temps de débat. Puis, usage du 44/3, c’est à dire le vote bloqué au sénat ! Puis, 49/3 pour finir. 9 petites voix de majorité… Honte à nos gouvernants de pacotille, mal élus et illégitimes.
Et ils pensent que la colère va s’arrêter en nous promettant des jours meilleurs et un carnet de route ? Je me gausse (jaune) et j’irai jeudi manifester avec les jeunes, les vieux, les poulbots, les syndicats, les rosies, les anonymes, tous ceux que Macron et consorts (Macron, Valls, Borne, Darmanin et tant d’autres) ne voient et ne reconnaissent pas.
Et j’ajoute : si ça peut finir en barricades, ça me dérangera pas. Mort à la Vème !
vendredi 27 janvier 2023
Être ou ne pas être, faire (grève) ou ne pas faire (grève)…
Expression d’un non-syndiqué.
Ceci est l’expression d’une opinion personnelle et n’a d’autre vocation que d’être contredit autant qu’approuvé.
Je ferai grève mardi prochain parce que j’ai fais grève jeudi dernier.
Parce que si l’on veut combattre cette réforme injuste, le parlement n’y suffira pas.
Je ferai grève parce qu’on me rajoute trois ans de travail : 2 ans plus deux semestres pour ne pas subir une décote telle, que partir ne serait pas envisageable.
Je ferai grève car cette réforme est inique. Le but de la réforme n’est pas tant de reculer l’âge de départ, que de faire en sorte qu’en le reculant, les pensions se réduisent, que les gens usés partent avec moins.
Le but c’est de faire du « cash » vite. Besoin d’argent… Besoin d’argent ?
Je ferai grève car de l’argent, il y en a… Le déficit des retraites annoncé de 12 milliards est inférieur à la hausse annuelle du budget de la Défense…
Dois-je comparer ces sommes aux 80 milliards de dividendes distribués cette année par les 40 entreprises les plus importantes (CAC 40) ?
Ce ne serait pas très honnête car, enfin, ce n’est pas la loi qui détermine le paiement des dividendes. Mais on peut admettre que c’est un peu choquant, non ?
En tous cas si les salariés en bavent, le capital, lui, se régale.
Je ferai grève pour défendre un système public. La réforme des retraites est un choix politique, rien d’autre. Elle est menée dans un contexte de super inflation qui nous contraint et nous fait hésiter à faire grève. On peut croire que ce n’est pas un hasard...
Tout est lié : uberisation de tous les métiers (y-compris le notre), record des radiations des chômeurs en 2022, réforme des retraites : le néolibéralisme est à l’œuvre et veut la peau de la répartition, de la Sécu et des services publics : Vive Malakoff Médéric et que vivent les fonds de pension ! Les pauvres, eux, qu’ils survivent…
« Travaillez, épargnez… » ça me rappelle une bonne vieille maxime 1830...
Je ferai grève car la grève générale ou reconductible ne se décrète pas ; elle se construit. A ceux qui pensent que ces journées sont inutiles et attendent la grève suivie de long terme : elle n’arrivera pas comme ça « comme par magie ». Elle n’arrivera que si la mobilisation est forte en amont. Si les salariés se bougent.
Je ferai donc grève. Peut-être une dernière fois.
Car si la mobilisation s’amoindrit, si la rue ne menace pas le gouvernement, la chose est entendue : ARTICLE 49-alinéa 3… Ite missa est.
samedi 14 janvier 2023
Dans la rue!
Depuis longtemps la France et ses gouvernements ont fait le choix du chômage (voir et lire cette bande dessinée documentée et éclairante). De l'abandon. De la violence institutionnelle.
Abandon de l'industrie. Abandon des services publics. Soumise à l'OCDE et ses diktats, la France déchire consciencieusement son contrat social issu de la Résistance et du CNR. Abandon de la générosité, abandon de l'humanité. Frontières fermées. Droits réduits. Pensions en berne.
Depuis le gouvernement Valls et la contestation de la loi Travail El Khomri, une doctrine policière de la violence encadre les manifestations quelles qu'elles soient... Le mouvement des gilets jaunes n'a rien changé. Juste des borgnes en plus.
La trahison politique des socialos se double d'une connivence avec les milieux affairistes les plus glauques.
Des exemples?
> Bauer, faux savant, vrai homme d'affaires, se frotte les mains. Depuis 20 ans il est ministre de l'intérieur par procuration... On lui octroie des chaires à l'université, il ramasse des contrats en faisant adopter une législation ad hoc...
> Quand l'exigence écologique exige un retournement complet des pratiques agricoles Hollande et son copain Le Drian autorisent les extensions des élevages les plus pourris pour satisfaire le lobby agricole... Lire ceci : https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-algues-vertes-l-histoire-interdite/album-algues-vertes-l-histoire-interdite
Plus largement, doit-on faire la liste de tout ce que Chirac, Sarko, Hollande et Macron ont donné à la finance?
Maintenant, ce sont les retraites. Faut dire que 550 milliards de Sécu par la solidarité c'est autant que les capitalistes n'ont pas... Alors qu'aux USA les fonds de pensions privés font la loi. Et nous assèchent en participant aux capitaux des groupes partout dans le monde et faisant fermer des entreprises rentables (mais pas assez selon leurs critères) et utiles...
Faut-il en rajouter? Ces emplois détruits, ces services en berne, le moins-disant partout, ça a un coût : des gens abandonnés, des emplois précaires partout, des gens désespérés qui n'ont plus rien à perdre... Ils ont déjà tout perdu. Cette année, record des radiations de chômeurs et l'annonce du plein emploi à venir.
C'est une sorte de bataille et elle sera terrible... Comme disait Philippe le Hardi à son père le roi assailli de toutes parts : "Père gardez vous à droite! gardez vous à gauche!" Macron sera dans son palais blindé, protégé par des fusibles...
Il est clair que s'annoncent des jours sombres.
Jeudi, on prendra cher dans la rue. Mais on y sera.
dimanche 10 avril 2022
Valeurs
Et voilà... Jamais deux sans trois. Mais cette fois-ci les fachos peuvent gagner.
La question n'est pas de savoir si Macron est de droite ou de gauche. Non, il n'est pas de gauche et, oui, il mènera une politique de droite dure s'il était réélu.
La question n'est pas de savoir si Jadot pouvait seul à gauche gagner l'élection. Cette fadaise construite à l'aide de l'interprétation de sondages sur le "moins répulsif des candidats", oublie deux choses : 1/ le plus important : pour gagner le second tour, il faut y parvenir... 2/ pour rallier les voix des électeurs macronistes, il ne faut pas un duel Macron-Jadot. Cette hypothèse a permis à nombre de militants EELV de taper sur Mélenchon pendant des semaines. Bravo.
La question n'est pas de savoir, pourquoi la gauche est si stupide. En tous cas, pas maintenant.
La question n'est pas de savoir si la politique menée par Macron, par sa dangerosité, n'aide pas finalement Le Pen à augmenter : bien sûr que si!
La question n'est pas de savoir si Le Pen aura une majorité aux Législatives. Elle peut tout à fait l'avoir sur les cendres chaudes de LR dont 40% d'électeurs ont choisi Ciotti qui lui-même choisit Zemmour! Oui un gouvernement d'extrême droite c'est possible.
La question est : "Le Pen et Macron, est-ce de même nature?"
Je pense que non.
Je persiste à croire que Le Pen c'est le fascisme, le racisme, le nationalisme puant et bêta. L'antisémitisme ontologique. Travail Famille Patrie. L'Algérie française, OAS et torture.
Un danger immédiat pour nombre d'habitants de ce pays.
Oui il y a une différence de nature entre ces deux mouvements politiques. Oui le macronisme est dangereux et détestable. Oui Le Pen c'est la bête immonde. Les renvoyer dos à dos c'est se tromper, c'est faire preuve d'un relativisme au moins aussi dangereux que le macronisme. Plus de valeurs, plus de repères, plus de digue.
Qui voudra dans dix ans susurrer à l'oreille de ses enfants... "Et quand ce fut notre tour, il n'y eût plus personne pour nous défendre..."?
mardi 5 avril 2022
Bien sûr...
Bien sûr, on peut faire semblant de croire que Le Pen au pouvoir, c'est pas si grave. On peut même le croire vraiment d'ailleurs. Législatives, cohabitation, chaos politique, et par je ne sais quel miracle révolution citoyenne... Oui, mais non. Le Pen élue, ce serait factuellement la preuve qu'elle est capable de rassembler suffisamment de gros cons de Français pour être légitime. Ceux qui pensent que le FN (je ne dis jamais le RN) n'est pas capable de gagner les Législatives derrière, oublient la recomposition de LR, parti totalement écartelé par cette Présidentielle. Entre les tenants de Ciotti (40% du parti) qui rallieront sans aucun scrupule Le Pen, et ceux qui joueront la carte Macron, les LR pur jus auront disparu tout aussi sûrement que le PS après la magnifique campagne d'Hidalgo... Et même si cohabitation il devait y avoir, que ressortirait-il d'une dissolution en septembre? Alors, que les militants de LO et du NPA jouent la carte de la rue c'est normal et je ne les blâme guère. Mais que les démocrates sociaux, les bobos écolos (ou pas d'ailleurs), les pisse-froids radicaux ou les communistes historiques fassent semblant de pas voir l'horreur qui s'annonce, ça me fait chier. Encore une fois, Macron a accumulé sur sa personne une détestation rarement atteinte sur la durée. Il l'a mérité parfois, mais elle prend un tour irrationnelle parfois aussi. Elle peut lui coûter sa réélection d'autant plus que la stratégie de ne pas faire campagne, on le sait pourtant depuis 1965, ça ne marche pas... Ceux qui m'expliquent que le vote Mélenchon n'est pas un barrage contre le FN au prétexte qu'une partie non négligeable de son électorat est susceptible de choisir Le Pen au second tour contre Macron se trompent (ou font exprès de se tromper, plus sûrement) sur un point : ces électeurs-là n'auront pas à faire ce choix si Mélenchon est devant Le Pen au premier tour...
Qu'on ne doute guère que tous les candidats sont des gens d'une certaine valeur (si, si) et d'une grande ambition. Cela est certain sinon ils ne seraient pas où ils sont aujourd'hui. J'exclus de ce raisonnement, pour la valeur, l'héritière (Le Pen) et le parvenu de la télé (Zemmour). Pour l'ambition, bien sûr qu'ils rejoignent les autres sans exception. Le seul qui dit qu'il quittera le pouvoir après la réforme de la constitution, au fait, c'est Mélenchon. On peut le croire, ou pas. Mais on peut et on pourra lui rappeler...
Le Pen est aujourd'hui aux portes du pouvoir et on fait comme si de rien n'était... Misère.
dimanche 3 avril 2022
Election Présidentielle
A une semaine du premier tour, je sais pour qui je vais voter. Me déterminer ne fut pas facile car à l'évidence des valeurs qui fondent nos choix se heurtent les incertitudes humaines des personnalités candidates et la situation politique. Je dois ajouter que je n'ai aucun goût pour le système présidentiel français que je considère comme archaïque et antidémocratique, surtout depuis que le quinquennat et l'inversion du calendrier électoral ont été décidés. J'envie (pas beaucoup) les personnes qui ne se posent pas de question et sont guidées par leurs certitudes politiques d'avoir raison. Ce doit être plus simple d'aller voter, alors...
Donc, je voterai Mélenchon et ce sans aucune illusion sur quoi que ce soit (résultat - bonhomme - faisabilité du programme), juste pour faire barrage à Le Pen dès le premier tour. Autrement dit, faire en sorte que les fachos ne soient pas au second tour. Mince chance. Triste dans un pays comme le notre (il n'a pas d'autre particularité que d'avoir été l'un des premiers à essayer d'être démocratique) d'en être là. On peut regretter énormément de choses sur l'offre politique à cette élection et gloser à l'infini sur les qualités réelles ou fantasmées des candidat.es et des programmes. On peut aussi rappeler que cette élection ne règle pas tout et pour les plus pessimistes dont je suis, n'a finalement qu'une importance toute relative s'agissant des enjeux qui nous dépassent et qui sont majeurs : l'écologie, les migrations, le statut des plus démunis de la planète. Elire untel ou unetelle en France ne changerait rien à l'ordre mondial. Certes.
La gauche universaliste et démocratique est la grande absente et s'est fait confisquer par une personnalité audacieuse et déterminée dans sa stratégie, sa représentation. Tant pis pour elle. Les socialistes ont depuis longtemps trahi les classes populaires, ils n'ont que ce qu'ils méritent. Roussel se vautre dans un populisme de bon aloi fustigeant la "gauche Tofu" et flattant ainsi les lobbys de la malbouffe : il n'a que ce qu'il mérite. Les Verts n'ont encore pas réussi à rendre leur discours audible aux masses : qu'y puis-je? Me reste LO NPA et FI ... Autant dire rien en terme de choix. "Aller vers l'idéal et comprendre le réel" c'est une phrase de Jaurès et c'est ma devise personnelle quand je ne sais plus. Mélenchon me semble essayer de tendre vers cela même si les contradictions du type laissent plus que perplexe. Peut-on échapper au populisme dans ce type d'élections? C'est à se le demander... Mais surtout aujourd'hui : l'époque est une ère de la communication rapide, de résultats instantanés et on veut on croit que l'on peut avoir tout, tout de suite... Uberisation généralisée...(bientôt aussi en salle des profs... Une mauvaise note, vite un prof de secours!) J'ai voulu me réfugier dans le vote blanc, mais on m'a persuadé d'aller voter. Alors j'irai comme animé par une sorte de réflexe démocratique. Et parce que je ne veux pas être aux ordres d'un ministre de l'EN de Le Pen, parce que je ne veux pas voir des français être considérés comme des citoyens de seconde zone et des étrangers encore plus mal reçus qu'ils ne le sont aujourd'hui par notre gouvernement de droite, parce que je ne veux pas que l'on banalise le fascisme, j'irai voter pour celui qui peut encore espérer la battre. Macron a acquis une telle dose de détestation sur sa personne, à raison parfois, de manière tout à fait déraisonnée d'autre fois, qu'il n'a pas du tout la certitude d'être réélu. En réalité voter Mélenchon peut assurer sa réélection plus que certainement. Mais je préfère un représentant d'une droite démocratique, fusse-t-elle dure, fusse-t-elle dangereuse, que faire croire que Le Pen est banale. Donc voilà....J'aurai du me présenter mais je l'ai déjà fait et c'eût été réchauffé... Dire que rien n'a changé depuis, que c'est pire en tout.... Quelle catastrophe....
La folie Vitry!
Manu Chao en concert. Le type ne fait plus d'album, sort des enregistrements sur les réseaux depuis son repère barcelonais. Il n'est plus en carrière, il est musicien de vie. Tournée dans les Balkans, en Italie, participation à des concerts de soutien à des assos, parfois devant 15 pelés.
Il s'annonce via l'association Los Locos à Vitry, au Kilowatt. Vitry. On l'avait vu en 2019 au Crapo à deux encâblures dans la même zone industrielle. Voilà les lieux qui le motivent à jouer en France désormais et c'est tant mieux.
Combien de fois l'avons nous vus? Tant que je ne saurais dire et dans de multiples configurations. Avec la Mano bien sûr puis avec Radio Bemba, la Ventura ou en duo. Il y eût Pigalle, St Denis, la Clef à Saint Germain, Sèvres, La Bastille, l'Olympia (mythique) ... Puis Langon, Vic Fézensac (Magique !), l'Huma, Creil, des Bercy, Gignac (la folie Gignac!)... J'en passe...
Le concert d'hier m'a scotché. Non par l'originalité. Ca fait longtemps que ce set est le même ou presque, et pourtant toujours différent! Hier soir, le concert a franchi le mur impalpable de la magie qui fait que d'un bon moment tu passes à un moment unique gravé dans le temps et le cœur. Ce moment où il change de dimension. On était à deux heures de concert avec une super ambiance, un public de feu et plein de bienveillance (envers les plus petits que soi, envers l'autre quel qu'il soit tout simplement) quand, presque d'un coup, une étincelle que l'on n'a pas vu venir, le public est devenu "fou". La ferveur est montée progressivement et est devenue boucan infernal. Comme une explosion de joie, de rage, de bonheur d'être là et que, non, décidément on partirait pas, on se tairait pas. Effet post Covid (mais c'est pourtant pas le premier concert de "l'après...")? Effet pré Macron ère 2 ou Le Pen 1? (mais il n'y eût aucune incantation politique)? Simple effet de la musique d'un musicien heureux de jouer "à domicile", de retour en banlieue? Je ne sais pas.
Juste un moment où la soirée bascule dans une dimension où on n'a plus prise analytique sur le cours des événements, sauf que l'on y participe pleinement. Et ce fut une heure supplémentaire de hurlement à chaque refrain, de riffs de cuivres vocaux puisque de cuivre il n'y avait guère, de bondissements et de pogos. Un bonheur incroyable se lisait sur le visage de chacun lorsqu'au 5e rappel l'heure de rallumer la salle avait sonné. Un magnifique concert, dans un lieu simple, trois cabanes et un chapiteau. 20 balles. Un musicien qui donne TOUT avec ses compères : Philippe Teboul alias Garbancito de la Mano Negra et Lucky Salvadori, magnifiques et généreux eux aussi!
Et l'on sortait KO. Merci au lieu, à Los Locos, de faire que des moments comme ça existent encore.
mercredi 12 janvier 2022
Unité nationale.... de mes deux!
Blanquer invoque la sacro-sainte "unité nationale", parangon du comportement civique apparemment, et accuse les profs de la briser. D'abord, c'est lui qui nous les brise. Et puis l'unité nationale, l'union sacrée disait-on en 1914, c'est bon pour les pigeons.
S'il est des événements qui peuvent justifier d'un comportement unioniste, la crise actuelle n'en relève guère, c'est certain. Alors quoi? Nous ne devrions pas critiquer les injonctions contradictoires, les accusations à l'emporte-pièce, fussent-elles présidentielles? Nous devrions, le doigt sur la couture du pantalon, obéir au doigt (d'honneur) et à l'œil (de Moscou?) à des oukazes ministériels pour la simple raison qu'ils sont ministériels?
Nous devrions comme des pingouins marcher en rangs parce que le sinistre nous l'ordonne?
Non. "Va fan enc...o", comme disent nos cousins italiens (pourquoi les Italiens sont-ils nos cousins? ça, j'en sais rien). Je ne sais pas ce que ça donne en tunisien ou en kabyle mais ça doit sonner tout aussi bien. Ah la musique des langues du sud...
J'invoque notre droit à la raison! (Les Lumières que chérit notre sinistre, l'ennemi du wokisme, ce péril si important....). A la raison donc, aussi à la critique! Donc à la manif'! Et même, si, si... à la désobéissance. Même si Kant est pas d'accord. Zut alors! Oui mais pleins d'autres (Thoreau, Diderot, Constant...) sont pour...Ouf, rassuré!
Et dire que dans 3 mois on vote... Mort de rire. Dans Blanquer il y a le mot cœur. Mort de rire. Fin de la vanne. Elle a déjà bien assez fait de dégâts. ("Tu as l'détonateur juste à côté du cœur... C'est la fin... fin... fin... La fin.")
mardi 11 janvier 2022
On n'en peut plus
Non. On n'en peut plus. Comme tout le monde par rapport au virus, mais ça c'est normal et partagé. Pensons aux gens impactés par les décès (beaucoup d'entre nous), pensons aux soignants, pensons aux populations des pays pauvres qui n'ont pas accès au vaccin, aux soins d'une manière générale. Je ne parle donc pas du ras le bol par rapport à ce virus et à la pandémie.
A tous ceux qui pensent que le monde actuel tel qu'il va est la source du truc je dirais : "OK, mais la peste du Moyen Âge, le choléra du 19ème?". STOP. Ni Macron, ni le gouvernement chinois, ni même Bill Gates (!) n'ont inventé ce virus. Il est là, il circule, très rapidement, et c'est comme ça. Vivre avec, désormais.
Alors quoi? Et bien on n'en peut plus!
Ras l'bol qu'on nous prenne pour des cons, pour des enfants incapables de comprendre, qu'on nous mène en bateau sur le sens des décisions, voire qu'on nous ne les explique guère car elles ne sont dictées que par le filtre des sondages et de l'humeur de la population remontée par je ne sais quel institut à la noix.
De quoi on crève? Des annonces contradictoires, générées par le fil des réactions aux annonces antérieures.
De quoi on crève? Du mensonge. "Inutiles les masques!" "Indispensables les masques"! "Sûr, archi sûr le vaccin"!
Putain, on n'est pas cons, dites le nous que vous savez rien à rien et que vous faites ce que vous pouvez en l'état des moyens que vous avez! Mais non. "Rentrée scolaire sans problème, on est prêt"! Mais enfin il y a 835 000 profs qui savent qu'on n'est pas prêts et des millions de familles qui s'en rendent comptent au bout de 3 heures! Arrêtez de prendre les gens pour des jambons ou des crétins!
On n'en peut plus. Pour certains, d'avoir peur. La peur de l'apprenant est mauvaise conseillère en matière éducative.
Pour d'autres de ne pas connaître -reconnaître ses élèves. L'anonymat est mauvais conseiller en matière éducative.
Pour d'autres encore de se méfier, de craindre le mensonge. L'absence de confiance est terrible en matière éducative.
Et pour tous, du mensonge permanent orchestré par le chef d'une administration dépassée.
Dépassée par son manque de moyens humains (mais si, mais si...).
Dépassée par son obligation de résultat.
Dépassée par son manque notoire d'investissements structurels et humains.
Dépassée par sa politique de management qui rabaisse et humilie et fait qu'aujourd'hui tant de personnels ne croient plus en leur mission et tentent seulement de survivre.
Le mensonge institutionnel, la pire des choses à mes yeux. Un exemple? Les PPRE : 4 lettres, 3 feuilles de papier et zéro (0) ZERO moyen, hors des heures sup' sous payées.
Un autre? L'inclusion... Le mirage pour les personnes atteintes de handicap, l'enfer dans les établissements, faute de moyens humains et de reconnaissance des métiers concernés.
On n'en peut plus. Faut le dire comment?
On n'en peut plus et tu sais quoi? Dans le mot Blanquer il y a le mot cœur (ahahahah elle est bonne celle-là!)
Un truc à se tirer une balle! Boum!
Quoi?! tu veux que j'te parle des réformes en plus? T'es pas bien?!
dimanche 9 janvier 2022
Pécresse : attention danger!
Terrible exercice que celui de lire le tract de Pécresse de ce week-end. Le dessin d'une France horrible qui se profile. J'ai bien fait de prendre ce torchon. Les idées que j'avais de ce parti étaient bien en deçà de la réalité. En fait, on dirait l'alliance de feue l'UMP et du FN, alliance prête à créer une majorité pour les Législatives. Ca fait peur. Une France réactionnaire, xénophobe, policière, nucléaire et ultra libérale en même temps.
Raillons :
La prétention de cette candidate qui se présente en Marianne. Elle est vraiment timbrée! Mégalomanie néfaste propre à cette élection présidentielle...
Lisons :
Le lien établi entre immigration et délinquance, immigration et terrorisme. L'idée selon laquelle l'immigration serait incontrôlée, ce qui est totalement faux : l'Europe contrôle ses frontières à tel point qu'elles sont devenues des mouroirs. Expulsion des mineurs isolés, quotas migratoires, accès restreint à la nationalité française...Repli sur soi nationaliste avec cette confusion sur la nation définie par l'ethnie, l'origine, à rebours de la tradition française.
Une France policière, comme si elle ne l'était pas déjà assez. Création de "brigades coup de poing" (quel vocabulaire!), polices municipales armées dans toutes les villes de plus de 5000 habitants : rappelons que les communes ont le droit de choisir leur politique de sécurité!
Non contente de surarmer la police (drônes, chiens) de faciliter les atteintes à la liberté dans le contrôle des citoyens, Pécresse réinvente ce qui existe déjà et qui constitue d'ailleurs une justice expéditive mal rendue, la comparution immédiate.
La dérégulation et la privatisation de nombreux domaines. Suppression 200 000 fonctionnaires "administrants" (que signifie cette opposition entre le terrain et les bureaux de l'administration? Des tâches administratives non faites devront donc être prises en charge par d'autres! Qui? )
Le retour du certificat d'études, l'illusion de l'examen d'entrée en 6e. Retour à la situation pré1975! Folie pure à rebours de toutes les évolutions sociétales depuis un demi siècle. Des retraités pour faire les remplacements dans les classes. Bon courage les mecs!
L'option du tout nucléaire avec l'illusion et le fantasme de l'EPR. Construction de 6 EPR. Rappelons que ça marche pas : à Flamanville plus de 10 ans de retard et 20 milliards d'euros engloutis ! En Finlande le chantier a pris 10 ans de retard et a coûté trois fois son prix estimé (facture finale : 10 milliards) et oblige l'état français à payer une amende de 600 à 800 millions! A Taishan, en Chine, le réacteur est à l'arrêt. Il faut changer de disque, ce truc c'est de la merde!
Parallèlement, refus de financer le logement social dans les communes où il y en a 30%. On va donc réduire drastiquement l'offre de logement social alors que les besoins sont énormes. Retraite à 65 ans. Décentralisation c'est à dire atomisation des dépenses sur les territoires locaux.
Donations défiscalisées augmentées: la France de propriétaires sera aussi une France d'héritiers.
Concluons :
La France de Pécresse donne la nausée. C'est le thatchérisme brutal mâtiné de nationalisme. Au secours, l'ultra droite revient. En attendant le tract qui révélera l'ultra catholicisme de la candidate? Voir ses propositions anti islam et ses projets de développement de l'école privée. La nausée.
