mouette

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lamouetterouge@gmail.com

jeudi 1 juin 2023

Best of...

 "Moi vivant il n'y aura pas de best of" disait Jean Louis Murat, paraît il. Prophétie hélas réalisée... Il y a un best of et il n'est plus de ce monde. Toutefois il est vivant, nuance tout de même. 

A quoi sert un best of? Rarement question fut si pertinente... Ceux qui comme Jean Louis Murat pensaient qu'un best of était vain voire nul et non avenu auront des motifs de croire qu'ils avaient raison. Ceux qui l'espéraient ce best of, auront eux aussi des raisons de croire qu'ils avaient, eux, de bonnes raisons de l'espérer. 

Se limiter à 20 chansons dans toute cette œuvre, c'est inévitablement engager l'escalade dans la course à la recherche des titres manquants. Je ne m'y risquerai guère : pas envie, pas le moral, je réécoute tout en boucle depuis une semaine et je ne vais pas éliminer des titres... Toutefois, la déconnexion des chansons à l'ambiance générale d'un album sonne comme une évidence ce que les amoureux de Jean Louis savaient déjà. D'ailleurs quel sens cela aurait-il eu de mettre le voleur de rhubarbe ou se mettre aux anges  isolées du reste de Lilith? Et pourtant ne sont-ce pas des titres magnifiques? 

Se dire qu'il n'y a pas un seul titre du superbe Cours ordinaire des choses ou un seul de Babel... c'est risible. Alors rions franchement, de bonne humeur. 

De toutes façons on n'attendait rien d'un best of. On l'achète par fidélité. 

Mais alors? A quoi sert-il ce disque?  Et bien, des 20 titres de cette compilation, finalement, on n'en jettera pas beaucoup, et en plus de cela,  on percevra la cohérence d'une œuvre pourtant disparate et polymorphe, témoignage d'un artiste majeur. Disque d'initiation, pourquoi pas? En fait, chaque titre donne envie de réécouter le disque entier duquel il est issu. Le début d'un succès commercial. Il aurait détesté cela. Tout est bien... Pas sûr. 

Pierrot nous a raconté le récit de ses funérailles auxquelles nous n'avons pu aller. Ce qu'il narre, le texte de Bayon, tout cela confirme bien que Jean Louis Murat est vivant en ceux qui l'aiment et en ceux qu'il a pu toucher. Mais la vision de ce cercueil fait défaillir, néanmoins. Pleurons maintenant. 

jeudi 25 mai 2023

Deuil


J'ai compilé tous les articles en un seul....

25 mai 2023 - Deuil  

Jean Louis Murat est mort. La nouvelle terrible est tombée ce matin et depuis nous sommes hagards. Il est mort  en étant vivant alors que d'autres vivent en étant morts. 

Vivant artiste, vive œuvre, en constante évolution, en permanente exigence et c'est pourquoi ça fait  encore plus mal. Le poète rongeait son os, comme l'artisan remet cent fois, mille fois, le travail sur le métier... Métier de mulot.

Il lui restait tant à écrire et à chanter... Il est difficile d'écrire bien en étant hagard. Mais c'est une certitude que Jean Louis n'avait pas tout dit...  

Je lis et relis les réactions, les articles et je m'aperçois que je ne suis pas seul, ce que je savais grâce à Pierrot. Mais tout de même notre tristesse commune ne me réconforte guère. 

Souvenirs de concerts, tous toujours différents. Radicaux. Radicalement différents : que c'est bon. 

Souvenirs de quelques propos échangés,  simples et posés, qui tranchent tant avec l'image du furibard des plateaux qu'il s'était forgé.

Je me nois dans les mélodies et les mots (avec un peu de whisky tout de même) : j'ai un ressenti "Montboudif"... Les larmes aux yeux, la gorge nouée, je m'interroge : Demain paraitra son Best Of, lui qui s'y était toujours opposé, et avait finalement accepté... On peut ne pas croire au hasard et faire semblant de penser avoir tort, ou inversement. Coïncidence ou non, il part sur une énigme, quand tant d'autres vivent avec leurs évidences. 

Nous remettrons nos pas dans les siens. "Je marchais dans la montagne en ce joli mois de mai..."

2020 : Baby Love. 

Titre ambigu. Amour qui s'en va (surtout), amour qui vient (peut-être). Murat sort un disque. Évènement. Annuel. Quand même... 

Écoute la musique de ça : "Aux sources de la Loue/ je ne sais quoi j'attendais / Sans doute le début du monde/ Troubadour rêvassait/ je ne sais quelle mélodie / So long" (Si je m'attendais) 

Merde, le mec est un tueur. Première écoute... sceptique. Et puis la musique explose: des guitares partout mais dans les recoins de la rythmique. Stax! Shit!Même quand l'évidence mélodique n'est pas là, l'évidence musicale y est.

Et surtout la qualité de l'intention. En gros, l'histoire est celle d'un mec qui se sauve du désamour par la chanson ce "métier de mulot". Écouter, donc "Montboudif", "ça c'est fait", "si je m'attendais", "La princesse of the cool", "réparer la maison"... ça aurait pu s'appeler Alcools... Je crois. On sent aussi que "Travaux..." a été un travail fondateur. Là des sons, des machines et des idées ressurgissent de cet album de non-chansons qui a tant dérouté : il était porteur de trucs je l'ai déjà écrit. Et c'est bien. Voilà. Ça c'est fait. 


16 octobre 2019, centre culturel Georges Pompidou, Vincennes... 

Début de la nouvelle tournée de Jean Louis Murat, qui fait suite à celle de l'an passé, celle d'Il Francese, qui a donné lieu à enregistrement "Live" (Innamorato)... Je n'ai pas mon diplôme en muratologie et je ne compile pas les set-lists quotidiennes comme autant d'éléments de preuve à charge ou à décharge. Je suis simple spectateur passionné. 

On passe d'abord devant l'éternelle Jocelyne que l'on va saluer. La salle est comble et semble moins glauque que l'entrée déprimante du bâtiment ne le fait préjuger. Chacun y va de son pronostic sur l'humeur de Jean Louis Murat : va-t-il encore bougonner et râler? L'audience sera-t-elle réceptive? 

Ma question à moi, c'est : quelle nouveauté sera l'objet du concert? J'avais été frappé au "café de la danse" en décembre 2018 par la justesse musicale de la formation. Le son était porté par la batterie de Stéphane Reynaud, fine et puissante et la basse agile de Fred Jimenez. Murat était essentiellement à la Télécaster et c'était très bon. 

Ce mercredi soir 16 octobre on retrouve cette formation. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle sied à merveille à Jean Louis Murat. Ces trois-là jouent ensemble depuis très longtemps, cela se sent et c'est très soudés qu'ils déploient leur musique. C'est un GROUPE et c'est cela qui m'impressionne ce soir. Pour varier ses plaisirs et parce que c'est son bon plaisir que de changer quelque chose, Murat a troqué l'électrique Fender pour une guitare électro acoustique 12 cordes. 

Dès le premier morceau, "Kids", on se sent pris par une vraie magie, l'art de transformer et de réorchestrer pour trio des chansons enregistrées dans un environnement bien plus complexe. C'est l'art de Murat de savoir désosser les chansons d'en retenir la substantifique moelle et d'en proposer d'éternels recommencements. On est vite rassuré sur l'ambiance : il est de bonne humeur et le public est prêt à s'embarquer et y trouve du plaisir. 

Les trois compères se trouvent facilement : si JLM est leader, c'est sa musique, ce sont ses chansons, il est clair que les deux lascars qui l'accompagnent sont partie prenante du projet : Les lignes de basse sont puissantes et musicales, la batterie est imparable, nette d'une précision diabolique. Nous aurons droit à l'harmonica sur quelques merveilles : l'envoûtant "Je me souviens", le superbe "voyageurs perdus" (Tristan, 2008, dont il joue aussi "Tel est pris" façon rock). Entre-temps "Hold-up" est passé par là, "Cinévox" aussi (seule fausse note dans l'arrangement raté, à mon avis) et ainsi que "Gazoline". Des extraits de Morituri bienvenus : "Tarn et Garonne", "French Lynx" très réussis. "Over and over", et "Agnus dei Babe" de Toboggan. 

Un final très décontracté avec des inédits pour s'amuser, les morceaux qui vont rythmer la vie de la tournée, rompre la monotonie des soirs recommencés : avec JLM pas trop de risques, il déteste ça, semble-t-il refaire le truc.... On ressort de là ravis, après des applaudissements chaleureux, et trois musiciens semble-t-il heureux aussi de la tournure des événements. 

Et je me repose la question : qu'est-ce qui le tient, si haut, si exigeant? Chut,tais-toi, écoute. Au fait un nouvel album est annoncé pour février! 

2018 : Il Francese..

Le Français qui voulût être roi d'Italie. Non ... roi de Naples et de Sicile, nuance! Murat. Jean Louis Joachim Murat, homme du siècle, homme des siècles, passés et présent. L'album est donc sorti depuis 8 jours. 8 jours d'écoutes quotidiennes, pour comprendre, chercher, se laisser bercer de sonorités, de mélodies, d'ambiances... Grand disque d'aujourd'hui, d'hier et de demain. Classique et moderne. Identités multiples, cheminements sinueux : les méandres des fleuves et des rivières, les lacets du sentier de montagne sont aussi ceux de la versification, de la mélodie et des arrangements. Rien de rectiligne. Mélange des langues, des styles, des écritures : "Hold-up, trafiquant de cerises, hold-up, experte en rutabagas". Cheminements trans séculaires et transfrontaliers, ceci n'est pas qu'un album de chanson française, terme refusé par l'auteur... Même si le français est la langue principale et son écriture parfaitement maîtrisée : "Sous un ciel de traîne, un amour s'en va..." : des phrases qui tombent si bien... Ou encore : "Good bye / En souvenir de vous / je guette du Ventoux / le moindre feu de paille / Kids i've got a message for you." Les personnages, de JLM à ceux qui l'inspirent, se mêlent en une identité multiple, pas d'image nette : regarde la pochette! Musicalement, synthèse de ce qui fait Murat depuis longtemps : machines, mélodies, piano, rythmes électro, (tr)hip hop, blues... Refus de s'enfermer. 

Il y a du Gainsbourg (pas du Gainsbarre) dans cet album-là, servi par une culture aux aguets, qui ne sent ni la naphtaline bon teint, ni la putasserie "air du temps" bon marché. Vrai disque cohérent, mais non monocorde, à tous points de vue. Quelques lignes de basse parfaites (Hold-Up); quelques intros piano parfaites itou, mâtinées de sons synthétiques et de phrases qui tombent à pic, (superbe Silvana; envoûtante Treizième porte); quelques images fortement évocatrices (Cinévox); quelques imparables mélodies d'un classicisme élégantissime et brillant (rendre l'âme , Je me souviens). Il Francese puise loin au fond des racines de l'écriture de notre langue. La Renaissance, Rimbaud, le monde contemporain sont convoqués pour créer la poésie d'aujourd'hui. 

Murat, écrivain de -ou en- chanson. Mais l'arbre n'est pas que racines. Français de culture, clairement à l'écoute du monde autour, notes orientalistes parsemées de-ci de-là, sons et choeurs anglo-saxons revendiqués, Il Francese ne s'enferme pas dans une identité terroir, marque de fabrique trop facilement étiquetée sur son dos. L'oeil et les oreilles sont aux aguets de ce qui se crée de par le monde, du vent qui souffle. 

Cela depuis toujours et je réécoute la pharmacienne à Yvetôt (Morituri) du coup...

D'Achtung à Je me souviens le voyage est parsemé de paysages grandioses et de cailloux, d'horizons lointains et de douleurs articulaires, de pensées embrumées et de désirs fugaces. Une montagne à gravir pour se recentrer : se chercher dans d'autres vies pour parvenir à exister. Et in fine ne serait-ce pas une recherche de géographie poétique de soi que d'écouter Murat? "Je voudrais me perdre de vue ... dans une absence congénitale ... dans un simple chant de berger" (Je voudrais me perdre de vue, Grand lièvre). Pour ceux qui sont adeptes le lien ultime sur Murat c'est ici http://www.surjeanlouismurat.com/


Septembre 2018 : Nouvel opus : 

Le nouveau Murat n'est pas sorti mais on en connaît les contours. Attention, avis de chef d'oeuvre? Trois extraits sont disponibles. Hold up le premier est une parfaite réussite à tendance électro pop mitonnée aux petits oignons. Si Ciné vox m'a laissé de marbre, le troisième extrait Je me souviens est une pépite lumineuse, une perle, un joyau, témoin du talent scandaleusement ignoré de la masse de Jean Louis Murat. Chaque mot pesé, l'imparable musique des mots, la parfaite diction, le rythme du phrasé, la voix chaude et étonnamment agile, tout concourt à faire de ce morceau un manifeste au talent. Ne serait ce que pour ce titre sublime, l'achat en double de l'album est obligatoire et sa mélancolie subtile devra faire l'objet d'un traitement particulier par la Sécurité Sociale. Par ces titres, JLM nous rappelle qu'il est non seulement l'auteur français le plus prolifique de son temps, mais surtout le plus audacieux. Audace du classicisme et du modernisme mêlés. Attention, Murat ne bouffe pas à tous les rateliers : il explore les champs de ses sensations et décide de créer, de remettre toujours l'art en chantier. Je me souviens est d'une écriture si fluide, d'une mélodie si évidente, qu'il faudrait que les critiques fainéants délaissent un peu leurs rengaines convenues : "barde auvergnat", "paysan chanteur ermite de la Bourboule", "rock folk boisé à la Neil Young" et j'en passe... Qu'on le dise enfin : il y a plus de poésie chez Murat que chez bien des écrivaillons de la rentrée littéraire! "De la musique avant toute chose" disait Verlaine... Je me souviens est de ces textes dont la musicalité est patente, et dont le sens importe peu, l'intimité du sujet n'ayant non plus aucune importance, même si malgré l'étrange thématique de Murat en Italie choisie, bien des vers sont des authentiques rengaines muratiennes intérieures : "en demi conscience j'allais au fond des ténèbres, sous ta robe blanche la nuit est surnaturelle...". Voilà un rappel simple de ce qu'est JLM : un écrivain de chansons. 

Novembre 2017 En quête.

A l'heure de l'énième écoute de Travaux..., me viennent ces quelques lignes inspirées des souvenirs d'un concert de la tournée "Babel". 

Au sortir de ce concert parisien de novembre, au New Morning, la question semblait évidente : qu’est-ce qui pousse Murat ? La réponse aussi : ça ! Ce que nous venions de vivre, voir, entendre, sentir : un beau concert unique. 

Ce soir-là, dans cette salle dont le mythe n’est plus à redire – mais le choix d’une telle salle n’est pas innocent – ce soir-là donc, hormis quelques méchancetés finalement convenues, sur les statues de commandeurs (Souchon-Voulzy pris comme un seul être, Aznavour, Faithfull, Jagger ou Trenet) Jean Louis Murat, avait donné ce qui le tient : une musique forte, une présence vraie, voire incandescente. 

La voix poussée dans ses retranchements, le groupe, d’abord derrière, poussé devant, puis en fusion avec le chanteur, les improvisations : un concert pour amateur de sensations. 

Me revenait alors l’incroyable performance de l’année d’avant en duo guitare-batterie : c’est une évidence : pour JLM le concert est un instant à vivre et non une machine à cash, une routine de baloche. 

Mais alors pourquoi cette posture à s’en plaindre et à souhaiter la fin du parcours dans ce « métier de merde » ? Qu’est-ce qui pousse Murat ? 

Nous souhaitions comprendre et pour cela replonger dans les chansons. Ne pas s’arrêter aux interviews « peep-show » comme il les avait nommées lors du set, mais revenir à l’œuvre car ce n’est pas trop dire que de parler à l’égard de la somme muratienne, d’une œuvre. 

Oublier le rigolo de mauvaise humeur, le solitaire auvergnat qui monte à Paris pour y faire un show attendu sur des plateaux TV où les animateurs ne manqueront pas de susciter le scandale de tel ou tel propos, de telle ou telle humeur. Car ainsi marche la machine ; Non, ce qui nous tient c’est la question : qu’est-ce qui pousse Murat vers cette exigence scénique, vers cette prolifique discographie, vers ces chansons-fleuves où l’on se noie, ces forêts de sons où l’on se perd, parfois, avec délices, ou plus perversement avec effroi... ? Il nous fallait dans ces chansons, dans cette jungle de mots, trouver qui était le troubadour, de quel bois il était fait... 

Troubadour : C’est le titre d’un album de feu JJ Cale, avec qui Murat possède plus d’une ressemblance. Même solitude affichée, même mépris pour le jeu du spectacle, même amour de la guitare. Mais l’image n’épuise pas le bonhomme… 

Le nouvel album Travaux sur la N89 est l’occasion de revenir sur cette quête tant, à l’évidence, il est lui-même au cœur d’un questionnement sur l’art d’écrire (« de la chose infernale comment faire une chanson ? »). Si "Travaux..." nous perd souvent et nous déroute c'est que, comme pour un Neil Young, par exemple, le chemin de Murat n'est pas rectiligne. Et sa sinuosité est passionnante... A suivre…: 


2017 : Murat, attention aux travaux!

Donc, le nouveau Murat, attendu comme un événement parce que tout de même les derniers étaient de grandes réussites. (On met au défi quiconque d’aligner en si peu de temps des albums de la qualité de la série : Le cours ordinaire des choses – Grand lièvre – Toboggan – Babel – Morituri… ) 

L’ambiance un peu délétère dans laquelle était plongée l’annonce de l’absence de tournée après Morituri amplifie le désir des retrouvailles. Le teaser et les premiers bruits sont excitants : On ne sera pas en terrain connu et Murat est en chantier ! C’est fait, objet acheté… Qu’en est-il des travaux ?

 OVNI de prime abord. Rien d’entendu nulle part… Et pourtant rapidement apparaît l’évidence… On est bien en terre muratienne. Quelques lignes mélodiques imparables disséminées tout au long de l’album entretiennent l’attention et l’espoir d’une chanson au format traditionnel, qui ne viendra pas… : l’intro de « Dis-le le », celle de « Garçon », « Alamo » sont somptueuses et annoncent des tubes potentiels…. Avec « Le chat », « Quel est le problème Moïse ? », « Travaux sur la N 89 » des sons de tous genres nous rappellent que Murat s’est plus souvent que beaucoup d’autres fréquemment remis en question par la recherche de nouveaux territoires. Et que la chanson peut mêler les formes : en l’occurrence pop, blues électro, chansonnette… « Cordes » est un exemple de voyage à l’intérieur des chansons de leurs multiples ambiances. Idem pour « Dis-le le » absolument envoûtante. 

Il y a donc de superbes moments en effet, d’agaçantes et frustrantes ruptures qui conduisent à revenir à ces passages. Métaphore du zapping perpétuel de nos sociétés ? Finalement c’est une forme de boucle qui se construit : et si écouter l’album en mode repeat était la solution ? Dans les paroles certains mots nous rappellent bien l’univers habituel de JLM : « Coltrane », « Travaux sur la N89 » ( et son superbe piano d’intro, si brève l’intro…) ou encore « La vie me va ». 

Qui connaît Murat en concert ne sera pas surpris de voir le chamboulement car enfin, il a toujours cassé les codes et envoyé valser la bienséance de concerts formatés se ressemblant au risque de l’effroi du spectateur-auditeur venu entendre les tubes radios : Muragostang en est le meilleur exemple, mais pas l’unique. La tournée en duo guitare batterie, superbe réussite, témoigne, elle aussi, d’une capacité hors norme à tout bouleverser. 

Paradoxalement, cet album si peu évident à écouter nous invite à la réécoute et agit par strate. Des lignes de basses, des nappes, des moments aériens, d’autres bien plus terriens, nous ramènent à l’évidence du talent mélodique de l’auteur. Et nous invite à dire « Encore ! » PS : Nouvelle écoute : A l’évidence il y a de vraies chansons majeures : « Dis-le le » (je sais, j’insiste), « Coltrane », « Garçon », "Chanson de Sade" s’inscrivent dans la lignée des grandes chansons de JLM sans aucun problème ! 


2011 : homme seul perdu de vue

Je ne suis pas dylanologue, muratien, expert es homme chantant. J'ai passé l'âge d'être fan ce que je n'ai d'ailleurs jamais aimé-assumé d'être. T'as déjà fait la queue pour un autographe bâclé de merde? Autant dire que je ne veux pas être pris pour ce que je ne suis pas à l'heure de parler du dernier opus de JLM Bergheaud - pardon, Jean Louis Murat. D'autres seront plus légitimes pour en discourir et analyser la chose : Bayon a chroniqué le disque hier ou avant hier dans Libé, qui est le seul quotidien à faire place à ce disque en deux pages. Si après ces précautions de délégitimation vous lisez ceci c'est que vous l'aurez voulu.

Je ne suis pas muratien ni fan en mode transi, juste auditeur passionné d'un auteur prolixe que j'estime admirable (digne d'être admiré).

Admirable indépendance, faisant fi des modes courants et temps de l'industrie musicale, sort son disque annuel juste parce qu'il écrit des chansons et les enregistre!

Admirable régularité de qualité d'écriture. Oh, certes, il n'évite pas la répétition, parfois, mais la cohérence est à ce prix, de redire la même chose toujours et encore (toujours le même t'aime disait Gainsbourg.)

Admirable musicalité du timbre et de l'intonation, de phrasé...

Bon voilà j'aime bien mais encore?

L'homme seul perdu, qui se retient mais qui aime à se vomir parfois, qui répand sa médiocrité et son exigence tout à la fois, sa peur et son arrogance en même temps, la nature et la culture, le primitif et le policé des moeurs...

Le versificateur capable d'écrire, Verlaine, Baudelaire, Rimbaud et Blondin, les chants passés, les champs et les prés, et Bahamontès.

La chanson semble sans fin parfois, revient d'un album à l'autre par une intonation et un phrasé, qui n'est rien moins que la mise en dehors d'un rythme intérieur : écouter la manière de chanter :"En détail d'une journée / Voilà les derniers moments", rythme que l'on entend dans de multiples albums gage de sincérité plus que d'une marque de fabrique.

S'arrêter au bord d'un chemin, en haut d'une colline, regarder au loin et au près; sentir la rosée sous nos fesses mouiller nos jeans délavés. Et pleurer de joie devant tant de beauté et ce qu'on est capable d'en faire. Boire un verre de rouge, un pinot qui prend le goût de la terre d'où il est né, au soir, une table en bois sous nos coudes élimés. Se taire et rire enfin ou pleurer selon ce que le feu de la veillée et le goût du vin nous aurons dicté.

J'aime que quelqu'un puisse dire :

"Je voudrais me perdre de vue ... dans une absence congénitale ... dans un simple chant de berger";

mercredi 24 mai 2023

Si je m'attendais

Une seule chanson et mille émotions. Comment dire que Murat a défini la chanson parfaite (une fois de plus). C'est incroyable. Oh vous... si je m'attendais... Je suis à genoux... (hiboux, choux mais caribou). Chère vous.... C'est magnifique. Bonjour toi!

Baby Love.

Baby Love. Titre ambigu. Amour qui s'en va (surtout), amour qui vient (peut-être). Murat sort un disque. Évènement. Annuel. Quand même... Écoute la musique de ça : "Aux sources de la Loue/ je ne sais quoi j'attendais / Sans doute le début du monde/ Troubadour rêvassait/ je ne sais quelle mélodie / So long" (Si je m'attendais) Merde, le mec est un tueur. Première écoute... sceptique. Et puis la musique explose: des guitares partout mais dans les recoins de la rythmique. Stax! Shit!Même quand l'évidence mélodique n'est pas là, l'évidence musicale y est.Et surtout la qualité de l'intention. En gros l'histoire est celle d'un mec qui se sauve du désamour par la chanson ce "métier de mulot". Écouter, donc "Montboudif", "ça c'est fait", "si je m'attendais", "La princesse of the cool", "réparer la maison"... ça aurait pu s'appeler Alcools... Je crois. On sent aussi que "Travaux..." a été un travail fondateur (lire ici). Là des sons, des machines et des idées ressurgissent de cet album de non-chansons qui a tant dérouté : il était porteur de trucs je l'ai déjà écrit. Et c'est bien. Voilà. Ça c'est fait.

Murat 2019

16 octobre 2019, centre culturel Georges Pompidou, Vincennes... Début de la nouvelle tournée de Jean Louis Murat, qui fait suite à celle de l'an passé, celle d'Il Francese, qui a donné lieu à enregistrement "Live" (Innamorato)... Je n'ai pas mon diplôme en muratologie et je ne compile pas les set-lists quotidiennes comme autant d'éléments de preuve à charge ou à décharge. Je suis simple spectateur passionné. On passe d'abord devant l'éternelle Jocelyne que l'on va saluer. La salle est comble et semble moins glauque que l'entrée déprimante du bâtiment ne le fait préjuger. Chacun y va de son pronostic sur l'humeur de Jean Louis Murat : va-t-il encore bougonner et râler? L'audience sera-t-elle réceptive? Ma question à moi, c'est : quelle nouveauté sera l'objet du concert? J'avais été frappé au "café de la danse" en décembre 2018 par la justesse musicale de la formation. Le son était porté par la batterie de Stéphane Reynaud, fine et puissante et la basse agile de Fred Jimenez. Murat était essentiellement à la Télécaster et c'était très bon. Ce mercredi soir 16 octobre on retrouve cette formation. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle sied à merveille à Jean Louis Murat. Ces trois-là jouent ensemble depuis très longtemps, cela se sent et c'est très soudés qu'ils déploient leur musique. C'est un GROUPE et c'est cela qui m'impressionne ce soir. Pour varier ses plaisirs et parce que c'est son bon plaisir que de changer quelque chose, Murat a troqué l'électrique Fender pour une guitare électro acoustique 12 cordes. Dès le premier morceau, "Kids", on se sent pris par une vraie magie, l'art de transformer et de réorchestrer pour trio des chansons enregistrées dans un environnement bien plus complexe. C'est l'art de Murat de savoir désosser les chansons d'en retenir la substantifique moelle et d'en proposer d'éternels recommencements. On est vite rassuré sur l'ambiance : il est de bonne humeur et le public est prêt à s'embarquer et y trouve du plaisir. Les trois compères se trouvent facilement : si JLM est leader, c'est sa musique, ce sont ses chansons, il est clair que les deux lascars qui l'accompagnent sont partie prenante du projet : Les lignes de basse sont puissantes et musicales, la batterie est imparable, nette d'une précision diabolique. Nous aurons droit à l'harmonica sur quelques merveilles : l'envoûtant "Je me souviens", le superbe "voyageurs perdus" (Tristan, 2008, dont il joue aussi "Tel est pris" façon rock). Entre-temps "Hold-up" est passé par là, "Cinévox" aussi (seule fausse note dans l'arrangement raté, à mon avis) et ainsi que "Gazoline". Des extraits de Morituri bienvenus : "Tarn et Garonne", "French Lynx" très réussis. "Over and over", et "Agnus dei Babe" de Toboggan. Un final très décontracté avec des inédits pour s'amuser, les morceaux qui vont rythmer la vie de la tournée, rompre la monotonie des soirs recommencés : avec JLM pas trop de risques, il déteste ça, semble-t-il refaire le truc.... On ressort de là ravis, après des applaudissements chaleureux, et trois musiciens semble-t-il heureux aussi de la tournure des événements. Et je me repose la question : qu'est-ce qui le tient, si haut, si exigeant? Chut,tais-toi, écoute. Au fait un nouvel album est annoncé pour février! Sur JLM , lire aussi la critique d'Il Francese et celle des singles, celle de Travaux , et des impressions variées ici et ...

mardi 16 mai 2023

Petits mots entre amis

Merci Gérard, merci Gégé! Il n'aura échappé à personne que l'Affaire Depardieu, que dis-je l'affaire, le scandale, le buzzzzzzzzz, le moment Depardieu, a un mérite fondamental : renvoyer chacun à sa vérité et les fictions à ce qu'elles sont : de la fiction. Face à ce monument Depardieu, premier à dégainer, le Premier ministre : et le politique de se retrouver nu avec son impuissance à réformer, à éclairer la nuit et à persuader. "Minable" le mot est petit, mais la vérité est là : triste vérité, mais depuis longtemps l'acteur a laissé place au comédien de sa propre vie, et depuis longtemps le grand Depardieu joue les Tartuffe : acteur? Peut-être. Homme d'affaires et combinard, certainement.... Ceux qui ne voulaient pas le voir se mentaient. On sait bien que le pote à tout ce qui compte dans les affaires foireuses du petit capitalisme néo colonial français, a depuis belle lurette renoncé à l'art pour se donner au cochon.
Entre en scène, le grand Gégé via le JDD. Monument d'hypocrisie, ultime tentative de passer pour une victime. No comment, a-t-on envie de dire et oubliez tout ça.
C'est alors que la jolie petite famille du cinéma français va nous piquer sa crise et faire un "nervous breakdown", aurait dit Audiard. La famille qui éclate et c'est mon cœur qui s'envole (comme un faucon). Qui n'a pas envie d'exploser da télé devant cette soirée des Césars ou les faux-culs rivalisent de saillies foireuses à coup de sketchs larmoyants, de décolletés toujours plus profonds, de sourires pincés, d'accolades où se devinent l'envie d'égorger son "partenaire-rival-meilleur ami-mon cul" et de l'humilier à coup de bon mots se faisant lever la salle? Qui n'a pas eu envie de se lever et de traiter cette "grande famille du cinéma français" de bandes d'abrutis imbus d'eux-mêmes, si sûrs de leur talent?
Gloire à Torreton d'avoir, en appuyant où ça fait mal, soulevé le couvercle de cette marmite où cuit une soupe au beurre rance et se recuisent de vielles rancunes tenaces... Car l'article de Torreton sonne comme un accès de rage où beaucoup de non-dits explosent à la face d'une sorte de commandeur honni et autrefois trop aimé. Que fait Torreton? Sous la leçon d'éducation civique ("Tu croyais quoi? Avoir une médaille"), il engage les hostilités sur l'acteur Depardieu, sur l'ancien et l'actuel. Et cela fait mal, et cela blesse, et cela touche juste. Depardieu traité de Montfleury, c'est le masque qui tombe. Cyrano devenu Laguiche, c'est l'humiliation. Et Gégé reste coit. Je ne vais pas analyser le silence mais j'ai bien une petite idée... Gégé silencieux, ses soutiens se déchaînent : Premier soldat, Fabrice Lucchini... Lol.
L'argumentation Luchinienne est ridicule : "Pour critiquer Depardieu il faut une filmographie solide". Entendez : "qui c'est ce Torreton,  qui a si peu de films au box office, cet acteur même pas "bankable", qui critique notre monument presque panthéonisé? Et de quel droit?" "Du droit d'expression, ducon!"s'entend-on répondre par soi-même. Lucchini parle mieux la langue des autres, celle de Céline par exemple, que la sienne propre. Alors qu'il se  taise, car ce type d'argumentation est si peu solide, elle, qu'elle ne touche que son auteur. Qu'est-ce qu'une filmographie "solide" M. Lucchini? Avoir joué dans P.R.O.F.S.? Combien de films doit-on retirer à la votre, pour qu'elle reste convenable, cette filmographie? Vos films, dont si peu finalement ne resteront dans les mémoires du cinéma, sont-ils autre chose qu'un gagne-pain, comme un autre? Ni plus digne, ni moins, que le mien...Après avoir tenté de donner un rang au cinéma et aux acteurs par là-même, - on est si bien servi par soi-même, fut-ce d'une soupe dégueulasse-, Lucchini affirme -et là on reste consterné : "je ne juge pas mes amis." Cette sortie pourra, elle,  rester comme le révélateur de la personnalité tout à la fois démagogique, consensuelle et inculte de celui qui joue avec les mots comme avec des quilles, génial jongleur verbal, si creux au fond. A ne pas juger ses amis, on peut en avoir beaucoup. Manquer de discernement à ce point est inquiétant. Permettez-moi Monsieur de juger mes amis avec l'empathie nécessaire pour savoir leur dire mes désaccords, mes inquiétudes ou mes déceptions. Mais là n'est pas la question. Torreton ne traite pas Depardieu comme un ami. Il ne fait pas semblant d'appartenir à une même famille. Au contraire! Il lui renvoie à la face tout l'irrespect dont l'autre fait preuve, sur les tournages notamment.
Sans doute peu rassuré par cette boiteuse plaidoirie, d'autres soutiens sortent du bois. La Reine-Mère, Catherine Deneuve, fait entendre sa voix. Relol. "On n'attaque pas quelqu'un sur son physique. C'est mal M. Torreton". Mais l'ami Torreton n'a pas attaqué Depardieu sur son physique. Il a juste utilisé les vers de M. Rostand pour renvoyer Depardieu à ce qu'il n'est plus : un acteur.
Deuxième argument : "Si vous aviez vécu  sous la Révolution Française, j'aurais eu peur de vous". Formidable reprise d'arguments de la droite d'aujourd'hui pour tout mélanger et revenir à la chose politique. C'est à la fois se trahir et se tromper. Montrer à quel camp on appartient soi-même : celui des privilégiés et des anti-révolutionnaires, alors même que faire de 2012 et de la mesure fiscale Ayrault un avatar de la Révolution est parfaitement déplacé. Mais de Bernard Arnault à Tapie et de Le Pen à Copé c'est le grand jeu du moment...Que des riches privilégiés d'aujourd'hui s'emberlificotent à se croire victimes de révolutionnaires de 1789, en dit long sur leur état de délabrement intellectuel et politique... Mais nous serons toujours des révolutionnaires de 1789! Nous en sommes les enfants et gloire à eux et à leur mémoire!
Alors sortent de prestigieux soutiens : Gad Elmaleh lui-même, chouchou n°1 du cinéma Canal Plus, y va de son tweet : 141 signes c'est sans doute déjà trop, mais il tente de penser : autant qu'il fasse bref... On n'entre pas comme ça dans la cour des grands dit-il à Torreton. Lui non plus n'a rien pigé. C'est cela qu'il vous reproche et que vous prenez si mal, le Torreton. De vouloir jouer avec les Grands de ce monde. Torreton vous demande de rester à votre place; être acteur ne donne aucun droit, aucun privilège, mais vous ne le savez plus....
Faut-il vraiment commenter les mots d'Arthur, ce pantin télévisuel qui croit être acteur parce qu'il peut s'offrir un "one man show" et qu'il tient la chaise de Pierre Tchernia depuis 20 ans??
Ce qui est vraiment jouissif dans cette hystérique prise de bec c'est de voir partir en live cette pseudo famille et cela montre que Torreton a vu juste. En dénonçant le comportement de Depardieu, il a sans doute révélé ce que beaucoup en bas de l'échelle pensent tout bas sur les nobles du cinéma Français. Irrespect, pouvoir absolu de la star, du fric, de la Téloche. Deuxio, il a révélé un certain nombre de solidarités de privilèges, pourrait-on dire de classe?, voire de caste?,  à l’œuvre dans le cinéma français. Son mot final "Adieu", sonne comme un renoncement : il sait qu'il va morfler d'avoir parlé. Que le pouvoir de nuisance de l'autre est terrible et que de beaucoup de productions, il va être écarté : la clique Dayan, les films à Dédé etc.... Dans la grande famille comme dans toutes les familles, il y a des secrets à ne pas révéler.
Tiens, à propos... , qui a demandé à Gérard  le montant des aides du CNC dont les films auxquels il participe ont bénéficié pour boucler leur budget grevé par les émoluments de la star? Qui lui demandera de publier les comptes de ses sociétés? De tout cela, nous n'avons pas parlé. Mais il aurait fallu sans doute...

vendredi 14 avril 2023

Révolutionnaires?

 Ils se rêvaient révolutionnaires. A fond. Les uns trotskystes (la classe ça, "Trotskyste"). Certains même "maoïstes" (ça pète maoïste). D'autres, plus flous sur leurs ambitions, mais putain c'est sûr ils allaient changer le monde et on allait voir ce qu'on allait voir. 

La plupart n'ont jamais bossé mais ont réussi à collectionner les montres de prix, les maîtresses à bas prix, les responsabilités syndicales bidons, et la gloire à bon marché, mais pas longtemps. Ils appartiennent au même parti et pensent qu'il faut en changer le nom maintenant qu'ils ont perdu...

Jaurès n'a même pas honte d'eux : ils ne sont pas du même monde que lui. Ils ont trahi tous les jours, toutes les causes qu'ils prétendaient défendre. Pour le fric, pour certains, pour l'honneur pour d'autres, pour être tranquilles, pour l'ambition. Jospin, Béré, Dray, DSK, Valls, Hollande, Royal, Collomb, Delanoé, .... pfff la liste est trop longue. On vous chie dessus. 

mardi 21 mars 2023

à mort la Veme!

 Macron est mal élu. Je ne sais pas s’il est mal baisé, ça me regarde pas,  mais il est mal élu. 

Avec 38 % des inscrits au second tour il est le plus mal élu des présidents de la monarchie républicaine depuis 1958. Faut-il lui rappeler que son adversaire du second tour a servi de repoussoir pour qu’il engrange, lui, Jupiter, des voix ? (Ouah la honte, Jupiter trop nul le dieu des dieux)

Sa légitimité politique en pâtit même s’il ne veut pas l’avouer (on le comprend, Jupiter ne saurait être désavoué…)

Sa pratique du pouvoir le disqualifie aussi, ce qui n’est pas rien. Après les gilets jaunes et la mascarade du grand débat, v’la t’y pas que le président Jupiter récidive : or, errare humanum est, certes, mais récidivare diabolicum  est, ou un truc comme ça non ? 

Bref, ce gros naze après avoir baladé les français organise le bal des cocus pour les retraites. Qu’on en juge : une réforme majeure, sociétale, fondamentale pour la vie de millions de personnes,  insérée dans une loi de financement rectificative de la Sécu, loi de financement adoptée un mois avant. Calcul et insincérité évidente ! Puis, usage du 47/1 qui limite le temps de débat. Puis, usage du 44/3, c’est à dire le vote bloqué au sénat ! Puis, 49/3 pour finir. 9 petites voix de majorité… Honte à nos gouvernants de pacotille, mal élus et illégitimes. 

Et ils pensent que la colère va s’arrêter en nous promettant des jours meilleurs et un carnet de route ? Je me gausse (jaune) et j’irai jeudi manifester avec les jeunes, les vieux, les poulbots, les syndicats, les rosies, les anonymes, tous ceux que Macron et consorts (Macron, Valls, Borne, Darmanin et tant d’autres) ne voient et ne reconnaissent pas. 

Et j’ajoute : si ça peut finir en barricades, ça me dérangera pas. Mort à la Vème ! 

vendredi 27 janvier 2023

Être ou ne pas être, faire (grève) ou ne pas faire (grève)…

 Expression d’un non-syndiqué.

Ceci est l’expression d’une opinion personnelle et n’a d’autre vocation que d’être contredit autant qu’approuvé.

Je ferai grève mardi prochain parce que j’ai fais grève jeudi dernier.

Parce que si l’on veut combattre cette réforme injuste, le parlement n’y suffira pas.

Je ferai grève parce qu’on me rajoute trois ans de travail : 2 ans plus deux semestres pour ne pas subir une décote telle, que partir ne serait pas envisageable.

Je ferai grève car cette réforme est inique. Le but de la réforme n’est pas tant de reculer l’âge de départ, que de faire en sorte qu’en le reculant, les pensions se réduisent, que les gens usés partent avec moins.

Le but c’est de faire du « cash » vite. Besoin d’argent… Besoin d’argent ?

Je ferai grève car de l’argent, il y en a… Le déficit des retraites annoncé de 12 milliards est inférieur à la hausse annuelle du budget de la Défense…

Dois-je comparer ces sommes aux 80 milliards de dividendes distribués cette année par les 40 entreprises les plus importantes (CAC 40) ?

Ce ne serait pas très honnête car, enfin, ce n’est pas la loi qui détermine le paiement des dividendes. Mais on peut admettre que c’est un peu choquant, non ?

En tous cas si les salariés en bavent, le capital, lui, se régale.

Je ferai grève pour défendre un système public. La réforme des retraites est un choix politique, rien d’autre. Elle est menée dans un contexte de super inflation qui nous contraint et nous fait hésiter à faire grève. On peut croire que ce n’est pas un hasard...

Tout est lié : uberisation de tous les métiers (y-compris le notre), record des radiations des chômeurs en 2022, réforme des retraites : le néolibéralisme est à l’œuvre et veut la peau de la répartition, de la Sécu et des services publics : Vive Malakoff Médéric et que vivent les fonds de pension ! Les pauvres, eux, qu’ils survivent…

« Travaillez, épargnez… » ça me rappelle une bonne vieille maxime 1830...

Je ferai grève car la grève générale ou reconductible ne se décrète pas ; elle se construit. A ceux qui pensent que ces journées sont inutiles et attendent la grève suivie de long terme : elle n’arrivera pas comme ça « comme  par magie ». Elle n’arrivera que si la mobilisation est forte en amont. Si les salariés se bougent.

Je ferai donc grève. Peut-être une dernière fois.

Car si la mobilisation s’amoindrit, si la rue ne menace pas le gouvernement, la chose est entendue : ARTICLE 49-alinéa 3… Ite missa est.

samedi 14 janvier 2023

Dans la rue!

Depuis longtemps la France et ses gouvernements ont fait le choix du chômage (voir et lire cette bande dessinée documentée et éclairante). De l'abandon. De la violence institutionnelle.

Abandon de l'industrie. Abandon des services publics. Soumise à l'OCDE et ses diktats, la France déchire consciencieusement son contrat social issu de la Résistance et du CNR. Abandon de la générosité, abandon de l'humanité. Frontières fermées. Droits réduits. Pensions en berne. 

Depuis le gouvernement Valls et la contestation de la loi Travail El Khomri, une doctrine policière de la violence encadre les manifestations quelles qu'elles soient... Le mouvement des gilets jaunes n'a rien changé. Juste des borgnes en plus. 

La trahison politique des socialos se double d'une connivence avec les milieux affairistes les plus glauques. 

Des exemples? 

> Bauer, faux savant, vrai homme d'affaires, se frotte les mains. Depuis 20 ans il est ministre de  l'intérieur par procuration... On lui octroie des chaires à l'université, il ramasse des contrats en faisant adopter une législation ad hoc...

> Quand l'exigence écologique exige un retournement complet des pratiques agricoles Hollande et son copain Le Drian autorisent les extensions des élevages les plus pourris pour satisfaire le lobby agricole... Lire ceci : https://www.editions-delcourt.fr/bd/series/serie-algues-vertes-l-histoire-interdite/album-algues-vertes-l-histoire-interdite

Plus largement, doit-on faire la liste de tout ce que Chirac, Sarko, Hollande et Macron ont donné à la finance? 

Maintenant, ce sont les retraites. Faut dire que 550 milliards de Sécu par la solidarité c'est autant que les capitalistes n'ont pas... Alors qu'aux USA les fonds de pensions privés font la loi. Et nous assèchent en participant aux capitaux des groupes partout dans le monde et faisant fermer des entreprises rentables (mais pas assez selon leurs critères) et utiles...

Faut-il en rajouter? Ces emplois détruits, ces services en berne, le moins-disant partout, ça a un coût :  des gens abandonnés, des emplois précaires partout, des gens désespérés qui n'ont plus rien à perdre...  Ils ont déjà tout perdu. Cette année, record des radiations de chômeurs et l'annonce du plein emploi à venir. 

C'est une sorte de bataille et elle sera terrible... Comme disait Philippe le Hardi à son père le roi assailli de toutes parts :  "Père gardez vous à droite! gardez vous à gauche!" Macron sera dans son palais blindé, protégé par des fusibles... 

 Il est clair que s'annoncent des jours sombres. 

Jeudi, on prendra cher dans la rue. Mais on y sera. 


dimanche 10 avril 2022

Valeurs

 Et voilà...  Jamais deux sans trois. Mais cette fois-ci les fachos peuvent gagner. 

La question n'est pas de savoir si Macron est de droite ou de gauche. Non, il n'est pas de gauche et, oui, il mènera une politique de droite dure s'il était réélu.

La question n'est pas de savoir si Jadot pouvait seul à gauche gagner l'élection. Cette fadaise construite à l'aide de l'interprétation de sondages sur le "moins répulsif  des candidats", oublie deux choses : 1/  le plus important : pour gagner le second tour, il faut y parvenir... 2/  pour rallier les voix des électeurs macronistes, il ne faut pas un duel Macron-Jadot. Cette hypothèse a permis à nombre de militants EELV de taper sur Mélenchon pendant des semaines. Bravo. 

La question n'est pas de savoir, pourquoi la gauche est si stupide. En tous cas, pas maintenant.

La question n'est pas de savoir si la politique menée par Macron, par sa dangerosité,  n'aide pas finalement Le Pen à augmenter : bien sûr que si!

La question n'est pas de savoir si Le Pen aura une majorité aux Législatives. Elle peut tout à fait l'avoir sur les cendres chaudes de LR dont 40% d'électeurs ont choisi Ciotti qui lui-même choisit Zemmour! Oui un gouvernement d'extrême droite c'est possible. 

La question est : "Le Pen et Macron, est-ce de même nature?" 

Je pense que non.  

Je persiste à croire que Le Pen c'est le fascisme, le racisme, le nationalisme puant et bêta. L'antisémitisme ontologique. Travail Famille Patrie. L'Algérie française, OAS et torture. 

Un danger immédiat pour nombre d'habitants de ce pays.

Oui il y a une différence de nature entre ces deux mouvements politiques. Oui le macronisme est dangereux et détestable. Oui Le Pen c'est la bête immonde. Les renvoyer dos à dos c'est se tromper, c'est faire preuve d'un relativisme au moins aussi dangereux que le macronisme. Plus de valeurs, plus de repères, plus de digue. 

Qui voudra dans dix ans susurrer à l'oreille de ses enfants... "Et quand ce fut notre tour, il n'y eût plus personne pour nous défendre..."? 


mardi 5 avril 2022

Bien sûr...

Bien sûr, on peut faire semblant de croire que Le Pen au pouvoir, c'est pas si grave. On peut même le croire vraiment d'ailleurs. Législatives, cohabitation, chaos politique, et par je ne sais quel miracle révolution citoyenne... Oui, mais non. Le Pen élue, ce serait factuellement la preuve qu'elle est capable de rassembler suffisamment de gros cons de Français pour être légitime. Ceux qui pensent que le FN (je ne dis jamais le RN) n'est pas capable de gagner les Législatives derrière, oublient la recomposition de LR, parti  totalement écartelé par cette Présidentielle. Entre les tenants de Ciotti (40% du parti) qui rallieront sans aucun scrupule Le Pen, et ceux qui joueront la carte Macron, les LR pur jus auront disparu tout aussi sûrement que le PS après la magnifique campagne d'Hidalgo... Et même si cohabitation il devait y avoir, que ressortirait-il d'une dissolution en septembre? Alors, que les militants de LO et du NPA jouent la carte de la rue c'est normal et je ne les blâme guère. Mais que les démocrates sociaux, les bobos écolos (ou pas d'ailleurs), les pisse-froids radicaux ou les communistes historiques fassent semblant de pas voir l'horreur qui s'annonce, ça me fait chier. Encore une fois, Macron a accumulé sur sa personne une détestation rarement atteinte sur la durée. Il l'a mérité parfois, mais elle prend un tour irrationnelle parfois aussi. Elle peut lui coûter sa réélection d'autant plus que la stratégie de ne pas faire campagne, on le sait pourtant depuis 1965, ça ne marche pas... Ceux qui m'expliquent que le vote Mélenchon n'est pas un barrage contre le FN au prétexte qu'une partie non négligeable de son électorat est susceptible de choisir Le Pen au second tour contre Macron se trompent (ou font exprès de se tromper, plus sûrement) sur un point : ces électeurs-là n'auront pas à faire ce choix si Mélenchon est devant Le Pen au premier tour...

Qu'on ne doute guère que tous les candidats sont des gens d'une certaine valeur (si, si) et d'une grande ambition. Cela est certain sinon ils ne seraient pas où ils sont aujourd'hui. J'exclus de ce raisonnement, pour la valeur, l'héritière (Le Pen) et le parvenu de la télé (Zemmour). Pour l'ambition, bien sûr qu'ils rejoignent les autres sans exception. Le seul qui dit qu'il quittera le pouvoir après la réforme de la constitution, au fait, c'est Mélenchon. On peut le croire, ou pas. Mais on peut et on pourra lui rappeler...

 Le Pen est aujourd'hui aux portes du pouvoir et on fait comme si de rien n'était... Misère.

dimanche 3 avril 2022

Election Présidentielle

A une semaine du premier tour, je sais pour qui je vais voter. Me déterminer ne fut pas facile car à l'évidence des valeurs qui fondent nos choix se heurtent les incertitudes humaines des personnalités candidates et la situation politique. Je dois ajouter que je n'ai aucun goût pour le système présidentiel français que je considère comme archaïque et antidémocratique, surtout depuis que le quinquennat et l'inversion du calendrier électoral ont été décidés.  J'envie (pas beaucoup) les personnes qui ne se posent pas de question et sont guidées par leurs certitudes politiques d'avoir raison. Ce doit être plus simple d'aller voter, alors... 

Donc, je voterai Mélenchon et ce sans aucune illusion sur quoi  que  ce soit (résultat - bonhomme - faisabilité du programme), juste pour faire barrage à Le Pen dès le premier tour. Autrement dit, faire en sorte que les fachos ne soient pas au second tour. Mince chance. Triste dans un pays comme le notre (il n'a pas d'autre particularité que d'avoir été l'un des premiers à essayer d'être démocratique) d'en être là. On peut regretter énormément de choses sur l'offre politique à cette élection et gloser à l'infini sur les qualités réelles ou fantasmées des candidat.es et des programmes. On peut aussi rappeler que cette élection ne règle pas tout et pour les plus pessimistes dont je suis, n'a finalement qu'une importance toute relative s'agissant des enjeux qui nous dépassent et qui sont majeurs : l'écologie, les migrations, le statut des plus démunis de la planète. Elire untel ou unetelle en France ne changerait rien à l'ordre mondial. Certes.

La gauche universaliste et démocratique est la grande absente et s'est fait confisquer par une personnalité audacieuse et déterminée dans sa stratégie, sa représentation. Tant pis pour elle. Les socialistes ont depuis longtemps trahi les classes populaires, ils n'ont que ce qu'ils méritent. Roussel se vautre dans un populisme de bon aloi fustigeant la "gauche Tofu" et flattant ainsi les lobbys de la malbouffe : il n'a que ce qu'il mérite. Les Verts n'ont encore pas réussi à rendre leur discours audible aux masses : qu'y puis-je? Me reste LO NPA et FI ... Autant dire rien en terme de choix. "Aller vers l'idéal et comprendre le réel" c'est une phrase de Jaurès et c'est ma devise personnelle quand je ne sais plus. Mélenchon me semble essayer de tendre vers cela même si les contradictions du type laissent plus que perplexe. Peut-on échapper au populisme dans ce type d'élections? C'est à se le demander... Mais surtout aujourd'hui : l'époque est une ère de la communication rapide, de résultats instantanés et on veut on croit que l'on peut avoir tout, tout de suite... Uberisation généralisée...(bientôt aussi en salle des profs... Une mauvaise note, vite un prof de secours!) J'ai voulu me réfugier dans le vote blanc, mais on m'a persuadé d'aller voter. Alors j'irai comme animé par une sorte de réflexe démocratique. Et parce que je ne veux pas être aux ordres d'un ministre de l'EN de Le Pen, parce que je ne veux pas voir des français être considérés comme des citoyens de seconde zone et des étrangers encore plus mal reçus qu'ils ne le sont aujourd'hui par notre gouvernement de droite, parce que je ne veux pas que l'on banalise le fascisme, j'irai voter pour celui qui peut encore espérer la battre. Macron a acquis une telle dose de détestation sur sa personne, à raison parfois, de manière tout à fait déraisonnée d'autre fois, qu'il n'a pas du tout la certitude d'être réélu. En réalité voter Mélenchon peut assurer sa réélection plus que certainement. Mais je préfère un représentant d'une droite démocratique, fusse-t-elle dure, fusse-t-elle dangereuse, que faire croire que Le Pen est banale. Donc voilà....J'aurai du me présenter mais je l'ai déjà fait et c'eût été réchauffé... Dire que rien n'a changé depuis, que c'est pire en tout.... Quelle catastrophe....

La folie Vitry!

 Manu Chao en concert. Le type ne fait plus d'album, sort des enregistrements sur les réseaux depuis son repère barcelonais. Il n'est plus en carrière, il est musicien de vie. Tournée dans les Balkans, en Italie, participation à des concerts de soutien à des assos, parfois devant 15 pelés. 

Il s'annonce via l'association Los Locos à Vitry, au Kilowatt. Vitry. On l'avait vu en 2019 au Crapo à deux encâblures dans la même zone industrielle. Voilà les lieux qui le motivent à jouer en France désormais et c'est tant mieux. 

Combien de fois l'avons nous vus? Tant que je ne saurais dire et dans de multiples configurations. Avec la Mano bien sûr puis avec Radio Bemba, la Ventura ou en duo. Il y eût Pigalle, St Denis, la Clef à Saint Germain, Sèvres, La Bastille, l'Olympia (mythique) ... Puis Langon, Vic Fézensac (Magique !), l'Huma, Creil, des Bercy, Gignac (la folie Gignac!)... J'en passe... 

Le concert d'hier m'a scotché. Non par l'originalité. Ca fait longtemps que ce set est le même ou presque, et pourtant toujours différent! Hier soir, le concert a franchi le mur impalpable de la magie qui fait que d'un bon moment tu passes à un moment unique gravé dans le temps et le cœur. Ce moment où il change de dimension. On était à deux heures de concert avec une super ambiance, un public de feu et plein de bienveillance (envers les plus petits que soi, envers l'autre quel qu'il soit tout simplement) quand, presque d'un coup, une étincelle que l'on n'a pas vu venir, le public est devenu "fou". La ferveur est montée progressivement et est devenue boucan infernal. Comme une explosion de joie, de rage, de bonheur d'être là et que, non, décidément on partirait pas, on se tairait pas. Effet post Covid (mais c'est pourtant  pas le premier concert de "l'après...")? Effet pré Macron ère 2 ou Le Pen 1? (mais il n'y eût aucune incantation politique)? Simple effet de la musique d'un musicien heureux de jouer "à domicile", de retour en banlieue? Je ne sais pas. 

Juste un moment où la soirée bascule dans une dimension où on n'a plus prise analytique sur le cours des événements, sauf que l'on y participe pleinement. Et ce fut une heure supplémentaire de hurlement à chaque refrain, de riffs de cuivres vocaux puisque de cuivre il n'y avait guère, de bondissements et de pogos. Un bonheur incroyable se lisait sur le visage de chacun lorsqu'au 5e rappel l'heure de rallumer la salle avait sonné. Un magnifique concert, dans un lieu simple, trois cabanes et un chapiteau. 20 balles. Un musicien qui donne TOUT avec ses compères :  Philippe Teboul alias Garbancito de la Mano Negra et Lucky Salvadori, magnifiques et généreux eux aussi! 

Et l'on sortait KO. Merci au lieu, à Los Locos, de faire que des moments comme ça existent encore. 


mercredi 12 janvier 2022

Unité nationale.... de mes deux!

 Blanquer invoque la sacro-sainte "unité nationale", parangon du comportement civique apparemment, et accuse les profs de la briser. D'abord, c'est lui qui nous les brise. Et puis l'unité nationale, l'union sacrée disait-on en 1914, c'est bon pour les pigeons. 

S'il est des événements qui peuvent justifier d'un comportement unioniste, la crise actuelle n'en relève guère, c'est certain. Alors quoi? Nous ne devrions pas critiquer les injonctions contradictoires, les accusations à l'emporte-pièce, fussent-elles présidentielles? Nous devrions, le doigt sur la couture du pantalon, obéir au doigt (d'honneur) et à l'œil (de Moscou?) à des oukazes ministériels  pour la simple raison qu'ils sont ministériels? 

Nous devrions comme des pingouins marcher en rangs parce que le sinistre nous l'ordonne? 

Non. "Va fan enc...o",  comme disent nos cousins italiens (pourquoi les Italiens sont-ils nos cousins? ça, j'en sais rien). Je ne sais pas ce que ça donne en tunisien ou en kabyle mais ça doit sonner tout aussi bien. Ah la musique des langues du sud...

J'invoque notre droit à la raison! (Les Lumières que chérit notre sinistre, l'ennemi du wokisme, ce péril si important....). A la raison donc, aussi à la critique! Donc à la manif'! Et même, si, si... à la désobéissance. Même si Kant est pas d'accord. Zut alors! Oui mais pleins d'autres (Thoreau, Diderot, Constant...) sont pour...Ouf, rassuré!

Et dire que dans 3 mois on vote... Mort de rire. Dans Blanquer il y a le mot cœur. Mort de rire. Fin de la vanne. Elle a déjà bien assez fait de dégâts. ("Tu as l'détonateur juste à côté du cœur... C'est la fin... fin... fin... La fin.")