mercredi 6 décembre 2017
dure semaine...
Dure semaine pour la droite...
D'Ormesson, Johnny passent l'arme à gauche; et bientôt Wauquiez à la tête de LR... L'attaché(e) de presse est sous Lexomil préventif?
samedi 2 décembre 2017
Neil Young.
Neil Young est un génie et ce n'est pas moi qui vous l'apprend. Mais notons l'initiative magnifique qu'il a finalement concrétisé ce jour: l'ouverture au public de la totalité de ses archives sonores. Tout ce qui est disponible rendu public de son vivant par un auteur! C'est un geste de partage absolument magnifique, puisqu'il est désormais possible d'écouter tout Neil Young, tout!, y-compris les trucs les plus rares et inédits (période Squires, Live et autres enregistrements) et également d'acheter tout ce "matériel"...
Notons que la maniaquerie quasi maladive de l'auteur est indispensable à ce type d'entreprise et se met donc au service de l'auditeur et de l'écriture de sa propre histoire; Cela continue l'autobiographie géniale de ce type. Il faut admettre une dose de mégalomanie assumée ou, plutôt, une lucidité et une conscience de sa propre importance dans l'histoire de la musique pop pour faire ceci! C'est ici et c'est un élément de plus à la légende. Sur Neil Young lire aussi ceci.
mercredi 29 novembre 2017
En quête.
A l'heure de l'énième écoute de Travaux..., me viennent ces quelques lignes inspirées des souvenirs d'un concert de la tournée "Babel".
Au sortir de ce concert parisien de novembre, au New Morning, la question semblait évidente : qu’est-ce qui pousse Murat ? La réponse aussi : ça ! Ce que nous venions de vivre, voir, entendre, sentir : un beau concert unique.
Ce soir-là, dans cette salle dont le mythe n’est plus à redire – mais le choix d’une telle salle n’est pas innocent – ce soir-là donc, hormis quelques méchancetés finalement convenues, sur les statues de commandeurs (Souchon-Voulzy pris comme un seul être, Aznavour, Faithfull, Jagger ou Trenet) Jean Louis Murat, avait donné ce qui le tient : une musique forte, une présence vraie, voire incandescente. La voix poussée dans ses retranchements, le groupe, d’abord derrière, poussé devant, puis en fusion avec le chanteur, les improvisations : un concert pour amateur de sensations. Me revenait alors l’incroyable performance de l’année d’avant en duo guitare-batterie : c’est une évidence : pour JLM le concert est un instant à vivre et non une machine à cash, une routine de baloche. Mais alors pourquoi cette posture à s’en plaindre et à souhaiter la fin du parcours dans ce « métier de merde » ? Qu’est-ce qui pousse Murat ? Nous souhaitions comprendre et pour cela replonger dans les chansons. Ne pas s’arrêter aux interviews « peep-show » comme il les avait nommées lors du set, mais revenir à l’œuvre car ce n’est pas trop dire que de parler à l’égard de la somme muratienne, d’une œuvre. Oublier le rigolo de mauvaise humeur, le solitaire auvergnat qui monte à Paris pour y faire un show attendu sur des plateaux TV où les animateurs ne manqueront pas de susciter le scandale de tel ou tel propos, de telle ou telle humeur. Car ainsi marche la machine ; Non, ce qui nous tient c’est la question : qu’est-ce qui pousse Murat vers cette exigence scénique, vers cette prolifique discographie, vers ces chansons-fleuves où l’on se noie, ces forêts de sons où l’on se perd, parfois, avec délices, ou plus perversement avec effroi... ? Il nous fallait dans ces chansons, dans cette jungle de mots, trouver qui était le troubadour, de quel bois il était fait...
Troubadour : C’est le titre d’un album de feu JJ Cale, avec qui Murat possède plus d’une ressemblance. Même solitude affichée, même mépris pour le jeu du spectacle, même amour de la guitare. Mais l’image n’épuise pas le bonhomme… Le nouvel album Travaux sur la N89 est l’occasion de revenir sur cette quête tant, à l’évidence, il est lui-même au cœur d’un questionnement sur l’art d’écrire (« de la chose infernale comment faire une chanson ? »). Si "Travaux..." nous perd souvent et nous déroute c'est que, comme pour un Neil Young, par exemple, le chemin de Murat n'est pas rectiligne. Et sa sinuosité est passionnante...
A suivre…
Murat, attention aux travaux!
Donc, le nouveau Murat, attendu comme un événement parce que tout de même les derniers étaient de grandes réussites. (On met au défi quiconque d’aligner en si peu de temps des albums de la qualité de la série : Le cours ordinaire des choses – Grand lièvre – Toboggan – Babel – Morituri… )
L’ambiance un peu délétère dans laquelle était plongée l’annonce de l’absence de tournée après Morituri amplifie le désir des retrouvailles. Le teaser et les premiers bruits sont excitants : On ne sera pas en terrain connu et Murat est en chantier ! C’est fait, objet acheté… Qu’en est-il des travaux ?
OVNI de prime abord. Rien d’entendu nulle part… Et pourtant rapidement apparaît l’évidence… On est bien en terre muratienne. Quelques lignes mélodiques imparables disséminées tout au long de l’album entretiennent l’attention et l’espoir d’une chanson au format traditionnel, qui ne viendra pas… : l’intro de « Dis-le le », celle de « Garçon », « Alamo » sont somptueuses et annoncent des tubes potentiels…. Avec « Le chat », « Quel est le problème Moïse ? », « Travaux sur la N 89 » des sons de tous genres nous rappellent que Murat s’est plus souvent que beaucoup d’autres fréquemment remis en question par la recherche de nouveaux territoires. Et que la chanson peut mêler les formes : en l’occurrence pop, blues électro, chansonnette… « Cordes » est un exemple de voyage à l’intérieur des chansons de leurs multiples ambiances. Idem pour « Dis-le le » absolument envoûtante. Il y a donc de superbes moments en effet, d’agaçantes et frustrantes ruptures qui conduisent à revenir à ces passages. Métaphore du zapping perpétuel de nos sociétés ? Finalement c’est une forme de boucle qui se construit : et si écouter l’album en mode repeat était la solution ?
Dans les paroles certains mots nous rappellent bien l’univers habituel de JLM : « Coltrane », « Travaux sur la N89 » ( et son superbe piano d’intro, si brève l’intro…) ou encore « La vie me va ».
Qui connaît Murat en concert ne sera pas surpris de voir le chamboulement car enfin, il a toujours cassé les codes et envoyé valser la bienséance de concerts formatés se ressemblant au risque de l’effroi du spectateur-auditeur venu entendre les tubes radios : Muragostang en est le meilleur exemple, mais pas l’unique. La tournée en duo guitare batterie, superbe réussite, témoigne, elle aussi, d’une capacité hors norme à tout bouleverser.
Paradoxalement, cet album si peu évident à écouter nous invite à la réécoute et agit par strate. Des lignes de basses, des nappes, des moments aériens, d’autres bien plus terriens, nous ramènent à l’évidence du talent mélodique de l’auteur. Et nous invite à dire « Encore ! »
PS : Nouvelle écoute : A l’évidence il y a de vraies chansons majeures : « Dis-le le » (je sais, j’insiste), « Coltrane », « Garçon », "Chanson de Sade" s’inscrivent dans la lignée des grandes chansons de JLM sans aucun problème !
Si cela vous intéresse j'avais déjà écrit ceci sur JLM : https://lamouetterouge.blogspot.fr/2011/09/homme-seul-perdu-de-vue.html et aussi ceci : https://lamouetterouge.blogspot.fr/2017/11/en-quete.html
samedi 30 septembre 2017
APPEL : Clamart s’honorerait de célébrer la mémoire de Paulette Nardal et de son « salon littéraire »au 7 rue Hébert
Octobre 1920, Paulette Nardal, une institutrice martiniquaise de 24 ans petite fille d’un esclave affranchi débarque à Paris de la Martinique pour faire des études d’anglais. Elle est la première femme noire inscrite à la Sorbonne. Pour des questions financières et de proximité, elle s’installe ensuite, près de la gare de Clamart au 7 rue Hébert. Elle s’investit facilement dans la vie intellectuelle et culturelle mais aussi dans la déferlante de la musique des noirs américains. Rapidement, le dimanche après-midi elle réunit chez elle, d’autres étudiants antillais autour d‘un piano d’une chorale improvisée de blues et spirituals, et de discussions sur l’actualité, les problèmes coloniaux, le sort des gens de couleurs.
Puis vers 1928, avec son insertion dans le métier de journaliste bilingue, le groupe va être rejoint par des intellectuels noirs anglophones et de toute la francophonie, présents alors à Paris. En 1931, elle fonde « La Revue du Monde Noir » où écrivent la plupart des participants du salon. C’est la première revue noire qui défend la spécificité de l’apport des cultures noires à l’Humanité, différentes mais égales. Elle apporte ainsi un cinglant démenti à l’idéologie qui justifiait la colonisation ou l’esclavage par l’arriération du « nègre ». Revue éphémère de 6 N°, elle donne cependant l’impulsion aux suivantes, celles de Senghor et de Césaire. P. Nardal est considérée aujourd’hui comme une initiatrice du mouvement de la négritude
A Clamart, son passage et l’existence de son salon semblent être passés inaperçus. Le grand public Clamartois n’a découvert le nom et le visage de Paulette Nardal que lors de l’exposition « Clamart en personne » en septembre 2016. En Martinique, où elle est revenue vivre définitivement en 40, son action se tourna vers l’amélioration de la condition des martiniquaises. Elle crée, en 1945, le Rassemblement Féminin, pour inciter les femmes à prendre leur avenir en main, à se servir du droit de vote. Plus tard, elle lance une nouvelle revue « La femme dans la cité ». Elle se bat pour la construction de crèches en Martinique, cherche des moyens d’aider financièrement les filles-mères. Dans le même temps elle continue la défense de la culture populaire noire. Elle fonde une chorale « la joie de chanter », toujours active
A ce jour, dans les Antilles comme en Métropole, la volonté d’un groupe de Clamartois d’honorer sa mémoire commence à se répandre. Un hebdomadaire martiniquais, Le Progressiste a publié un texte qui avait circulé, en mai, dans notre ville1. La nièce de Paulette Nardal, la cantatrice Christiane Eda Pierre et d’autres personnalités seraient prêtes à soutenir publiquement une action clamartoise en faveur de la pause d’une plaque au 7rue Hébert en mémoire de Paulette Nardal et de son Salon2.
C.O.
mercredi 17 mai 2017
Renouveau??????
Bon ben y a même pas eu de suspense. Pour tous ceux qui pensaient qu'on allait faire de la vieille confiture dans des vieux pots avec des vieilles recettes c'est gagné. Les pots les plus récents sont des fans de la vieille école.
Bayrou..., des sarkosystes... Le Drian, Collomb....; Tous les ministères clés sont confiés à la droite et aux vieux pontes. L'écologie reléguée à la figure médiatique de Hulot... Misère! Le service public confié à la droite n'a qu'à bien se tenir. On le savait , on le disait , il l'a confirmé : Macron homme de droite nous prépare des belles manifs!
samedi 6 mai 2017
Haine qui aveugle
Je viens de lire le texte de Ruffin à Macron. Des hauts cris s'élèvent pour condamner ce texte ou au contraire l'encenser. Je me permets de trouver ce texte lamentable sur la forme et juste sur le fond, quoiqu'à une limite près, qui est celle-ci : la haine aveugle et est contreproductive.
Mal écrit, le texte suinte le "trop vite écrit". Volontairement reproduit le schéma "vous êtes haï" ne fonctionne guère qu'à contre emploi en définitive, et apparaît comme l'expression déplacée d'un vaincu, plus que comme le cri d'une révolte. Le procédé , à mon avis, se retourne contre son auteur. Dommage.
Sur le fond, beaucoup de choses avancées par Ruffin sont tout à fait justes et doivent être entendues. C'est ici que ma réticence prend corps. La haine aveugle. Elle aveugle ceux qui haïssent, prompts à tout rejeter et à se réfugier dans les bras plus doux des rêves simplificateurs (Le Pen par exemple); elle aveugle ceux qui la relaient, tout entièrement à la défense d'une cause juste, créant des ennemis là où il n'y a qu'adversaires, voire concurrents; par conséquent, créant des ennemis réels ou imaginaires, elle empêche tout dialogue et aveugle ceux qui en sont l'objet. Comment éclairer Macron en lui criant toute la haine dont il fait l'objet, de la sorte, en une sorte d'enfarinage verbal? La haine aveugle ceux qui en sont l'objet et interdit toute forme de prise en compte des problèmes, qui ne sont plus une réalité "objective" mais qui sont réduits à n'être que slogans et verbalisation outrancière... LA haine réduit donc la cause qu'elle prétend défendre à la forme de son expression... Comme la cause des syndicalistes d'Air France ne fut jamais entendue dans l'affaire des cadres en chemises... La haine annihile toute tentative de raisonnement. Macron est-il prêt à prendre en compte la misère exprimée? On ne le saura sans doute jamais car on ne lui aura même pas permis d'être élu pour nous le dire. Certains ont d'avance la réponse. Oui, la réponse est effectivement dans un programme dangereux. Sans nul doute. A-t-il saisi les inquiétudes et la détresse de certains? Ce genre de textes montre qu'on a répondu "non" par avance. Ruffin déploie la même analyse que Mélenchon aujourd'hui sur son blog, et elle est sans doute juste. Mais la haine comme programme de campagne, des Législatives, disons que cela est plus infantilisant que réellement constructif...Je crois que ce qui est dit par Ruffin, doit l'être en arguments et non en de tels slogans de haine. "Je vous hais" c'est le niveau zéro de la politique qui ne fonctionne pas mieux que le "aimez-vous" de Royal ou de Macron.... Il m'apparaît clairement que le discours argumenté n'est pas de mode aujourd'hui : "la mondialisation heureuse" vs "la France aux Français" : on voudrait réduire la politique à ce duel là... Or il y a de la mondialisation malheureuse, que certains se refusent à voir, aveuglés par leur indifférence et/ou leurs dividendes. Or il y a une mondialisation qui intègre et épanouit et que d'autres se refusent à prendre en compte car elle gêne leur confort, "le bruit et l'odeur" rappelle-toi... La simplification est aussi un mépris des citoyens. Il faut rendre à ceux-ci justice de leur capacité à comprendre le monde dans sa complexité. La révolution que porte le programme l'avenir en commun n'est pas une révolution haineuse : elle est écologique parce que c'est une urgence absolue! Elle est sociale parce que le système actuel est tout à la fois injuste, créateur d'inégalités fondamentales inadmissibles et inefficace à long terme (voir l'exemple agricole). Elle est politique parce qu'elle vise à changer les pratiques et modes de gouvernance. Ne la réduisons donc pas à un cri de haine.
lundi 1 mai 2017
Le vide
Mails, pubs, spams et textos sans réponses. Le grand vide de notre époque, de nos technologies.
Se croire ensemble parce que connectés. Tourner en rond sur des réseaux dits sociaux, empilement de cercles fermés : à plusieurs mais fermés.
Ultra moderne solitude (Souchon).
vendredi 28 avril 2017
Jeanne d'Arc
Parce qu'on va encore nous bourrer le mou avec Jeanne d'Arc. Parce que les deux candidats pas éliminés s'en sont réclamés, une petite mise à jour historique s'impose.
Jeanne s'appelle Jeanne comme une fille sur 3 de l'époque.
Si elle s'appelle d'Arc, c'est parce que son père vient de la région d'Arc en Barrois. Le nom de famille depuis le XIIe siècle sert à reconnaître les individus dans la foule des prénoms semblables. Mais on dit "Jeanne" ou "Jeannette" pour parler de Jeanne d'Arc.
Elle n'est pas bergère. Son père, un gros laboureur, catégorie supérieure de la paysannerie ne ferait pas garder le troupeau par sa fille, loin du regard commun. La bergère c'est péjoratif : elle peut rencontrer le loup. Jacques est soucieux de la virginité de sa fille. La bergère c'est aussi une manière de sanctifier. Ce qualificatif est donc pratique dans la polémique qui accompagne l'aventure stupéfiante de Jeanne.
Jeanne c'est l'histoire d'un pays démuni et sans solution, qui dans un moment de crise extrême, s'en remet aux solutions extrêmes : le renversement des codes sociaux, les solutions "magiques", les prophétesses et leurs prophéties, les marginaux de la société.
Jeanne est marginale : elle vient des marges du royaume, dans la vallée de Vaucouleur, terre royale au cœur des possessions bourguignonnes et des terres d'Empire. C'est une fille de la frontière. Ce n'est pas un hasard. Cela va renforcer l'idée d'un royaume à délivrer : c'est une revendication d'appartenance.
Jeanne est l'accomplissement d'une prophétie, celle de Marie Robine annoncée en 1399 : "Une pucelle viendrait délivrer la France de ses ennemis" (sans préciser de quels ennemis il s'agissait alors) "Ex nemore canuto" : de la forêt chenue (thème cher à Merlin)sortirait cette Pucelle. Jeanne existait donc avant Jeanne. C'est un pays préparé au magique qui accueille l'aventure de Jeanne. Jeanne est fille d'une tradition orale et elle-même tient sa culture de ce qu'elle entend.
Le rôle de Jeanne, redonner confiance et sacralité au roi de Bourges, est simple à comprendre. En montrant que doit et peut s'accomplir un destin, elle soulève les leviers qui permettent l'expédition de Reims. Le sacre est le début symbolique de la vraie royauté de Charles VII et le premier acte d'une reconquête. De "dauphin" devenir "roi". Le sacre n'est pas de l'ordre du droit mais de l'ordre du symbole. C'est à cela que sert Jeanne. C'est pourquoi elle est "abandonnée" une fois les défaites militaires accumulées et une fois capturée. Pourquoi donner rançon à celle qui n'est rien, et pire qui est accusée d'hérésie? Dès lors que Charles VII est en reconquête, l'ordre normal des choses peut se rétablir. Et d'abord l'ordre religieux. Jeanne est condamnée comme hérétique. Et l'ordre politique : et les succès s'accumulent...
Jeanne est un mythe dès son vivant ce qui est intéressant et la preuve de l'anormalité de la situation. En tant que mythe et en tant que "sauveuse" Jeanne ne peut mourir. Très vite, des fausses Jeanne d'Arc circulent! En effet le sauveur ne peut mourir. Il doit forcément revenir! La postérité de Jeanne est à comprendre dans ce contexte historique et dans ceux des périodes où on l'a récupéré. Il est de l'ordre des choses que les nationalistes aient voulu récupérer ce mythe national. N'est-elle pas -peut-être- la première héroïne nationale de la nation "France"? Il n'est pas innocent que cette récupération prenne de l'ampleur et fasse écho dans un moment où la crise de la nation et la crise tout court touche notre pays. C'est plus un signe de faiblesse et d'absence de solution, si l'on veut revenir à l'histoire... Jeanne, formule magique de l'identité nationale? Ben merde alors! Il faut comprendre que la mythographie de Jeanne l'emporte largement sur l'Histoire de Jeanne... Par pitié qu'on nous laisse tranquille avec Jeanne! N'a-t-elle pas droit elle aussi au repos de son âme? Pour ceux qui veulent en savoir plus, les livres à lire sont ceux de Colette Beaune.
mardi 25 avril 2017
stop!
J'ai dit que je voterai au second tour de l'élection présidentielle , ce qui veut dire que je voterai Macron. J'ai dit à quel point ce vote n'avait comme signification que de faire barrage à Le Pen. J'ai également dit que je n'essaierai pas de convaincre quiconque de m'imiter. Et je dis maintenant que les directives culpabilisatrices, les anathèmes et les cris de vertueux réclamant qu'on vote Macron -sinon quoi!?- sont du même ordre que le racolage de Jean Marie Le Pen brossant Méluche dans le sens du poil....Vous verrez - je crois - comment JLM va répondre à cet enc' de Le Pen! Peu importe d'ailleurs... Plus on culpabilise un électorat (notion à relativiser d'ailleurs), plus il se fige dans sa posture et c'est bien compréhensible! Au lieu d'intimer l'ordre de faire ceci ou cela, les bonnes âmes devraient réfléchir : Mélenchon a toujours combattu Le Pen et ceux qui feignent de croire l'inverse ont vraiment la mémoire sélective! Son projet de société est radicalement différent et c'est stupéfiant de constater qu'il a fallu la nièce pour rappeler cette évidence! Chaque électeur se fera son avis et tenter d'influer sur le choix n'est pas nécessairement une bonne idée. Enfin Macron lui-même a donné depuis belle lurette le bâton pour se faire battre....So what? Mon opinion, qui n'engage que moi mais que je partage, c'est qu'on bat d'abord Le Pen puis qu'on vote Insoumis aux législatives. Simple et efficace!
drôle de victoire
C'est ce qu'on appelle une victoire à la Pyrrhus. Macron arrive en tête au premier tour avec env 24% ;: c'est un score honorable mais pas terrible pour un positionnement politique tel que le sien. Considérons néanmoins qu'au vu de sa "jeunesse", de la nature de son mouvement, et de l'adversité, c'est honorable. Bon. Que fait-il avant même le décompte final? Une sorte de Fouquet's bis dès le premier tour avec happy few et people!!!! Quel bêtise crasse qui en dit long sur l'inconscience politique de cette caste dirigeante qui prétend avoir tiré les leçons du bling bling sarkozyste, de la normalité hollandaise et de l'exigence citoyenne qui s'exprime. On voit bien le niveau... Brigitte sur l'estrade! Et bientôt quoi? Le strip tease du candidat pour aguicher la ménagère? Mais enfin que ne comprennent-ils pas que ces comportements exaspèrent de plus en plus de monde, sont ridicules et déplacés?! Ou alors il s'en tape! Macron n'a pas encore gagné. Le Pen joue sur du velours, avec un argumentaire facile à mettre en place, un tapis rouge renforcé par des abstentionnistes nombreux à prévoir dans les rangs de la droite, des camarades que je n'essaie pas de convaincre et qui sont nombreux, une finance qui fait déjà des bonds de joie (cf la Bourse) et un candidat qui fête déjà la victoire au lieu d'y bosser. Il y a fort à parier que le retour de boomerang sera sévère. Je vais voter néanmoins, mais de plus en plus guidé par cette seule peur : que l'inadmissible n'advienne.
lundi 24 avril 2017
Second tour
Dans 15 jours, et malgré mon aversion pour l'homme, le positionnement politique, le programme et l'idéologie qui sous-tend tout cela je voterai Macron, comme en 2002 j'ai voté Chirac...C'est dire avec quel manque d'entrain et sans aucunement faire allégeance à ses choix. C'est pourquoi j'exprime ici mes raisons et ma défiance tout à la fois.
Commençons par les raisons.
Parce que Macron, le libéralisme et tutti quanti, malgré tout, ce n'est pas Le Pen. Ça peut y conduire (ou pas) mais c'est différent.
Parce que les mots comptent et que, malgré tout, il y en a une qui est raciste, homophobe, anti féministe, ne reconnaît pas les crimes de Vichy comme de responsabilité française et qu'on ne peut se résoudre à laisser cette famille de pensée revenir au pouvoir.
Parce que j'ai des gosses et que je ne veux pas leur faire le coup du vote révolutionnaire (qui n'a jamais fonctionné) et encore moins la mauvaise blague du blasé qui dit blanc-bonnet et bonnet blanc quand des expulsions sont annoncées...
Parce que je mesure la responsabilité historique résultant d'un refus d'engagement auquel mène le "ni-ni", même si j'en comprends fort bien les ressorts, voire les avantages. Je ne me résouds pas à parier sur l'improbable modération politique qu'amènerait une victoire à faible légitimité de Macron (en l'absence de reconnaissance du vote blanc) et encore moins à jouer au calcul froid d'une Le Pen présidente ne pouvant gouverner faute de majorité. Je ne voterai donc Macron qu'avec de mauvaises raisons de fond mais que j'estime suffisamment importantes.
Il est alors temps d'expliciter mes défiances vis à vis de Macron.
Je ne crois pas à la personne dont le parcours de réussite est aussi un parcours de trahison. Je ne crois pas à son positionnement politique "ni-ni" et qui me semble être une posture sachant qu'en réalité le fond de sa politique c'est la droite libérale classique. Je ne crois pas à l'efficacité de sa politique ni sur le plan social (il s'en tape), ni sur le plan écologique( il n'y pense pas...) et dont l'exemple anglais tend à me montrer que l'efficacité économique est discutable! Pire encore, comme beaucoup de mes camarades, je crois en la dangerosité de ce programme qui en fragilisant - le mot est faible- plus encore les services publics et la protection sociale, va renforcer le populisme d'extrême droite. C'est donc un vote plus que par défaut qui m'est proposé.... La gradation des dangers le guide et c'est bien tout... Je l'expose non pour convaincre quiconque, mais pour m'en expliquer une bonne fois pour toute. La leçon de 2002 nous montre bien que le score n'a aucune importance : il faut juste la battre. Et je serai heureux d'y participer. Je voterai tôt le matin pour ne plus y penser. Et j'irai boire beaucoup de vin car le lendemain on pourra cuver.
Bref je vote le danger Macron contre l'horreur FN et il n'y a hélas qu'un seul bulletin à ce choix...
vendredi 21 avril 2017
demain, hier...
Le Fig' Mag' tient la couv' du siècle : Fillon et D'Ormesson main dans la main pour dire : "la France que nous voulons..." Mon dieu!
Dois-je vraiment insister sur le problème? Ce serait une nouvelle fable : "le voleur et l'ancêtre" à moins que ce ne soit "le voleur et le coureur"? Ridicule. La France de d'Ormesson? On s'en fout. C'est hier. La France de Fillon on n'en veut pas.
mardi 18 avril 2017
Ligne droite
La ligne droite c'est le dernier effort, au sprint, du demi-fond, ces derniers mètres interminables qui précèdent l'arrivée. C'est aussi pour nous cette semaine qui précède le premier tour de l'élection présidentielle, avec le risque majeur qui nous attend : la ligne très à droite d'un second tour Macron-Le Pen voire pire encore Fillon-Le Pen. C'est le moment où si l'on veut voir certaines idées de gauche exister, il faut choisir entre un vote inutile et certes honorable pour un candidat qui n'a jamais su exister depuis sa victoire à la Primaire de la gauche, et un vote qui peut se faire entendre et faire entendre une autre musique.
Crier "Le Pen facho" ne sert à rien on le sait depuis longtemps, mais ça défoule et ça soulage, en plus que ça a le mérite de rappeler malgré tout certaines vérités. Ceux qui pensent que Macron peut être un rempart à Le Pen, certes oui c'est le cas, tout autant que Mélenchon. Mais l'inconvénient du vote Macron c'est que c'est le plus sûr moyen de continuer à alimenter un vote Le Pen sur la durée, vote qui se nourrit d'un centrisme de gouvernement qui depuis 30 ans n'a pas fait ses preuves sinon d'inaction. Le vote Le Pen se nourrit de ce centrisme plus ou moins droitier, plus ou moins de gauche selon les circonstances, et qui clive la société bien plus qu'on ne le dit entre une classe du pouvoir et ses soutiens urbains et une frange protestataire de plus en plus forte. Si la crise nourrit l'extrémisme, il faut rappeler que les choix soi-disant unanimistes et qui semblent "raisonnables", le font tout autant. En clair le refus de choisir, ou le choix du système en crise, ne peut que nous condamner à une hausse de la droite extrême.
Rappelons que Macron et Fillon nous promettent une sacrée purge du service public, une réforme drastique du droit au chômage et des dépenses réduites, une croissance à base d'uberéconomie... (tiens au fait les sous-emplois soi-disant créés par Uber compensent-ils les pertes astronomiques de ce soi-disant modèle économique (3 milliards de $ de pertes cette année...)? Ah elle a bon dos la dette pour imposer un libéralisme sans frein! Mais de quoi le Lepénisme est-il gavé sinon de ces services publics sacrifiés, de ce chômage de masse, de cette inculture généralisée de la société de consommation?
Il faut, et c'est la vertu du programme de Mélenchon, imposer un autre langage pour orienter vers une nouvelle conception de la société.
Afin de dédramatiser l'élection, rappelons néanmoins que de nombreuses chances existent pour, que hormis Fillon, aucun vainqueur potentiel ne dispose d'une réelle majorité à l'Assemblée en juin prochain. Autrement dit, les 3e et 4 e tour que constitueront les Législatives sont bien plus importants... Vive le bordel! Et bonne réflexion!
jeudi 6 avril 2017
Changer de paradigme
L'élection Présidentielle est tous les 5 ans le moment où d'aucuns nous promettent monts et merveilles, d'autres efforts sueurs sangs et larmes, d'autres encore nous amusent etc.
C'est le moment rituel des grands débats politiques où changer le monde devient une priorité pour 2 mois...
Si je m'y intéresse ce n'est pas avec la naïveté de croire qu'un quinquennat et encore moins un homme élu, peuvent changer le sort d'un pays. Mais c'est parce que cela permet d'éclairer néanmoins quelques enjeux.
Aujourd'hui comme en 2012, comme en 2007 comme en 2002, j'observe l'urgence d'un changement de paradigme, d'un changement d'échelle du regard et je rêve d'un candidat qui affirmerait et sa grandeur et son impuissance. Grandeur de vue, qui serait d'orienter le pays vers de nouveaux horizons, non pas à 5 ans mais de long terme, capable d'amorcer une transition énergétique, agricole, industrielle et commerciale vers un monde plus juste et plus équilibré. Renvoyer l'économie à ses impacts sociaux et environnementaux et faire de l'humain une priorité et non une variable d'ajustement pour les profits et l'équilibre budgétaire. Impuissance de l'homme seul, et même parfois d'une génération, nous le mesurons tous les jours. C'est ensemble et en adoptant collectivement un chemin et un raisonnement de long terme que cette orientation peut se faire. Impuissance du politique isolé, et qui doit composer et agir avec les entreprises, les acteurs sociaux divers.
Il faut de mon point de vue, modeste et sans importance, mais qui reprend celui de femmes et d'hommes bien plus compétents que moi, de toute urgence se diriger vers une nouvelle économie écologique : retrouver une agriculture non destructrice des sols et de santé publique, agir pour une économie solidaire et qui réactivent des circuits directs ou courts, permettre aux régions reculées de disposer des services publics nécessaires, maintenir un système de santé performant et disponible à tous : c'est certes coûteux mais c'est un choix qui honore ce pays et est moins coûteux qu'un système privatisé où les assurances rentabilisent les cotisations par des placements dont on voit bien l'effet destructeur sur l'économie réelle (ah l'exigence de rentabilité des fonds de pension US et Chinois...). C'est certes coûteux mais moins que la fraude fiscale.
A ceux qui jugent ces mots utopiques et qui ne parlent que de dettes et de financement, je rappelle que la dette publique n'est pas un chiffre qui se pose là en un instant T. Les mêmes qui font de la dette publique un alpha et un omega de la politique, sont des personnes privées elles-mêmes souvent endettées à 25 ou 30 ans sans que cela ne les gêne... Il en va de la dette publique comme de votre endettement : il est étal dans le temps et il construit un patrimoine. Vous ne jugeriez pas en faillite l'homme qui a emprunté 300 000 euros sur 25 ans pour acheter sa maison ...
Bref il est temps d'orienter le pays vers une transition écologique et démocratique globale. Cette transition prendra du temps et il est illusoire, je me répète, de croire que 5 années et une élection feront l'affaire : néanmoins il faut un début à tout. Deux candidats peuvent incarner cette transition. Hamon et Mélenchon. Ne croyant pas à l'union, ils ont fait le choix d'aller à l'élection de leur côté. Il faut choisir. Autant choisir pour celui qui peut l'emporter, peut-être.
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